« La Vie secrète d’Elena Faber » Jilian CANTOR

La Vie d’Elena Faber fait partie des quatre romans de la sélection du 41e Prix Relay des Voyageurs Lecteurs. L’intrigue se situe à deux époques et sur deux continents différents.

Kristoff, jeune apprenti graveur, est embauché par Frederick, père de deux filles, Elena et Miriam. Ils vivent en Austriche, à Grotsburg, petit village paisible. La famille est juive, nous sommes en 1939 et la menace nazi gronde de plus en plus fort.

Katie, journaliste culture, vit à Los Angeles en 1989. La séparation d’avec son mari est douloureuse, d’autant plus difficile qu’ils travaillent dans le même journal. Elle doit également s’occuper de son père atteint de la maladie d’Alzheimer et résidant dans une institution spécialisée. Le roman commence quand elle fait appel à Benjamin pour expertiser la monumentale collection de timbres de son père, en lui demandant de voir si, parmi eux, une perle rare se cache. Quelques jours plus tard, Benjamin la rappelle pour lui montrer une lettre non ouverte portant un timbre collé à l’envers sur l’enveloppe.

Ce premier roman de Jilian Cantor est doublement historique. Les chapitres consacrés à 1939 et ceux à 1989 s’alternent, et le lecteur suit en parallèle l’histoire des deux personnages : Katie et Kristoff avec pour fil conducteur : un timbre.

Deux temps historiques se mêlent : la Nuit de Cristal en 1939, durant laquelle plusieurs villes d’Autriche furent brûlées, raillées de la carte et durant laquelle plusieurs milliers de juifs autrichiens furent tués ou déportés. Et les prémices puis la chute du mur de Berlin en 1989, que Katie suit depuis Los Angeles. On comprend très vite que les deux époques et les deux personnages vont à un moment où un autre du roman se rejoindre. Reste à savoir comment.

Ce roman a plusieurs vrais atouts.

Tout d’abord d’un point de vue historique. J’avoue ici mon ignorance. Je n’avais pas connaissance, ou très vaguement, de cette Nuit de Cristal menée par les SA, les fonctionnaires nazis et les Jeunesses Hitlériennes en 1939. L’horreur de cette nuit et ses conséquences sont racontées par le prisme de la famille de Frederick qui voit leur vie radicalement changer et qui sont le ressort principal de l’intrigue. La jeune Elena, fille aînée du graveur, rebelle et courageuse, et dont Kristoff est timidement amoureux, va alors entrer en résistance.

Il y a souvent le risque, quand un roman narre en parallèle deux destins, que le lecteur s’intéresse plus à l’un qu’à l’autre. Mais Jilian Cantor parvient à nous intéresser aussi bien au destin de Kristoff et d’Elena qu’à celui de Katie, à Los Angeles, qui, avec Benjamin, homme meurtri par la mort de sa femme et son fils, mène une véritable enquête philatélique qui les fait voyager en Angleterre et en Autriche. Et c’est là l’autre atout du roman. L’enquête philatélique est passionnante et si le ressort romanesque de la lettre retrouvée après plusieurs dizaines d’années n’est pas follement original, l’auteure ici sait lui donner une certaine originalité puisque ce n’est pas tant le contenu de la lettre qui importe (même si le lecteur finira par le découvrir à la toute fin du roman) mais le timbre lui-même. Celui-ci prend alors une portée historique que je ne vous dévoilerai pas.

Mais il ne faudrait pas négliger l’aspect romanesque du roman qui est un troisième atout d’importance. Jilian Cantor parvient à tisser une intrigue qui mêle la grande histoire à la petite histoire individuelle. Et c’est souvent ce que j’aime dans les romans. Apprendre un pan de l’histoire à travers le destin de personnages est pour moi la meilleure façon de découvrir notre passé. Et j’ai autant apprécié suivre le destin des personnages autrichiens que celui de Katie et Benjamin.

Toutefois, j’aurais quelques petits bémols à émettre.

Même si l’intrigue est passionnante et se boucle parfaitement sur elle-même, j’ai assez vite découvert ce que l’auteur s’efforce à dissimuler. Dans un roman policier, il est toujours un peu décevant de découvrir le meurtrier avant l’inspecteur. L’autre petit bémol vient du titre mais est finalement lié au premier. Il me semble que La vie secrète de Kristoff aurait été plus pertinent. Car finalement, Elena ne me parait pas si mystérieuse que cela comparativement à Kristoff et c’est bien lui qui, d’après moi, dissimule le plus gros secret. Enfin, j’ai trouvé qu’Elena était sans doute le personnage le moins attachant du roman.

Malgré ces deux bémols de peu d’importance finalement, ce roman est une belle découverte comme souvent les romans publiés aux Editions Préludes.

 

 

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4 Commentaires

  1. Malgré tes quelques bémols tu m’as quand même donné envie de l’ouvrir 😊! Et chouette il est maintenant sur ma PAL. J’aime bien aussi apprendre en lisant. Je ne connais pas grand chose non plus sur la nuit de Cristal, mis à part son nom.

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  2. Je confirme, j’ai vraiment envie de lire ce livre 🙂

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  3. Je viens de le finir et je suis d’accord avec tes bémols.

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  4. Je suis en phase avec ton ressenti de lecture…

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à vous....

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