« Mon autopsie » Jean-Louis FOURNIER – Rentrée Littéraire 2017.

Je n’avais jusqu’à présent jamais rien lu de Jean-Louis Fournier, même si je me souviens bien du succès qu’il avait rencontré à la publication de son livre : Où on va, papa ? qu’il avait consacré à ses deux garçons handicapés. Je ne l’aurais pas nécessairement lu si je n’avais reçu, dans le cadre du Comité de lecture Cultura auquel j’ai participé en juin, ce nouveau roman, ou plutôt cette autobiographie.

Sur le mode du « Je me souviens » de Georges Pérec, Jean-Louis Fournier confie ses souvenirs, se lance dans une introspection d’une façon originale : mort, l’auteur a confié son corps à la science, chaque membre disséqué est l’occasion de plonger dans ses souvenirs, de savoir ce qui se cache dans sa tête, ses mains, son ventre. Egoïne est chargée de le découper en morceau.

Composé de très courts chapitres thématiques, le lecteur s’immisce dans la vie de Jean-Louis Fournier : ses études à l’IDHEC, sa carrière à la télévision, ses dessins animés qui ont bercé mon enfance (La Noiraude et l’oiseau Antivol !!!), son amitié avec Desproges, ses conquêtes féminines, ses enfants et sa femme, et ses succès littéraires. L’écriture est vive, les pages se tournent vite. L’originalité de la confession repose sur ce contexte de salle d’autopsie et la présence d’Egoïne que l’auteur observe au fil des jours.

Pourtant, mon avis est mitigé. Ma dubitation repose essentiellement sur le style. L’auteur en parle d’ailleurs à la page 31 : « Dans mes livres, j’ai combattu les adverbes […]. Les conjonctions de coordination […]. Les conjonctions de subordination avec plein de que…« . Et effectivement, les phrases sont courtes, rapides, la langue est simple et quand on apprend que Prévert est un de ses auteurs préférés, on n’est guère surpris. Le jeu sur les mots est présent quasi à chaque page, et c’est un peu ça le problème. Pas tant de jouer sur les mots, mais d’y jouer à répétition : trop de jeux de mots, tue le jeu de mots. On sent bien l’amusement que prend Fournier à associer les mots, à les faire résonner, mais je m’en suis assez vite lassée.

Même si certains chapitres m’ont plu, d’autres m’ont laissé assez inerte voire ont eu tendance à m’agacer. Parce que l’autre soucis que j’ai eu avec ce livre, c’est l’auteur lui-même. Au fil des pages, se dessine un personnage pour lequel je n’ai guère eu d’empathie, mais après tout faut-il toujours être empathique ? Un égocentrisme qui certes cache sans doute un manque quelconque, mais qui m’a agacée. Alors oui, une autobiographie est, par définition égocentrique, j’en conviens. Non qu’il n’y ait un regard critique sur soi, mais, et il le dit à plusieurs reprises, cette volonté de paraître, de faire la liste de ses succès, d’aligner ses conquêtes, de présenter sa femme comme une sorte de Pénélope qui sait arranger sa maison de draps anciens et de bouquets de fleurs, tout cela pour finir, m’a donné l’image d’un petit garçon qui ne cesse de répéter : « Regarde, regarde, comme je suis fort, comme je suis drôle ! ».

Une lecture décevante donc pour moi, mais je suis convaincue que ce livre aura du succès.

 

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7 Commentaires

  1. Je l’ai beaucoup aimé. Mais j’aime beaucoup cet auteur, et je pense que ce livre vient un peu comme une conclusion, ou plutôt un résumé de tous ces précédents ouvrages. Il y a des rappels, des clins d’œil, des sortes de « notes de bas de page ». Et du coup je pense que si l’on n’a pas lu d’autres livres de lui, en effet cela ne prend pas. 🙂

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    • Je ne sais si c’est ça, peut-être, mais j’avoue que cette écriture très minimaliste me laisse assez de glace et franchement le personnage m’a parfois un peu énervée. Tant pis pour moi 😉 !

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  2. Je n’ai encore rien lu de cet auteur, et ne crois pas trop que j’aimerais…

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  3. Déjà, le contexte de la salle d’autopsie, bof, pas trop pour moi.
    Et la suite de ta critique le confirme.
    Il faut que j’ai un attachement particulier à la personne pour que j’y trouve un intérêt historique pour lire une (auto)biographie.

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  4. Je ne suis pas certaine que ce soit pour moi… j’avais bien aimé le premier que j’ai lu (où on va papa), mais j’ai parfois un peu l’impression d’être voyeur. Du coup, ça… pas trop.

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  5. je ne savais pas qu’il avait sorti un livre! Je comprends ta déception, j’ai adoré certains de l’auteur (Où on va papa? ou Ma mère du Nord) et d’autres beaucoup moins.

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  6. Mince, moi qui adore cet auteur !

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