« La Parthénogenèse » Anne-Laure JULIEN.

L’histoire se déroule durant l’été de la canicule, celle de 2003. Sophie, institutrice, est mère célibataire de deux petites filles, Lolita et Ada, de deux pères différents, et ferme son école pour l’été. C’est une femme libre, très sarcastique (et de ce fait très drôle), qui a un penchant pour les hommes mariés (un peu malgré elle) et enfin, qui a une vision du couple, du mariage et des hommes très peu conventionnelle. D’ailleurs le titre du roman résume assez bien la situation : la parthénogenèse consiste à ne se reproduire qu’entre femelles et donc à ne donner naissance qu’à des femelles, c’est une des caractéristiques des phasmes. Sophie donc a fait deux bébés toute seule, comme le chantait Goldman.

Mais vous dire cela ne rend que partiellement compte du roman. La première originalité, qui est une idée géniale je trouve, est de découper son roman autour de 27 personnes de l’entourage, proche ou un peu plus lointain, que son personnage principal, Sophie, va côtoyer durant cet été. Chaque chapitre est un portrait mais aussi une étape de l’intrigue. Il y a les hommes qu’elle fréquente, ses cousins, sa belle-sœur, sa copine Claire, sa mère, la belle-mère de son cousin, etc. Sophie au milieu de tout cela c’est l’électron libre, elle est celle qui va se mêler, qui va mettre les pieds dans le plat parce que c’est plus fort qu’elle. Alors ne nous trompons pas, même si cette petite présentation pourrait vous le laisser penser, on n’est pas dans le feel good cliché, d’ailleurs on n’est pas dans le feel good du tout parce que l’autre point fort de ce roman, c’est Sophie.

Son métier suggère la bienveillance (si chère à l’éducation nationale), l’écoute, la tendresse… or Sophie est bien loin de tout cela. Elle fume comme un pompier, elle conduit une vieille 4L rafistolée, elle ne refuse pas les aventures d’un soir ou d’une après-midi et ne s’embarrasse pas de faux semblants. Bref, elle remue un peu tout son monde mais finalement pour leur bien, parce que  et malgré ce qu’elle peut en dire, elle est gentille.

C’est drôle mais pas seulement. Anne-Laure, à travers son personnage, donne une vision assez désastreuse du couple, et des relations hommes/femmes. Les hommes sont tous « un peu » infidèles, mais attachants quand même ; les femmes sont manipulatrices que ce soit les belles-mères possessives ou les femmes mariées. Mais grâce aux interventions de Sophie, il semble que tout ne soit pas si catastrophique. Elle est celle qui dit ce que l’on ne veut pas entendre, elle fait tomber les masques, déstabilise par ses répartis caustiques.

La plume d’Anne-Laure Julien est directe, incise, mais sait aussi se faire légère et drôle. Commencé hier après-midi et fini ce matin, ce roman est un vrai coup de cœur.

Vous pouvez finir de vous convaincre en allant lire la chronique d’Antigone.

Je vous mets en prime le lien vers la maison d’édition, La p’tite Hélène.

 

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1 commentaire

  1. Oui, c’était vraiment une lecture agréable !

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à vous....

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