« La Nuit des temps » René BARJAVEL.

Barjavel est un auteur que l’on découvre à l’adolescence, et ce fut effectivement mon cas. Je me souviens avoir lu Ravage et d’ailleurs il y a eu avec mon livre une histoire de hasard comme on les aime. Je l’avais revendu quelque temps après ma lecture chez GJ. En première année de fac, je patientais dans un couloir avant de passer un oral de littérature. A côté de moi, une amie de ma classe lisait Ravage, je lui dis que je venais de la vendre, elle me passe son exemplaire et je le reconnais, c’était le mien, j’avais utilisé un effaceur pour le rendre anonyme mais on devinait encore mon nom. J’ai adoré le retrouver et savoir qu’il était entre de bonnes mains. Pour La Nuit des temps, mon souvenir de lecture était plus flou, je n’étais plus très sûre de l’avoir lu quand je l’ai commencé, et puis, quelques images me sont revenues en tournant les pages, c’était assez étrange comme sensation, comme retrouver un ami perdu de vue depuis l’enfance, j’en reconnaissais quelques traits, quelques expressions…

L’intrigue se situe dans un temps indéfini qui pourrait être le nôtre. Une équipe de scientifiques français est en expédition dans l’antarctique et capte un signal à plus de neuf cents mètres sous la glace. Tous les experts du monde se joignent alors à l’équipe française pour mettre leurs efforts en commun et creuser la glace. Ils tombent alors sur une sphère d’où est émis le signal. Les fouilles se poursuivent et ils finissent par découvrir un couple endormi, cryogénisé… depuis 900 000 ans ! C’est la stupeur chez les scientifiques.

La Nuit des temps est un roman de science-fiction initialement prévu pour être un film réalisé par André Cayatte, mais à tellement gros budget qu’il ne fut jamais tourné. Ce que l’on semble toujours retenir de ce roman, c’est la formidable histoire d’amour qu’il renferme et c’est peut-être la raison pour laquelle on le lit plutôt à l’adolescence. Il y a en effet deux histoires d’amour parallèles autour de la même femme : Eléa, la femme du passé ancestral. Eléa est une jeune femme d’une beauté parfaite qui, une fois décongelée, raconte son histoire et son amour idéal avec Païkan. Mais sa beauté, sa fragilité séduisent également le Dr Simon, jeune scientifique qui l’a découverte en premier et qui est le seul qu’Eléa accepte près d’elle et à qui elle fait confiance. La relation fusionnelle entre Eléa et Païkan est parfaite. Ce sont des âmes-sœurs qui rappelle le mythe de l’androgyne de Platon : deux moitiés qui se reconnaissent. C’est beau, c’est pur…

Mais La Nuit des temps est bien plus qu’un roman d’amour. Le monde et la société d’Eléa et de Païkan est une forme d’âge d’or, une utopie que la guerre pourtant menace. La découverte de ces êtres est une réelle révolution scientifique qui met à bas toutes les théories. Leurs connaissances sont phénoménales et les hommes d’aujourd’hui cherchent à comprendre leur secret : tout semble résider dans une équation : l’équation de Zoran, un signe étrange que seul l’homme congelé peut résoudre.

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Barjavel se plaît à montrer une communauté scientifique unie, mais un tel secret fait forcément des envieux. Un homme reste un homme.

C’est un beau roman, au style parfois très lyrique, qui montre à la fois ce que l’homme a de meilleur et de pire. On passe sans cesse du monde présent au monde d’Eléa qui explique petit à petit comment la décision de se faire cryogéniser s’est imposée. La chute est surprenante et terrible.

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5 Commentaires

  1. xl3fle

     /  février 16, 2019

    tu en parles bien, tel qu’en mon souvenir, je n’ose pas le relire mais je le conseille souvent

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  2. J’ai aussi lu Ravage au collège et je me souviens précisément que je l’ai détesté. Je crois que j’étais déjà féministe à l’époque même si je n’en avais pas conscience parce que je l’ai détesté pour ce côté purement sexiste et inégalitaire entre les sexes installé dans le livre. Et la fin surtout, avec la polygamie a été la cerise sur le gateau.

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  3. Le hasard fait parfois bien les choses, j’adore ton anecdote !

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  4. aifelle

     /  février 17, 2019

    Je l’ai lu dans ma jeunesse et j’avais aimé. Je ne me vois pas le relire maintenant, j’ai peur qu’il me paraisse daté.

    Réponse
  5. J’aime beaucoup ton blog. Un plaisir de venir flâner sur tes pages. Une belle découverte et un enchantement. Très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésite pas à visiter mon univers. A bientôt.

    Réponse

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