« Journée exceptionnelle du déclin de Samuel Cramer » Agnès MICHAUX – Rentrée Littéraire 2016 #3

Michaux agnés Samuel CramerJe connaissais Agnès Michaux quand elle était chroniqueuse à la télé, il y a maintenant plusieurs années, autour des années 90, je crois. Je  n’avais jamais eu encore l’occasion de la lire, voilà qui est fait avec son dernier roman à paraître chez Belfond au 1er septembre : Journée exceptionnelle du déclin de Samuel Cramer.

Le roman m’a été envoyé d’office, mais en découvrant la 4ème de couverture, je me suis dit que l’attachée de presse connaissait bien mes goûts, puisqu’il devait être question d’un personnage écrivain, et d’autres écrivains tel Baudelaire, Rimbaud, Duras ou encore Houellecbecq. J’ai donc entamé ce roman cette après-midi dans ma célèbre chaise longue, espérant quelques souffles d’air dans cette journée encore caniculaire. Et je suis parvenue à le finir.

Un matin, Samuel Cramer, écrivain et grand voyageur en manque de reconnaissance littéraire, est quitté par Dawn, après plusieurs années d’amour inconditionnel. La journée commence mal et va aller de Charybde en Scylla. La journée se déroule et s’intercalent des souvenirs de Dawn, de lieux où ils ont été et des considérations sur lui, sa souffrance, son amour pour Rimbaud. Au bout de la journée se profile une soirée de remise de prix qu’il sait qu’il ne sera pas pour lui. Encore cuite à la vodka, promenade, rencontre avec son éditeur, cette journée de déclin est morne traversée çà et là par de brillantes phrases, pour plagier Baudelaire, puisque Baudelaire il y a, (Moi aussi j’ai des lettres) mais insuffisantes pour sortir ce roman de l’ennui.

Durant toute ma lecture j’ai pensé au roman de Pia Petersen, Un écrivain, un vrai dont le personnage, comme celui d’Agnès Michaux va subir aussi un déclin fatal. Mais là où Pia Petersen construit une réelle réflexion sur la valeur de la littérature, construit un personnage, Agnès Michaux survole le sujet et crée un personnage pathétique, à la limite de la pleurnicherie – ce qui m’insupporte – alors qu’il dit refuser le pessimisme, tombe dans une vulgarité facile et sans intérêt comme en témoigne les premières pages.

Le problème de ce roman est qu’on ne perçoit pas où il veut en venir : portrait d’un écrivain raté qui préfère être Melville que Pancol (réponse qu’il donne à son éditeur) ? roman sur l’amour enfui ? réflexion sur la littérature d’aujourd’hui ? satire du monde de l’édition ? On ne sait pas vraiment, car tout est ébauché sans être totalement abouti.

Mêlez à tout cela un soupçon de pédanterie et de « tartinage » de culture littéraire et vous serez servis : le portrait de Baudelaire en couverture qui dissimule le visage du poète (avis aux connaisseurs qui l’auront reconnu) ; le nom du personnage qui renvoie au personnage de Baudelaire dans La Fanfarlo mais référence qui ne vous ait pas donnée, pauvres lecteurs incultes. Les initiés reconnaîtront les références à Baudelaire dans la prose, tant pis pour les autres.

 Seules les 176 pages m’ont permis d’en venir à bout, mais à plusieurs reprises j’ai failli jeter l’éponge ne me sentant pas concerner par cette histoire qui pourtant avait tout pour me plaire.

Première, et je l’espère dernière, déception de cette Rentrée Littéraire 2016.

Lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire 2016.

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