« Ce qui fait battre nos cœurs » Florence HINCKEL.

Florence Hinckel est une auteure dont les romans amènent souvent à réfléchir sur le progrès et ses dérives. Que ce soit #Bleu ou Théa pour l’éternité, cette réflexion prend toujours son ancrage dans une histoire intime où des adolescents vivent dans un futur proche et dans une société où les nouvelles technologies semblent dans un premier temps proposer une vie meilleure. Dans #Bleu, il s’agissait d’une vie sans douleur, dans Théa ou l’éternité d’une vie éternelle. Dans ce roman, paru en juillet 2019, Florence Hinckel crée une société où tous les membres du corps humain peuvent être remplacés par des organes artificiels créés par la société Organic.

Esteban a une petite sœur, Sofia, dont le cœur artificiel a des ratés. Sa famille n’a pas suffisamment de moyens pour lui faire implanter une nouveau cœur. Elle s’est donc contentée dans cœur Sécu, bas de gamme et ayant déjà servi. A tout moment la petite fille peut mourir. Indigné par cette injustice, Esteban va tenter le tout pour le tout. Il décide d’enlever Lélia, dite « la fille artificielle » parce que, à l’exception de son cerveau, Lélia n’est composée que d’implants créés par Organic. Mais quand Esteban se rend donc à une soirée mondaine pour enlever Lélia, un jeune homme, Noah, est avec elle près d’une voiture. Il décide alors de les enlever tous les deux. Noah est au volant sous la menace du flingue d’Esteban. Mais à un feu, une jeune femme surgit, Maria, et grimpe à son tour dans la voiture. Maria est orpheline et a été élevée par son oncle. Elle a perdu ses parents dans un accident de la route dans lequel elle a elle-même laissé un bras. Ingénieuse et très douée, elle s’est créé une prothèse particulièrement performante qui lui donne plus de force. Cette augmentation des organes est cependant interdite. Les quatre adolescents se lancent alors dans une course poursuite avec la police. Le but est de faire plier Franck Varan, le patron d’Organic, pour que Sofia reçoive un cœur et quand Esteban découvre que Noah n’est autre que le fils de Varan, il a un atout supplémentaire.

Comparativement aux autres romans de Florence Hinckel, celui-ci est nettement plus dans l’action. Toute la première partie narrant la course poursuite est prenante et bien menée. Les quatre adolescents sont poursuivis par des drones et des voitures de police, mais également par d’autres individus : ceux qui soutiennent Esteban et partagent son sentiment d’injustice, mais aussi ceux qui refusent et luttent contre les organes artificiels et leur augmentation. Leur course poursuite est relayée sur les réseaux sociaux et une émission est même créée #Cavale qui diffuse des images.

Les chapitres alternent les points de vue des adolescents, à l’exception de Noah ce qui permet de mieux les connaître et de voir comment chacun envisage les autres. Certains chapitres sont également des retranscriptions d’interviews ou d’émissions de radio et de télé. Le lecteur vit donc cette course poursuite à la fois de l’intérieur et perçoit les répercussions dans la société. Il s’attache aussi à ces adolescents très différents, qui ont tous une fêlure : Esteban et sa soeur ; Leila qui ne supporte plus d’être surprotégée et en même temps exposée par sa mère ; Maria et sa relation avec son oncle ou encore Noah et son père qui semble plus intéressé par son entreprise que par son fils. Ces différences finissent par créer des liens.

Pourtant, et malgré tous ces éléments très intéressants et prenants, la seconde partie du roman m’a un peu perdue et il m’a semblé qu’on perdait un peu vue le sujet premier de l’intrigue. Il y a tout un passage dans un camp (je ne vous en dit pas plus) qui m’a paru bien long et qui, à mon sens, n’apporte pas grand chose. Par contre la fin réserve un retournement de situation, dont je me doutais un peu, mais qui m’a quand même surprise. Le débat qui a lieu entre les divers pro et anti prothèses artificielles dans le roman par le biais d’interviews, de notes explicatives et autres finissent pas rompre ou alourdir un peu la trame romanesque, selon moi.

C’est donc un avis un peu en demi-teinte, que je livre sur ce roman.

Roman lu dans le cadre du Challenge Lecture 2021 qui valide la catégorie 4 (Roman dont le narrateur est un adolescent). Retrouvez les catégories que j’ai validées pour ce challenge en suivant le lien.

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2 Commentaires

  1. j’en choisirai peut-être un autre pour la découvrir !

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à vous....

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