« Le Dernier enfant » Philippe BESSON.

Ma première rencontre avec Philippe Besson et son roman L’Arrière saison fut assez désastreuse. Le style m’avait fortement rebutée et j’avais mis de côté cet auteur. Alors pourquoi me suis-je lancée dans ce nouveau roman paru en janvier ? Pour son sujet.

Le roman se propose de raconter, l’espace d’une seule journée, le départ de la maison du petit dernier. Théo part s’installer dans un studio à quelques kilomètres de la maison familiale pour entamer ses études supérieures. Du matin de ce départ jusqu’au soir, on suit les pensées, les souvenirs, les angoisses de sa mère, Anne-Marie. Ce départ est un réel déchirement, un drame intime qui entraîne Anne-Marie dans un état dépressif. Toute la journée elle scrute les moindres gestes de son fils : du dernier petit-déjeuner qu’elle lui prépare jusqu’au moment de la séparation qu’elle essaie de retarder coûte que coûte.

On plonge aussi dans le passé du couple, dans l’enfance de Théo, on remonte jusqu’à ce jour du départ pour en comprendre les effets sur Anne-Marie. On comprend alors que cette femme a vécu pour ce fils. Ce dernier enfant venu huit ans après la cadette. Qu’il a comblé une solitude et que son départ va la propulser dans une nouvelle vie monotone où la solitude va l’envahir. Cette journée est une lente descente aux enfers, une tragédie en marche pour Anne-Marie d’autant plus que ni son mari ni son fils ne semblent émus comme elle, qu’elle se sent seule avec cette douleur. Mais dans cette famille où les sentiments ne sont pas exprimés, ou les nons-dits règnent, cette journée sera aussi, pourtant, l’occasion de quelques confessions, certes maladroites.

Le syndrome du nid vide est assez connu, surtout chez les mères et Philippe Besson le traduit très bien dans ce roman. J’ai aimé cette construction du roman s’étalant sur une journée, cette journée décisive du départ. Bien qu’ayant mes deux enfants encore à la maison, l’un d’eux passe le bac cette année et pourrait partir l’an prochain. Il y a donc plusieurs réflexions, sensations dans lesquelles je me suis reconnues. J’ai aussi pensé à ma mère quand je suis partie de la maison et que je l’ai laissée seule. C’est un roman qui bouscule.

Pourtant j’ai quelques petites réticences. Je ne m’appesantirai pas sur le « car effet » déniché au tournant d’une page. Mais plutôt sur une impression d’anachronisme. Quand j’ai lu qu’Anne-Marie avait 50 ans, je me suis demandé, puisque cela ne nous est pas dit explicitement, à quelle époque se déroulait l’intrigue. Je me suis dit que sans doute Philippe Besson s’inspirait de sa vie et donc de sa mère, et par conséquent que l’intrigue ne se situait pas à notre époque. J’avais du mal à reconnaître qu’Anne-Marie et moi avions le même âge. Certes nous n’appartenons pas au même milieu social, et le sien est tout aussi respectable que le mien, mais je n’ai pu me départir de cette sensation d’anachronisme.

Malgré tout, j’avoue que je me suis un peu réconciliée avec Philippe Besson grâce à ce roman.

Merci aux éditions Julliard.

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2 Commentaires

  1. J’ai adoré son Vivre vite sur James Dean et Arrête avec tes mensonges inspiré d’un de ses amours de jeunesse, une justesse dans le ton, une pudeur et des sentiments à vif, magnifique…

    Réponse
    • « Vivre vite avec James Dean » m’avait donné envie à sa sortie, j’étais une fan du James Dean dans mon adolescence ! J’essaierai peut-être.

      Réponse

à vous....

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