« Vigile » Hyam ZAYTOUN.

Aucune description de photo disponible.Vigile  est un très court roman d’un peu plus de 120 pages, mais dont on sent très vite la densité, la tension dramatique. La 4e de couv. donne le ton et j’avoue avoir un peu reculé devant l’obstacle, pour des raisons aussi personnelles. Je me suis enfin décidée dimanche dernier, je l’ai fini dans la journée.

Vigile c’est l’intrusion de l’extraordinaire, au sens étymologique du terme, dans l’ordinaire, le quotidien. La soirée d’un couple, la vaisselle, un sentiment de désillusion du couple, et puis le coucher. Mais dans la nuit, le mari de la narratrice émet des bruits étranges, plaisante-t-il ? Elle a du mal à s’extraire du sommeil… puis comprend qu’il fait une crise cardiaque. Commence alors une longue nuit, puis une longue semaine qui oscille entre désespoir et espoir, présent et passé.

Vigile est un roman autobiographique dans lequel la narratrice engage un long dialogue avec l’homme qu’elle aime. Un dialogue dans lequel elle raconte ce qu’elle a vécu pendant son « accident », comme elle l’appelle, puis pendant son coma artificiel. Un long dialogue au présent comme pour maintenir le lien. Lien qu’elle tente par tous les moyens de maintenir aussi par ses visites, par ses paroles, par l’écharpe parfumée qu’elle lui glisse dans les mains, par les mots de ses enfants susurrés au creux de son oreille à lui et par les amis, la famille qui lui rendent visite. Elle est la vigile, la gardienne, celle qui surveille ce corps et ce cœur qu’elle aime.

Les courts chapitres s’enchaînent, racontent aussi leur vie d’avant qui vient s’entremêler aux couloirs blancs de l’hôpital, aux rapports des médecins. Les moments heureux d’un couple : la naissance des enfants, une nuit sur la terrasse, une danse dans le jardin… tous ces petits moments qui font un couple et qui lui rappellent l’amour qu’elle lui porte.

La langue est fine, tendue, prenante, poétique parfois, mais aussi directe et rude quand elle sort de la bouche des médecins. Elle est juste aussi cette langue, jamais dans apitoiement ou dans le pathos, car une force guide la narratrice, une force qu’elle ne pensait pas avoir et qui se révèle-là parce qu’elle est nécessaire.

Finalement c’est un roman sur l’essentiel : l’amour, l’amitié, l’espoir, que l’on ne ressent jamais de façon aussi intense que quand on risque d’en être privés.

 

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2 Commentaires

  1. J’ai très envie de le lire mais peut être plus tard j’ai failli perdre mon compagnon au mois de decembre à quelques heures près… Un récit qui semble très touchant !

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