« Le Horla » mise en scène de Slimane Kacioui avec Florent Aumaître – Théâtre – Avis à quatre mains.

Hier soir je suis allée avec mon fils Antoine, 13 ans, voir une adaptation théâtrale de la célèbre nouvelle fantastique de Guy Maupassant : « Le Horla ». Lui l’avait étudiée en classe (4ème oblige, thème « La fiction pour interroger le réel ») et moi, je l’avais fait étudier à mes élèves du même niveau. Nous y allions donc en connaissance de cause, avec la curiosité de voir comment cette nouvelle allait être portée à la scène.

Le Théâtre Michel, où se joue la pièce, est un petit théâtre de la rue des Mathurins en plein cœur de Paris, tout près de la rue Auber. La pièce dure 1h20 et le comédien, Florent Aumaître est seul en scène. Sur le plateau : une chaise et une sorte de tréteaux de bureau. Décor minimaliste donc. Tout est centré sur le texte et l’acteur. Celui-ci se donne et on est fasciné par la performance. Le débit est précipité, peut-être même un peu trop parfois. Dès l’ouverture, un petit carnet, sorti de la poche d’une veste, symbolise le journal tenu par le narrateur de la nouvelle.  La pièce, comme la nouvelle, est rythmée par les dates qui se succèdent et par la lente descente dans l’angoisse ou la folie du personnage.

« Le Horla » est, comme je l’ai dit, une nouvelle. Comment adapter un tel texte au théâtre ? Un texte essentiellement narratif et non dialogique, un texte pas si simple que cela parfois avec des digressions philosophiques voire métaphysiques. L’acteur tient donc seul le texte, le fait vivre. On peut regretter un rythme parfois trop rapide, un manque de pause. Mais on entend le texte de Maupassant avec clarté et on saisit, dans ce temps raccourci, certains effets qu’on n’avait pas nécessairement perçus clairement lors de  la lecture.

Les principaux événements sont respectés. L’acteur raconte les phénomènes fantastiques dont il est témoin et sait les rendre vivants. C’était une de nos interrogations : comme rendre sur scène la carafe pleine le soir, vide le matin ? la rose qui se détache toute seule du rosier ? l’absence de reflet dans le miroir ? Le problème est donc résolu par le récit des faits et le jeu de l’acteur, celui-ci terrifié par ces événements fantastiques.

Florent Aumaître est impressionnant, mais j’avoue regretter une mise en scène trop minimaliste avec juste quelques effets de lumières et un fond musical au début et à la fin de la pièce. Toutefois, il serait dommage de bouder son plaisir.

L’avis d’Antoine :

J’ai trouvé la pièce très bien, je pensais qu’il y aurait un décor réaliste comme dans la nouvelle et non une narration. Mais la narration ne m’a pas déplu bien au contraire, je pense que c’était même mieux. L’acteur fait passer la narration comme s’il vivait l’action sur le moment. Le fait d’avoir étudié le livre en classe m’a aidé pour suivre la pièce.

J’aime beaucoup aller au théâtre car voir les acteurs en vrai sur une scène est beaucoup mieux que de les voir sur un écran, je me sens aussi utile au théâtre car le public compte énormément. Par exemple à la fin d’une pièce le public participe en applaudissant les acteurs pour montrer qu’il est content de la pièce et des acteurs.

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6 Commentaires

  1. Aussi incroyable que cela puisse paraître, moi qui suis une fan absolue de Maupassant, je n’ai pas lu Le Horla, ce qui n’est évidemment pas insurmontable pour voir la pièce. Quant à mon fils Ulysse, qui a l’âge d’Antoine, il étudie également Maupassant (si je comprends bien, c’est l’auteur au programme des 4°), mais a abordé d’autres nouvelles. C’est sympa en tout cas d’avoir ce double avis. Il se pourrait que nous allions voir cette pièce !

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    • Il m’arrive aussi de n’avoir pas lu les œuvres les plus célèbres des auteurs que j’aime. Maupassant est doublement au programme en 4e, pour ses nouvelles réalistes et pour les nouvelles fantastiques. J’ai aussi fait étudier « Apparition » de Maupassant qui a toutes les caractéristiques du fantastique.
      Je serais ravie que tu me donnes ton avis sur cette pièce quand tu l’auras vue.

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      • Effectivement, Ulysse étudie les deux types de textes… Quant à moi, même si j’ai lu quantité de ses nouvelles, j’avoue que le texte qui m’a vraiment marquée et que j’avais adoré, c’est son roman en fait, Bel-Ami. C’est d’ailleurs une rare oeuvres de l’époque que je pourrais bien relire un de ces jours…
        Quoi qu’il en soit, on va voir la pièce demain !

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  2. argali2

     /  avril 8, 2017

    Vous l’étudiez en 4e ? Ici, c’est un texte donné en 2e (l’équivalent de votre 2e). 13 ans, c’est jeune pour appréhender le sens philosophique de l’œuvre.

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    • En 2de chez nous, pour le récit, on étudie le réalisme et le naturalisme donc plutôt le Maupassant de Bel-Ami ou de Pierre et Jean. En 4e on aborde surtout la nouvelle du point de vue du fantastique sans aborder le sens philosophique, je te rassure. J’ai, pour ma part, centré mon étude sur la nouvelle « Apparition » que j’adore et que les élèves ont beaucoup aimée.

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  3. Ah j’ai adoré cet texte et j’aimerai beaucoup voir son rendu sur scène !

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à vous....

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