« Bérénice 34/44 » Isabelle STIBBE

stibbe-bereniceJe dois vous parler de ce roman, lu en septembre, depuis des lustres. Cette chronique a donc pris bien du retard et comme je ne tiens plus de carnet de lecture depuis plus d’un an – et là je le regrette amèrement -, je ne vous livrerai que ce qu’il me reste de cette lecture. C’est aussi à cela, je crois que l’on sait si un livre nous a plu : que nous en reste-t-il 5 mois plus tard ?

L’intrigue se déroule à Paris entre 1934 et 1944, comme le titre du roman l’indique. Mais l’histoire de Bérénice commence une quinzaine d’années avant, quand son père, Maurice Capel, né Moïshé Kapelouchnik, sur le front de la Première Guerre Mondiale, se lie avec un instituteur amoureux de Racine. Maurice donnera le prénom de Bérénice à sa fille. Issue d’une famille juive, Bérénice entre dans la vie avec un prénom prédestiné.

La prédestination, ou plus exactement la fatalité, est au centre de ce roman. Dès les premières pages, Isabelle Stibbe ne nous cache pas le destin tragique de Bérénice. L’ombre de Racine et de ses héroïnes planent sur le roman.

Bérénice a une révélation un soir en assistant à une représentation à la Comédie Française. Elle le sait, elle sera comédienne et intégrera, coûte que coûte la maison de Molière. Malgré le refus catégorique de ses parents, elle passe le concours du Conservatoire, est reçue et intègre le cours de Louis Jouvet. Bannie par ses parents, elle est recueillie par Mme de Lignières dont elle prend le nom pour la scène. Elle intégrera ensuite le Comédie Française. Mais la guerre la rattrape, les mesures antisémites aussi.

L’originalité de ce roman est d’aborder le temps de l’occupation par le prisme d’une comédienne, sociétaire à la Comédie Française. Outre le destin de Bérénice, le contexte théâtrale m’a passionnée. La fiction joue avec la réalité historique, mais aussi mêle personnages fictifs et personnages réels, à tel point que l’on est tenté de vérifier si cette Bérénice de Lignières n’aurait pas finalement existé.

C’est aussi, à travers elle, l’histoire de la Comédie Française pendant l’Occupation que nous raconte Isabelle Stibbe. Elle nous fait pénétrer à l’intérieur de la grande maison, dans les coulisses, sur la scène, dans les loges des comédiens. Nous révèle aussi les heures noires, comme l’exclusion des acteurs juifs. Malgré l’épée de Damoclès au-dessus de la tête de l’héroïne que l’auteur ne cesse de nous rappeler, on se plait à espérer que le destin sera clément, mais les héroïnes raciniennes n’échappent jamais à leur destin.

Un très beau roman pour son intrigue et son héroïne, mais aussi particulièrement intéressant pour ce tableau de la vie théâtrale pendant l’Occupation. On ne peut s’empêcher de penser au fabuleux film de Truffaut, Le Dernier métro qui, comme dans le roman d’Isabelle Stibbe, relate la vie d’un théâtre pendant l’Occupation.

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10 Commentaires

  1. eimelle

     /  février 10, 2017

    j’en garde un bon souvenir!

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  2. Sympa. Je note. Bon week end!

    Réponse
  3. Merci pour la découverte, je sais déjà à qui je l’offrirai (et emprunterai!) ^^

    Réponse
  4. Le sujet de la vie théâtrale m’a toujours passionné !

    Réponse
  5. le monde du théâtre à cette époque cela doit être très intéressant!

    Réponse

à vous....

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