« Au paradis des manuscrits refusés » Irvind FINKEL.

Ce roman est dans ma PAL depuis sa sortie puisque je l’avais reçu en service de presse en 2016. Mes livres sont patients, ils attendent le moment propice, celui où mon envie finit un jour par se poser sur eux. Il a donc fallu que je veuille cocher la catégorie 2 (Livre dont l’intrigue se passe dans une bibliothèque / librairie) du challenge lecture 2021 organisé par Mlle Farfalle pour qu’enfin il sorte de son étagère. Il a aussi l’avantage d’être écit par un auteur anglais, ce qui me permet de valider ma première participation au challenge A year in Engand. Que demander de plus ?

Dans le fin fond de la campagne anglaise, Dr Patience administre la Bibliothèque des manuscrits refusés. Les conditions d’acceptation sont claires : le manuscrit doit avoir été refusé par un ou plusieurs éditeurs et être accompagné de ses lettres de refus, sans cela il ne peut être conservé. Le fond de cette étrange bibliothèque est riche et varié : romans, autobiographies, poésies, livres pour enfants, etc. Dr Patience est entouré d’une équipe soudée et convaincue de leur rôle, une équipe toutefois un peu loufoque prête à tout pour préserver leur bibliothèque d’intrus qui viendraient perturber leur travail.

Il n’y a pas à proprement d’intrigue. Il s’agit davantage de retracer la vie de cette bibliothèque, de raconter, à peu près à chaque chapitre, une péripétie et cela sur plusieurs années (le fil chronologique n’est pas tout à fait clair). Chaque péripétie permet également de montrer la solidarité des employés et leurs ruses pour faire partir les intrus et préserver leurs précieux manuscrits : ainsi une consœur un peu trop envahissante et une fausse étudiante vont-elles faire les frais des manigances des bibliothécaires. Mais également des visiteurs cherchant à récupérer un manuscrit pour le faire éditer, sans compter une donation embarrassante, ou des cambrioleurs qui ne comprennent pas bien l’utilité d’une telle bibliothèque. Car tout le problème est là et même Dr Patience parfois a des montées d’angoisse : « quel était l’intérêt de la bibliothèque ? A quoi servaient-ils tous ? » (p.56). Cette question entraîne alors une réflexion plus profonde :

La littérature publiée avait-elle plus de valeur que la littérature impubliée ?

Et c’est bien là le cœur du roman. Si cette phrase surgit dans les cinquante premières pages du roman, ce n’est pas un hasard. Tout le roman consiste à y répondre de façon affirmative.

L’univers de la bibliothèque est parfaitement rendu sans clichés. On assiste aux enregistrements des documents, aux problèmes de place inhérents aux livres mangeurs d’espace. On découvre également les fonds cachés ceux qui reçoivent les manuscrits interdits traitant de sujets houleux. Au fil des pages, la bibliothèque évolue, se modernise, s’étend et commence à devenir célèbre sortant un peu de son anonymat. On vit, l’espace de la lecture, dans cette étrange bibliothèque de manuscrits vertement critiqués par les éditeurs. Ce qui donne lieu à des extraits de lettres de refus collector et tragiquement drôles.

Ce roman a beaucoup de qualités : son sujet, ses personnages un peu décalés, son humour anglais. Mais on regrette quand même une intrigue plus marquée. Les péripéties apparaissent comme de petites saynètes qui se succèdent, et cela donne un roman un peu haché et un peu irrégulier dans les péripéties racontées.

Une lecture un peu en demi-teinte.

Roman lu dans le cadre du  Challenge Lecture 2021 pour valider la catégorie 2 (Un livre dont l’intrigue se passe dans une bibliothèque / librairie). Retrouvez les catégories que j’ai validées pour ce challenge en suivant le lien. Et dans le cadre du challenge A Year in England  (hors thème mensuel).

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3 Commentaires

  1. chatperlipopette

     /  février 6, 2021

    J’avais vraiment adoré cette lecture qui me remettait en selle après ma dépression. Il est vrai qu’il manque un petit quelque chose. Toujours est-il que j’avais vraiment apprécié l’ambiance et le petit grain de folie que représente cette bibliothèque improbable.

    Réponse
  2. Je note! Voilà un point de départ de roman qui me rappelle franchement « Le Mystère Henry Pick » de David Foenkinos… Merci pour ce partage! Je te souhaite un bon dimanche.

    Réponse
  3. Le titre m’avait interpellée aussi… Ton bémol me freine, il y en a tant d’autres à lire… Doux dimanche.

    Réponse

à vous....

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