« Trans Barcelona Express » Hélène COUTURIER.

Dans Trans Barcelona Express, Hélène Couturier reprend les personnages de son précédent roman (Bye Bye Bollywood) : Nina, 15 ans, Garance, 10 ans et leur mère, Val, la quarantaine. Après des vacances sous le signe du yoga, Feng Shui et autre alimentation bio en Inde dans un ashram, Val emmène cette fois ses filles à Barcelone, ville dans laquelle elle a vécu avant sa rencontre avec leur père. Elles logent chez Gustavo, un ami d’alors. Mais cette fois, Nina est ravie de partir car elle va revoir Jésus, rencontré en Inde. Le petit baiser furtif avant son départ est resté gravé, mais Nina tente de ne pas trop se faire de film, même si elle s’en fait à longueur de temps.

Nina est en pleine crise d’adolescence : elle ne supporte pas sa petite sœur première de la classe et toujours en train de jouer la petite fille modèle avec sa mère ; elle est toujours en conflit avec Val qui cherche à la faire progresser en espagnol en lui expliquant longuement (trop longuement) que de nombreux de mots français et espagnols sont quasi similaires ; elle ne manque pas une occasion pour s’opposer à sa mère qui, inlassablement, hausse les sourcils. Il faut dire que sa mère, interprète bilingue, transforme chaque instant en cours de culture générale. Si Barcelone la ravit, ses retrouvailles avec Jésus la déçoivent. Il semble distant et la présence de sa cousine Montse, qui lui colle aux basques, ne fait rien pour arranger les choses. Nina, qui capte un mot sur 10 en espagnol, se trouve alors nulle et bien solitaire. Mais une première cuite et un sac pris pour un autre vont transformer ses vacances qui vont alors devenir bien plus passionnantes qu’elle ne le pensait à son arrivée.

J’ai été séduite par ce roman que j’ai lu en une journée. Hélène Couturier (scénariste de plusieurs épisodes de la série Fais-ci fais pas ça) dessine des personnages tout en contradiction. Par la voix de Nina, elle traduit les préoccupations (l’amitié, le besoin de connaître enfin l’amour, le collège) et exaspérations de toute adolescente. C’est souvent drôle, notamment lors des affrontements mère / fille. Le portrait de Val est aussi bien dressé. Sa passion pour le yoga, la nourriture saine vole en éclat face aux tapas et au vin local.

Mais ce roman est aussi l’occasion de découvrir une ville, sa langue, ses pratiques. On déambule dans Barcelone de jour comme de nuit, on voyage et le temps d’un roman on a l’impression d’être à Barcelone, de participer à l’activité foisonnante de cette ville gangrenée par les touristes. Il soulève aussi des questions plus profondes sur l’acception de l’autre, que je ne vous révèle pas car se serait spoiler le roman.

Un roman au charme piquant, comme son personnage.

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2 Commentaires

  1. Autant certaines phases de ce roman pourraient m’attirer, autant le cadre géographique me fait fuir. Qu’ils s’agissent des romans, films …, j’ai beaucoup de mal à apprécier ceux qui se déroulent en Espagne. Et mon inculture du monde indien me freine.
    Je passe mon tour.

    Réponse

à vous....

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