« Mrs America » [Série]

Série en 9 épisodes, « Mrs America » retrace la vie de Phyllis Schlafly, activiste anti-féministe aux Etats-Unis de 1968 à l’élection de Reagan. Mère de 6 enfants, mariée à un avocat réputée, Phyllis prend la tête d’un mouvement de femmes au foyer pour contrer celui des féministes mené par Gloria Steinem et Betty Friedan. L’objet de leur affrontement : l’ERA, Egual Rights Amendement, qui doit être ratifié par 38 états pour être inscrit dans la Constitution des Etats-Unis. Cette proposition d’amendement tend à garantir l’égalité entre les sexes. Evidemment politique, cette série montre le combat rude des féministes américaines et nous fait découvrir ce personnage complexe qu’est Phyllis. Basée sur des faits réels, comme en témoignent de nombreuses images d’archives, cette série est une plongée dans les années 70 et dans l’histoire du combat féministe.

Bien sûr j’avais quelques notions sur ce combat américain, mais je ne connaissais pas du tout cette Phyllis, et ce qui est remarquable ici est que l’on voit non seulement deux camps s’affronter, d’un côté les conservatrices catholiques  et républicaines menées par Phyllis et de l’autre les féministes, plutôt dans le camp démocrate, mais on découvre aussi les rivalités, les oppositions au sein même de ces deux mouvements.

Phyllis, magistralement incarnée par Cate Blanchett, est une femme intelligente qui a élevé ces 6 enfants. Femme au foyer accomplie mais cependant aidée par la sœur de son mari et par une domestique noire, elle est toujours extrêmement souriante, cordiale mais également autoritaire, froide voire cinglante, défendant bec et ongle son rôle de leader. Son combat, au départ, apparaît pourtant comme un pis aller, puisque sa spécialité est plutôt la défense, mais cette partie étant essentiellement masculine, elle comprend assez vite qu’elle ne pourra pas y faire sa place.

Le personnage que j’ai préféré est Gloria Steinem, interprétée par Rose Byrne. On est de toute façon porté plus du côté des féministes, le parti prix est évident. Gloria est journaliste et défend notamment fortement le droit à l’avortement. Dans le mouvement féministe, outre la revendication du salaire égal, d’autres causes apparaissent, comme la reconnaissances des droits des lesbiennes, mais aussi le harcèlement sexuel que vivent les secrétaires ou encore les revendications raciales. Toutes ces revendications qui sont encore, aujourd’hui actuelles. D’ailleurs, à la fin du dernier épisodes, on nous montre comment ce combat perdure encore dans l’Amérique de Trump, Trump, qui à la mort de Phyllis avait défini celle-ci comme une héroïne. On voit là les prémices de #metoo et on perçoit le temps qu’il a fallu et le temps qu’il reste encore à parcourir.

L’aspect politique, pour une française qui n’a pas toutes les connaissances du système politique américain, peut un peu nous perdre au début, mais au fil des épisodes on est porté par les personnages, leur évolution. Alice (Sarah Paulson), justement, fidèle admiratrice de Phyllis est un des personnages que j’ai beaucoup aimé aussi, mais je vous laisse découvrir pourquoi.

Bref vous aurez compris que je ne peux que vous recommander cette série.

 

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