« Twist again » Sylvie ALLOUCHE

Twist again est un roman ado que j’avais reçu à sa sortie en 2016 et qui, suite à un pseudo rangement, s’était fait oublier. Or cette année, alors que je cherchais des titres de roman sur la ville pour mes classes de quatrième, une collègue m’en a parlé et quand elle a sorti son exemplaire, je l’ai reconnu. Aussitôt retrouvé, aussitôt lu.

L’intrigue se déroule entre une cité parisienne pas très bien réputée et Paris. L’histoire commence par la destruction d’une tour HLM dans la cité des Fleurs. Aziz, alias Twist, et son ami Mourad se sont donnés rendez-vous pour assister au spectacle. Aziz veut immortaliser le spectacle en prenant quelques photos. Mais il a aussi donné rendez-vous à sa petite amie, qui semble lui avoir posé un lapin. Pour prendre ses photos, Aziz, s’approche trop près, mais découvre une arme dans les décombres. Il s’en empare comptant la négocier avec les malfrats de la cité adverse, les Iris. Parallèlement, Bruno part passer quelques jours chez sa copine Juliette, fille de l’inspecteur Haroun Massouda, qui a passé le périphérique pour aller faire ses études de lettres. Bruno est heureux de retrouver son amie, mais craint la rencontre avec les nouveaux camarades de Juliette : que pourra-t-il leur dire à ces intellos parisiens ?

Toute l’intrigue est nouée autour de l’arme trouvée par Aziz et qui a servi à un meurtre : une jeune fille a été retrouvée morte, assassinée dans les décombres de la tour détruite : la petite amie d’Aziz. Et quand les flics débarquent chez le jeune homme et découvre l’arme du crime, il est le premier suspect.

Mais Sylvie Allouche se sert de ce ressort policier pour décrire, en évitant les clichés trop marqués, les différents habitants de cette cité aux Fleurs qui porte si mal son nom, comme c’est souvent le cas. Il y a, aux Magnolias, l’appartement de Suzanne, la mère de Ben et Bruno qui élève seule ses fils ; celui d’Aziz et de son père Farès  ou celui de Mémé, la grand-mère de Mourad. Les milieux, les origines différentes se côtoient, mais ils sont reliés par l’amitié des garçons. Et puis, aux Iris, il y a la famille de Jamal, le malfrat, celui qui tient la cité et terrorise même sa famille. On sent chez Sylvie Allouche la volonté de montrer une cité réaliste, par le langage utilisé dans les dialogues (et qui a surpris mes élèves, et les a fait rire car ils parlaient un peu comme eux), par une vision qui ne cache pas les aspects sombres (traffics, rapports de force, délinquance, conscience des difficultés des jeunes à s’extraire de cette cité, partagés entre la volonté de partir et un certain attachement…) mais montre aussi les aspects positifs : l’entraide, l’amitié ou la solidarité.

J’ai bien aimé aussi les personnages de Juliette et Bruno, qui permettent justement de renforcer cette difficulté de passer le périphérique, d’aller à Paris, de ne pas se sentir à sa place. Mais cette intrigue parisienne est aussi un moyen de montrer que même dans les « bons » milieux, rien n’est simple.

Un roman sur la banlieue que j’ai trouvé intelligent avec des personnages bien campés et attachants qui ont tous une personnalité marquée. Il a remporté un franc succès chez mes élèves, ce qui est très bon signe.

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