« Un bon écrivain est un écrivain mort » Guillaume CHEREL.

J’ai découvert ce roman grâce à Antigone qui, par une de ses chroniques, m’a résolument donné envie de le lire, d’autant que le titre était une invitation à lui seul.

Dix auteurs parmi les plus connus se rendent dans un monastère perdu dans les montagnes, transformé en maison d’écrivain, invités par le propriétaire des lieux, un milliardaire au nom étrange de Cognito. Bien payés, ils doivent participer à un débat littéraire animé par Augustin Traquenard. Qui sont ces dix auteurs ? Frédéric Belvédère, Michel Ouzbek, Amélie Latombe, Delphine Végane, David Mikonos, Kathy Podcol, Tatiana de Roseray, Christine Légo, Jean de Moisson et Yann Moite… Mais attention car un bon écrivain est un écrivain mort…

Dix personnages enfermés dans un lieu isolé fait immanquablement penser aux Dix de petits nègres d’Agatha Christie et en effet  les allusions sont nombreuses et explicites. J’ai également pensé au roman de J.-M Erre, Le Mystère Sherlock, qui avait enfermé des universitaires dans un chalet cerné par la neige et avait ainsi dénoncé les travers de ces derniers.

Le roman de Guillaume Chérel s’ouvre sur le portrait des principaux protagonistes. Et là on ne peut s’empêcher de rire tant chaque portrait rend parfaitement compte des auteurs que ces personnages dissimulent à peine. Je ne sais pas si Guillaume Chérel aime bien ces auteurs, comme il dit dans sa postface, mais en tout cas il châtie bien et c’est très drôle. Il faut dire que ces auteurs et Trappenard ne sont pas trop ma tasse de thé et là il me revient un billet publié sur le blog qui m’avait valu une volée de bois vert donc je vais m’abstenir de remettre le lien. En fait j’ai adoré ce roman essentiellement pour cette façon qui est de faire ressortir les travers de ces auteurs médiatiques. La critique est souvent cinglante voire sardonique et je buvais du petit lait tant tout cela correspondait totalement à l’avis que je porte sur eux, moi qui, contrairement à l’auteur, ne les aime pas bien (sauf un peut-être). Mais ces dix auteurs ne sont pas les seuls à être rhabillés pour l’hiver, on y croise aussi E-E Smitt (ou Pschitt) ou encore Florian Zeller, sans parler de François Busnel.

Certes on rit aux trouvailles des noms déguisés, mais au-delà de cela, Guillaume Chérel donne une vision assez caustique de la littérature contemporaine. Le reproche principal est le rapport que chacun de ces auteurs entretient avec les médias. Chacun dans leur style différent a su capter l’attention des médias. Mais un écrivain médiatique est-il un bon écrivain, d’après ce roman, non, et c’est bien ce qu’on cherche à leur faire payer. Est-ce réellement un hommage que leur rend Chérel, sans doute puisqu’il le dit, mais une caricature est toujours créée sur un base de vérité.

Les premières pages sont donc très réussies, mais j’avoue que la suite du roman m’a moins convaincue, s’enfonçant dans des situations un peu trop burlesques et peu crédibles (que vient faire ici Oscar Wilde et son neveu ?). C’est un peu dommage, d’autant que le polar tourne court, et que l’on reste donc un peu sur sa fin.

Mais ce roman vaut la peine d’être lu pour ces premières pages et pour ces dernières aussi où l’auteur épingle au passage les blogueuses-booktubeuses-twitteuses-instagrameuses… oui on en prend aussi pour notre grade 😉 !

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2 Commentaires

  1. Il est dans ma bibliothèque, ton avis me donne quand même envie d’y jeter un oeil !

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  2. Oui c’est dommage que la suite parte un peu en du grand n’importe quoi car moi aussi j’ai beaucoup ri des portraits caustiques du début ! J’adore aussi quand Nothomb avale une libellule dans le jardin et son sang froid général… 😉 Ravie de t’avoir donné envie.

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à vous....

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