« L’Heure bleue » Celia FREMLIN – Polar

Louise est londonienne, elle est mariée, femme au foyer pour s’occuper de ses enfants : deux filles et un petit Michael. Son mari, Mark, est un mari des années 60, très peu investi dans la vie de la maison, laissant tout ce qui relève des enfants, des repas, à sa femme. Or celle-ci est épuisée : Michael est un bébé adorable le jour et effroyable la nuit… il pleure et hurle toutes les nuits, forçant Louise à se réfugier dans la pièce la plus reculée de la maison pour ne pas réveiller Monsieur. Louise ne dort plus… du moins la nuit, car dans la journée elle a tendance à s’endormir n’importe où, n’importe quand.

Le couple a décidé de louer une de leur chambre à Miss Brandon : professeure dans l’université voisine. Peu avenante, mais discrète, elle se comporte pourtant de façon un peu bizarre : elle observe les enfants  du couple jouant dans le jardin par sa fenêtre ; alors qu’elle est censée être sortie, Louise la surprend dans sa chambre… Mais la manque de sommeil de Louise ne lui joue-t-il pas des tours ?

L’Heure bleue n’a été publié en France qu’en 1996, redécouvert en 2017, il a reçu le prix du Masque de l’année étranger cette année. Célia Fremlin est britannique et était membre du Detection Club, association d’auteurs britanniques de romans policiers dont faisait partie Agatha Christie. Ce roman a été publié en Angleterre en 1958 et le rôle de la femme (et celui du mari) dans la famille est fortement marqué par cette époque.

Quand on a eu des enfants, on ne peut que compatir à l’épuisement de Louise. L’auteur précise d’ailleurs dans sa préface : « Il s’agit d’une expérience humaine importante, alors pourquoi personne n’a jamais écrit dessus ? ». En effet qui n’a jamais vécu ces réveils nocturnes, nuit après nuit, ne peut réellement envisager l’état de fatigue que cela procure. Je me souviens moi-même comment, après la naissance d’Eliot, je m’endormais assise à une table. L’autre élément que Célia Fremlin a également bien rendu, sont tous les commentaires et attitudes des gens qui l’entourent : la belle-mère qui fuit dès qu’elle voit un enfant surgir ; les voisines qui se mêlent de tout et mettent leur grain de sel ; les amies qui donnent des conseils…

L’intrigue s’installe donc dans ce climat familial des plus ordinaires et en même temps particulier. C’est monsieur et madame tout le monde confrontés à des événements étranges. Au fil des jours, Louise se comporte de plus en plus bizarrement, sans cesse dans un état de demie-veille. Cet état est d’ailleurs bien décrit (même si j’ai regretté quelques longueurs et répétitions) et crée une atmosphère particulière.

Même si on finit pas deviner les intentions de Miss Brandon, l’auteure ménage le suspens et la révélation est surprenante et très bien amenée.

Un petit polar anglais qui m’a permis de découvrir une copine d’Agatha, mais qui ne restera pas forcément dans mes annales personnelles.

Livre lu dans le cadre du Challenge British Heroines organisé par le forum Whoopsy Daisy.

 

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