« Bonjour tristesse » Frédéric REBENA / Françoise SAGAN – BD.

Ma lecture de Bonjour tristesse de Françoise Sagan remonte à bien des années, que je me refuse de compter. Il m’avait été conseillé par ma mère, un roman trans-générationnel que l’on lit à l’âge de l’adolescence. Je m’en souviens par flashs, par passages. Quand on m’a proposé de lire l’adaptation BD de Frédéric Rébéna aux éditions Rue de Sèvres je n’ai pas hésité une seconde. Tout d’abord parce que j’ai lu plusieurs adaptations de romans en BD de cette maison d’édition et que je n’ai jamais été déçue, et aussi parce que j’ai pour Françoise Sagan une tendresse de lectrice. Ce blog d’ailleurs peut en apporter la preuve au vue des nombreuses chroniques que j’ai rédigées sur son œuvre.

Ma lecture n’a duré que le temps d’un apéritif dans le jardin. Dès les premières pages, j’ai retrouvé l’ambiance du roman, les images venaient raviver celles qui me restaient de ma lecture du roman.

Cécile, 17 ans, recalée au bac, passe ses vacances d’été dans une villa de la côte d’azur avec son père, 50 ans (40 dans le roman !!!) et la dernière maîtresse de celui-ci, Elsa. Jeune fille un peu désœuvrée, elle partage la vie oisive et sensuelle de son père, l’alcool et les cigarettes. Et observe d’un œil distant les frasques paternelles. Un jour, sur la plage, elle vient en aide à un jeune étudiant, Cyril, avec lequel elle noue une relation détachée de sentiments. Mais l’arrivée d’Anne, une femme belle et intelligente, amoureuse du père de Cécile, vient déranger la vie de l’étrange trio. Dès le début Cécile se montre réfractaire envers Anne : elle lui reproche notamment de tout vouloir régenter et plus encore Anne l’enjoint de travailler pour le rattrapage de son bac. Dans cette atmosphère chaude et douce de l’été méditerranéen, Cécile, insouciante des conséquences de ses actes, va provoquer le drame.

La BD a bien évidemment les qualités du roman. L’ambiance se fait de plus en plus lourde, au fur et à mesure que Cécile met en place son plan. Anne est petit à petit prise dans le piège, mais Cécile est loin d’imaginer une telle issue. Comme dans la pièce de Mussset, que Sagan aimait tant, « on ne badine pas avec l’amour » et Cécile va en faire l’expérience.

Contrairement au roman, la BD commence par la fin tragique puis remonte les circonstances du drame. Ce procédé colore la lecture d’une atmosphère lourde et étrange que le roman mettait en place de façon plus discrète. De même, je ne me souvenais pas d’une telle ambiance sensuelle, sans doute parce que les mots sont moins crus que les images, à moins que ce ne soit un choix de l’illustrateur. Toutefois cela ne gâche en rien la lecture et finalement renforce la langueur et l’oisiveté de l’atmosphère ambiante.

C’est donc une vraie réussite que cette adaptation qui a le mérite de donner envie de relire le roman.

 

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10 Commentaires

  1. Oui c’est une très belle adaptation graphique! J’ai beaucoup aimé.

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    • J’avais pris en photo des planches pour les insérer dans ma chronique et je me rends compte que j’ai oublié de le faire ! L’illustrateur est vraiment bien arrivé à rendre l’atmosphère du roman.

      Réponse
      • Ben pareil j’ai complètement oublié d’insérer mes photos des planches, alors que je le fais toujours pour mes chroniques BD !! Oui, les illustrations sont vraiment réussies.

        Réponse
  2. Un roman culte! Il faisait partie de la bibliothèque de ma mère…. et comme tu le dis, l’histoire est intemporelle. Et poignante.

    Réponse
    • Oui à tel point que je vais le donner à lire à mes élèves en lecture cursive. Une édition scolaire est sortie récemment !

      Réponse
      • Peux-tu m’éclairer sur ce qu’est la lecture cursive?

        Réponse
        • La lecture cursive, c’est une lecture que l’on conseille aux élèves mais qui ne va pas faire l’objet d’une étude spécifique. C’est une lecture en plus pour donner un autre exemple du thème abordé ou pour faire découvrir une vision plus moderne. Par exemple en 2de j’ai étudié le romantisme à travers une section des « Contemplations » de Victor Hugo, donc en lecture cursive j’ai donné à lire aux choix une série de romans romantiques français et anglais. ça permet de donner un autre éclairage.

          Réponse
          • J’ai appris quelque chose! je comprends tout à fait de quoi il s’agit. Je ne savais pas que cela s’appelait « lecture cursive ». Est-ce que tu sais pourquoi on l’appelle comme ça? Je pensais (bêtement!) que c’était des livres imprimés en écriture cursive :p

            Réponse
            • Ta question m’a amenée à aller chercher la définition et j’ai fait une trouvaille : « lecture cursive » = lecture rapide et superficielle !!! ce qui n’est guère flatteur ! En fait, il faut retenir surtout le fait que le livre ne fait pas l’objet d’une étude approfondie.

              Réponse

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