« Fauves » Eric MERCIER.

Le roman commence en 1989 : une femme se fait agresser sauvagement par deux chiens sous les regards d’une petite fille. Ces deux fauves s’acharnent sur la victime.

De nos jours, le commandant Vicaux est appelé à la ferme éducative de Vincennes sur une scène de crime des plus horrifiques. Un corps a été jeté dans l’enclos des cochons qui l’ont dévoré, ne laissant que quelques lambeaux. Qui est cet homme qui a fini d’une si horrible façon ? La recherche de son identité prend du temps, mais finit par être révélée : il s’agit d’un collectionneur d’art parisien qui a fait fortune grâce à la vente de tableaux fauves, notamment des Matisse ou Dufy. Vicaux tente de remonter les filières de vente, soupçonne une activité de faussaires même si tout tend à prouver que ces toiles sont bien authentiques. Au fil de son enquête, le commandant va de surprise en surprise, d’interrogations en interrogations. Parallèlement on suit sa vie amoureuse ou plutôt une histoire qui commence mais qui a déjà capoté avec Anne, spécialiste en histoire de l’art, qui s’inquiète d’ailleurs de la disparition d’un de ses étudiants.

Le titre alors prend un double sens bien marqué par la couverture : il est question de peintres fauves, mais aussi de fauves (les chiens, les cochons) et le meurtrier qui a agi en sauvage.

J’ai été séduite par le thème de ce roman policier : une enquête dans le milieu de l’art avait tout me plaire et d’ailleurs j’ai apprécié plusieurs passages sur l’identification des tableaux, sur l’histoire de galeristes pendant la Seconde guerre mondiale, sur la spoliation des œuvres d’art juives par les Allemands pendant l’Occupation. Tout cet univers m’a vraiment plu et intéressée et on voit bien que l’auteur s’y connait puisqu’il est effectivement docteur en histoire de l’art (par contre on peut s’étonner que le commandant Vicaux en sache autant sur le sujet…).

La trame de l’intrigue est intéressante, parfois un peu trop dense. L’auteur accumule des faits comme par exemple la disparition de l’étudiant, mais au final n’en fait rien. Et ce pauvre étudiant est viré de l’histoire en un paragraphe. Car le problème de ce roman est l’écriture. Peut-être que ma précédente lecture (le tome 4 d’un roman d’Elizabeth George que j’ai particulièrement aimé et dont je vous parlerai très bientôt) a-t-elle joué dans ce jugement. Je venais de finir ce polar magistralement orchestré, avec du suspens, des révélations inattendues, un roman de plus 500 pages dévoré en trois jours. Dans celui-ci toute la première partie est une succession d’entretiens avec différents personnages pouvant faite avancer l’enquête, tous sont décrits à travers leurs vêtements (quand va-t-on arrêter de faire le portrait d’un personnage à travers son jean et sa chemise blanche ?), mais surtout l’auteur ne parvient pas à ménager le suspens. Les révélations tombent d’un coup, et surtout de façon plate, on n’a même pas le temps de faire des suppositions, certaines m’ont paru même invraisemblables : par chance tous ceux qui gravitent autour de Vicaux (ses collègues, son amie, les proches de ses collègues) sont en lien avec l’art ou avec des secteurs qui lui permettent de faire avancer son enquête, ou alors il reçoit un coup de fil et hop on lui donne de nouvelles informations.

Concernant les personnages, l’auteur essaie de créer une certaine empathie envers son héros, mais, même si on connaît un peu son histoire et ses déboires avec Anne, on ne comprend pas bien ce qui s’est passé entre eux. Tout est un peu survolé et l’empathie ne se fait pas. En fait, les choses sont dites mais pas montrées. C’est une auteur qui m’avait parlé de cela et je trouve que le défaut de l’écriture d’Eric Mercier est précisément là : par exemple, il dit l’amour de Vicaux pour Anne, mais ne nous le montre pas, donc on ne s’y attache pas.

Vous aurez compris que cette lecture fut un peu décevante, même si j’ai aimé tout l’univers lié à la peinture et à l’art en général, ou si j’ai trouvé que la trame de l’intrigue était intéressante, l’écriture a été un vrai frein.

Roman lu dans le cadre du  Challenge Lecture 2021 pour valider la catégorie 13 (Un livre avec un animal dans le titre). Retrouvez les catégories que j’ai validées pour ce challenge en suivant le lien.

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