« Tranquille comme Baptiste » Yaël HASSAN.

Les romans de Yaël Hassan, du moins ceux que j’ai lus jusqu’ici (La Fille qui n’aimait pas les fins ou Un roman d’aventure (ou presque) ou encore De Sacha @ Macha), ont la belle particularité de mêler les générations, mais aussi de fonder leur intrigue sur des secrets de familles, ou plus exactement des non-dits, ces choses que l’on cache aux enfants pour ne pas les perturber, mais que les enfants ressentent en observant les adultes.

Baptiste est un collégien timide, qui longe les murs dans son établissement, se faisant harceler sans cesse par les autres élèves. Il vit avec sa mère, Amélie, institutrice, et sa grand-mère, Mathilde. Mais Baptiste aime surtout passer son temps libre avec leur vieux voisin : Barnabé. Ensemble, ils adorent chercher et répertorier les mots et les expressions populaires, ils ont d’ailleurs créer, à eux deux, le club des « lexicophile » (= les collectionneurs de mots rares). La vie de Baptiste est donc tranquille, jusqu’au moment où déboule Clara, un gentil petit diable, qui va entraîner bien des bouleversements dans la petite vie tranquille de Baptiste, mais aussi dans celle de Barnabé, Amélie et Mathilde.

Clara est celle par qui la vérité arrive. Sa vie mouvementée avec sa mère peu responsable, son enfance passée dans une famille d’accueil, le fait qu’elle ait quitté l’école ces trois dernières années, font que son langage choque gentiment nos amateurs de la langue française : elle ponctue toutes ses phrases par un « grave », transforme les expressions populaires, ne se gêne pas jurer allègrement. Son arrivée est d’abord mal perçue par Baptiste, lui si solitaire. Mais vous vous doutez bien que les choses vont s’arranger, et que la tranquillité de la vie de Baptiste cachait en fait quelques non-dits et qu’elle n’était donc pas si tranquille que cela.

Yaël Hassan a le don de donner vie à des personnages de générations différentes. Elle est aussi douée pour faire parler les adultes que les enfants et surtout elle a une vision très optimiste de la vie qui rend ses romans joyeux malgré les histoires difficiles que vivent ses personnages.

J’aime ces liens qu’elle tisse toujours entre un enfant et un personnage plus âgé qui pourrait être un grand-père. Elle montre également souvent l’éclatement des familles et le fait que les enfants peuvent trouver ailleurs une famille d’élection qui pourra les ramener vers leur propre famille. Ces liens qu’elle tisse entre les générations, dans ses romans, me paraissent essentiels pour les jeunes lecteurs, ils permettent d’ouvrir un dialogue, de faire éclater les clans : les jeunes d’un côté, les adultes de l’autre et enfin les plus vieux. Elle montre que les relations entre les plus jeunes et les plus vieux peuvent apporter autant aux uns qu’aux autres.

Le duo Clara / Baptiste est aussi un point fort du roman. Leur vie a été toute différente : très protégée pour Baptiste, beaucoup moins pour Clara qui a vécu dans des conditions parfois très difficiles. Mais si Baptiste est un élève modèle, il est une sorte d’handicapé social ; Clara quant à elle parle mal, a mené une vie peu recommandée pour une enfant, mais a appris à se défendre. Un joli couple d’enfants duquel va naître des moments aussi bien drôles qu’émouvants.

Un très joli roman donc sur la famille, l’amitié et la langue française !

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1 commentaire

  1. Je n’étais pas certaine… mais tu m,as eu à « langue française »!

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