« Traces » Florence HINCKEL

hinckel tracesFlorence Hinckel est une auteure jeunesse, ou plutôt une auteure, tout court. Je suis ses romans avec intérêt car elle a la faculté de se saisir des éléments de la réalité pour construire des intrigues futuristes, mais dans un futur qui n’est peut-être pas si éloigné de notre présent. Que ce soit Théa pour l’éternité ou le très bon #Bleue, ou encore le très récent U4 Yannis, Florence Hinckel pousse les ado lecteurs à réfléchir sur leur quotidien, leur réalité et leurs pratiques des nouvelles technologies.

Dans Traces, elle s’inspire d’une idée qui avait traversé l’esprit d’un ancien président et qui, à l’époque, avait fait polémique : détecter les futurs criminels dès la crèche ou presque. Grâce à la mise au point d’un logiciel, le Traces, les autorités sont, dans le roman, désormais capables d’identifier non seulement le criminel à venir, mais connaître le lieu, la date et jusqu’à l’heure à laquelle va être commis le meurtre.

A Marseille, en plein mois d’août, Thomas, treize ans, écrit des fanfictions avec un copain. Si ce dernier est chargé de l’écriture, Thomas, lui, fait des recherches sur des armes sur internet et des repérages dans Marseille. Il est un ado de base : enfant de parents divorcés, pas brillant en classe, a fait quelques petites bêtises sans conséquences. Aussi quand la police frappe à sa porte pour l’arrêter de façon préventive, il ne comprend pas et prend le parti de fuir.

Parallèlement, l’inspectrice Olympe Sax, chargée de retrouver le fuyard, est plus que dubitative. Il faut dire qu’elle a un rapport très problématique avec toutes les nouvelles technologies et qu’elle a aussi mieux à faire : coincer le mafieux Salierini.

Sur 120 pages, Florence Hinckel nous entraîne dans la cavale de Thomas. Dans ces villes ultra-sécurisées, parsemées de télésurveillance, comment éviter d’être repéré ? Où fuir ? L’intrigue se déroule sur 24h, digne de la série américaine éponyme. Heure par heure, l’étau se resserre autour de Thomas.

Mais, comme toujours avec Florence Hinckel, l’intrigue n’est pas tout. Un chapitre sur trois, elle insère des articles de presse fictifs concernant ce fameux logiciel Traces, procédé permettant un effet de réel saisissant. Car finalement, et d’autant plus ces jours-ci où le sujet est brûlant, l’auteure met à jour dans ce court roman une problématique intéressante : peut-on réellement faire arrêter des gens qui n’ont pas encore commis de crime mais qui seraient susceptibles d’en commettre ? Des algorithmes peuvent-ils saisir une personnalité et des intentions à venir ? L’humain serait-il alors prédestiné sans espoir d’amélioration et sans libre-arbitre ?

Alors que Thomas sait pertinemment qu’il ne va pas commettre de crime, qu’il n’en a aucune intention et aucune volonté, le résultat de Traces finit par le faire douter. Et si prédire poussait à agir ?

Un roman intelligent qui fait réfléchir et qui montre, une fois de plus, la qualité des ouvrages de Florence Hinckel.

Merci aux Editions Syros. (Collection Mini Syros +, dès 10 ans)

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