« Comment tu parles de ton père » Joann SFAR – Rentrée Littéraire 2016 #5.

sfarJoann Sfar, dessinateur, écrivain, réalisateur, publie donc en cette Rentrée un roman autobiographique sur sa relation au père. La question du père m’intéresse, j’avais même commencé une thèse de lettres sur cette thématique. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle j’ai eu envie de lire ce roman. J’ai des lacunes en Joann Sfar. Oui, je n’ai pas lu Le chat du rabbin, (honte à moi et malgré tout le bien que j’en ai entendu), alors pour me rattraper je me suis dit que ce roman comblerait un peu mon inculture.

Dans un roman un peu décousu (me semble-t-il) Joann Sfar raconte sa relation au père, une relation difficile établie sur la peur et l’écrasant modèle d’un père, grand avocat et homme de conviction. Comment exister face à une telle stature surtout quand on perd sa mère à l’âge de 4 ans et que cette mort, inexpliquée, est cachée ?

Tout commence par un trouble soudain de la vue après la mort de son père et l’envol de sa fiancée. Un trouble qui entraine l’auteur à se pencher sur son enfance, sa vocation de dessinateur, sa famille juive et bien sûr son père.

Je me rends compte qu’il m’est très difficile de parler de ce roman car j’ai eu l’impression d’entrer dans un monde dont il me manquait les règles, le plan. Et la forme en fragments ne m’a pas franchement aidée. Si bien que je suis toujours restée un peu en retrait. Un certain ennui s’est installé alors même que je pensais lire rapidement ce roman d’une centaine de pages.

J’ai aimé pourtant certains passages : son enfance, ses interrogations autour de son père et de sa mère, cette sensibilité que l’on sent ou encore comment est née sa vocation de dessinateur, et, dans les dernières pages, cette nécessité de se souvenir des êtres dans leur jeunesse pour chasser les images de l’agonie. Il y a dans ses pages, malgré l’aspect sombre du sujet, aucun pathos superflu. Mais je crois que j’ai été décontenancée par cette forme fragmentaire, par cette  j’ai trouvé désordonnée d’évoquer les souvenirs et cette impression d’écriture au fil de la plume. Là où Benchetrit parvenait, dans une écriture hachée, à rendre hommage à la femme de sa vie dans Une vie avec ma femme, ici Joann Sfar m’a égarée dans sa reconquête du père.

Pourtant je ne veux pas l’en blâmer, car je sens bien que quelque chose m’a échappé dans ce roman. Peut-être aurait-il fallu que je connaisse son œuvre, que j’aie lu quelques unes de ses BD avant de me lancer dans cette lecture.

Ce fut donc un rendez-vous raté, mais quelque chose a quand même eu lieu qui fait que je n’en ai pas fini avec Joann Sfar.

Lu dans le cadre du Challenge  1% Rentrée Littéraire.

logo-challenge-1-rentree-litteraire-2016

Merci aux Editions Albin Michel.

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4 Commentaires

  1. Je l’ai lu et apprécié. Ses rapports à son père ne sont, pour moi, qu’une prétexte pour parler de la vie

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  2. Laure Micmelo

     /  octobre 2, 2016

    S’il manque des règles, c’est peut être parce que le livre n’est pas assez bien construit aussi … Bon, je vais m’éviter un rendez-vous raté alors.

    Répondre
  3. Ma maman vient de le lire et à beaucoup aimé, j’ai très envie de voir ce que je vais en penser.

    Répondre
  4. J’avais lu son roman « L’éternel » et je n’avais pas du tout accroché. Justement pour ce manque de repères dans ma lecture. Devant ce dernier et les nombreux avis positifs, j’ai hésité mais je vois que j’ai bien fait de rester sur ma position initiale : en BD oui, en roman non 🙂

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