« Broadway limited : 1. Un dîner avec Cary Grant » – Malika FERDJOUKH

Les romans de Malika Ferdjoukh, c’est un peu comme un bon chocolat chaud à la chartreuse après une journée de ski : ça réchauffe et ça fait du bien. Elle fait partie, avec l’incontournable Marie-Aude Murail, de ces auteurs dits jeunesse qui ont pourtant tout des grands et que l’on peut lire à 15 ans et à 45 ans passés. Que ce soit Quatre soeurs, Aggie change de vie ou Chaque soir à 11 heuresje suis toujours séduite par l’atmosphère de ses romans.

Broadway Limited est une série en trois tomes. Le deuxième (Un Shim Sham avec Fred Astaire) est déjà sorti (je suis d’ailleurs en train de le terminer). Pour la sortie du troisième et dernier tome (Un thé avec Grace Kelly), je ne connais pas encore la date, très prochainement je l’espère.

Donc concernant ce premier tome sous-titré Un Dîner avec Cary Grant, nous sommes à New-York à l’automne 1948. Jocelyn Brouillard, jeune homme de 17 ans, vient y faire des études. Il sonne à la pension Giboulée tenue par Mrs Celeste Merle et sa sœur Artemisia. Mais cette pension est exclusivement réservée aux jeunes filles. Ses talents de pianiste et la recette de la soupe aux asperges de sa mère vont cependant se révéler de merveilleux laisser-passer. Outre les deux propriétaires, Jocelyn va faire la connaissance des nombreuses pensionnaires : Wendy Balestrero surnommée Manhattan, Hadley Johnson, Page Hibbs, Felicity Pendergast, surnommée Chic, Etchika Jones ou encore Usurla Keller, sans parler des domestiques Easter-Witty et Charity.

La maison est un motif incontournable des romans de Malika Ferjoukh. Que ce soit celle de Chaque soir à 11 heures, la Fausse-Malice ou celle des Quatre soeurs, la Vill’Hervé, elles sont toutes un point de ralliement et une vraie ruche. La pension Giboulée ne déroge pas à la règle.

Donc dans cette pension, les jeunes locataires aspirent toutes à la gloire. Elles sont danseuses, comédiennes, modèles, et courent après une audition, car pour l’instant, à part Hadley qui a eu la chance de danser un jour avec Fred Astaire, elles gagnent leur vie en cumulant parfois des petits jobs : cigarette girls, vendeuse de doughnuts, ou prêtent leur talent de danseuse dans des clubs restaurant ou des night-clubs. Certaines sont gold digger (à la recherche d’un bon parti). Jocelyn découvre avec émerveillement ces jeunes femmes venues chercher le succès, de vraies new-yorkaises pourtant fraîchement arrivées.

femmes

Le roman suit donc alternativement les différents personnages, leurs rencontres, leurs vies nocturnes, leurs soirées dans les clubs ou les théâtres, et petit à petit leur propre histoire se dévoile. Celles d’Hadley et de Manhattan notamment. C’est un vrai tourbillon d’histoires auquel se mêlent la musique : le jazz et le swing. Chaque titre de chapitre en anglais est d’ailleurs un titre de chanson de Gleen Miller ou d’Ella Fitzgerald comme une playlist pour accompagner notre lecture.

Mais un roman de Malika Ferdjoukh ne serait pas complet sans les allusions au cinéma. Ainsi, dans ce New-York d’après guerre, nous croisons au détour d’une page, le tout jeune Woody Allen, Grace Kelly qui court aussi les auditions en tout genre, ou encore Clark Gable venu boire un verre dans un club. La fiction se mêle allègrement à la réalité.

Clark GableGrace Kelly

A cela il faut ajouter les éléments historiques comme la chasse aux sorcières qui menace quiconque est soupçonné de complaisance envers les communistes.

Roman tourbillon donc parfaitement adapté à cette période de Noël, qui fait revivre tout une époque et que l’on découvre à travers les yeux du petit frenchy dont le prénom est pris pour féminin par ses amies new-yorkaises.

J’émettrai cependant un petit bémol. Sans doute à cause de la fatigue et d’une lecture parfois trop entrecoupée, j’ai eu quelque peu du mal, surtout au début, à identifier les personnages. Trop de noms, parfois pour des personnages croisés une seule fois, des passages sautant d’une héroïne à l’autre, ont souvent créé en moi la nécessité de me référer à la liste des personnages présente au début du livre (très bonne idée d’ailleurs) ou à  revenir quelques pages en arrière. Mais cela n’a pas été au point de me gâcher ma lecture et ne m’a pas empêchée de vouloir lire la suite à peine ce premier tome achevé.

 

 

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6 Commentaires

  1. Un vrai délice et un vrai bonheur que ce roman, je pensais être incapable de l’aimer autant que Quatre sœurs et pourtant c’est pratiquement le cas ;0) C’est vrai que je suis un peu d’accord avec ta conclusion, jusqu’à la moitié j’avais souvent du mal à m’en sortir avec les personnages mais comme tu le dis aussi ; ça n’a en rien gâché ma lecture :0) Je te souhaite de très belles fêtes de fin d’année, bises

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  2. J’avais eu un gros coup de coeur pour ce roman que j’avais lu à sa sortie et dévoré, j’espère lire le tome 2 très bientôt

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  3. Le bémol que tu soulignes m’avait déjà marquée dans le tome 1. Je suis néanmoins impatiente de découvrir ce 2e volume !! 🙂 J’aime beaucoup ce que tu dis du motif de la maison, c’est tellement vrai chez Malika Ferdjoukh! bonne fin d’année, George !

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    • J’ai l’impression que tout le monde a eu un peu du mal avec les noms des personnages, heureusement dans le tome 2 ça va mieux mais ça vient peut-être aussi du fait que j’ai enchaîné la lecture des tomes 2 à suivre.

      Réponse

à vous....

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