« Victor Kessler n’a pas tout dit » de Cathy BONIDAN

J’avais beaucoup apprécié le précédent roman de Cathy Bonidan, Chambre 128, (qui vient de sortir en poche, profitez-en) j’ai donc été ravie de recevoir Victor Kessler n’a pas tout dit. Dans ce roman, l’auteure change de genre et nous emmène dans les montagnes brumeuses des Vosges.

Bertille mène des enquêtes d’opinion dans un supermarché parisien quand un vieil homme s’écroule à ses pieds. Elle sent chez lui la même peur panique de l’autre. Alors que le vieil homme est emporté à l’hôpital, la jeune femme récupère son cabas. Une fois rentrée chez elle, elle y découvre, cachée dans la doublure, une pile de feuilles, un manuscrit. Poussée par la curiosité, elle commence à lire. Il s’agit d’une confession qui relate des faits remontant aux années 70 : la mort d’un jeune garçon retrouvé dans un lac à Saintes-Fosses. Bertille se sent aspirer par ce récit, les mots résonnent en elle. Le vieil homme sort enfin de l’hôpital et se rend chez Bertille pour récupérer son manuscrit. Se noue alors entre eux un lien, de méfiance, mais aussi de reconnaissance. Monsieur André, le vieil homme du supermarché, n’est rien d’autre que le meurtrier qui a purgé sa peine. Pourtant, il semble que ce ne soit pas si simple que cela. Bertille se rend alors à Saintes-Fosses et, en se faisant passer pour une journaliste, tente de reprendre l’enquête.

Le précédent roman était construit autour d’une correspondance entre plusieurs personnes, ici aussi le récit multiplie les narrateurs : le récit est donc pris en charge par un narrateur d’abord omniscient, puis par Victor Kessler (le manuscrit), puis par le journal que tient Bertille à Saintes-Fosses, mais aussi par des lettres, des coupures de journaux, des extraits de journaux intimes. Cette variété des genres est ce qui m’a d’abord beaucoup plu d’autant que l’on distingue très bien, dans le style, chaque personnage-narrateur, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce genre de narration. La forme donc m’a paru très intéressante et permet à l’auteur des introspections qui rendent le roman plus intéressant encore qu’une simple enquête policière. Car s’inscrivent alors deux confessions majeures : celle de Kessler et celle de Bertille qui, tout en rendant compte de ses avancées, finit par se livrer, par raconter sa propre histoire et son propre drame. Ce roman, c’est aussi deux êtres qui se rencontrent, deux êtres dont les apparences trompent et qui cachent leur histoire.

On prend autant de plaisir à lire le récit de Kessler dans les années 70 qu’à suivre l’enquête et les rencontres que Bertille fait dans ce petit village où tout tourne et tournait autour d’un café et d’un salon de coiffure où la sœur de la victime, Céline, exerçait. Céline est d’ailleurs aussi un personnage central : jeune fille toujours souriante, belle à faire chavirer tous les cœurs, mais étrangement distante parfois. Au fil de l’enquête, Bertille retisse les liens anciens et, aidée par un gendarme bourru, fait petit à petit tomber les masques, ceux des habitants mais le sien aussi. La jeune femme se révèle, reprend confiance en elle, fait face à son passé.

Victor Kessler n’a pas tout dit est un roman qui se lit avec intérêt et empathie. Vous pouvez le mettre dans votre valise et si vous ne partez pas en vacances vous découvrirez les Vosges !

 

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5 Commentaires

  1. Je viens de le mettre dans ma liste d’achats 😊
    Merci pour ta chronique qui apporte un éclairage très intéressant et donne envie de le lire.

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  2. Très tentant !

    Réponse
  3. Bon alors, il a été accusé par erreur et elle va le prouver ?

    Réponse
  4. Cathy BONIDAN

     /  juillet 19, 2020

    Un grand merci pour cette chronique ! 😊
    Bien amicalement, Cathy

    Réponse

à vous....

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