« Treize » Aurore BEGUE.

treizeChallenge Dames de Lettres Treize est un premier roman d’Aurore Bègue, un premier roman qui n’a rien d’un premier roman, tant tout semble maîtrisé : l’intrigue, les personnages, le style.

Alice a treize ans. Comme tous les étés, elle part avec sa sœur Marie, 16 ans, son père et sa mère dans leur maison au bord de la Méditerranée. Mais cet été sera différent. Un collègue et ami de son père décide de partir avec eux, et loue une maison dans la même station balnéaire. Paul est un homme charismatique, charmeur et Alice, une jeune fille qui évolue, qui sent que cet été, elle a grandi, que des choses nouvelles se passent en elle.

Si l’été est toujours plein de promesses : chaleur, baignades, douceur de vivre, insouciance, amour  ; l’été est aussi souvent une période où certains drames se nouent. La littérature comme le cinéma l’ont souvent montré, que ce soit Le Locataire de l’été de Charles Simmons ou le film L’été 42. L’été éveille les sens, montre les corps et révèle la sensualité. Alice va le découvrir, en observant ses parents, mais surtout sa sœur Marie. Plus âgée qu’elle, plus jolie, elle attire le regard masculin, a plusieurs amis et un amoureux. Alice à la fois admiratrice et jalouse, est plus solitaire. Souvent à cet âge, on est encore considéré comme une enfant même si le corps change, sort, lui, de l’état d’enfance pour passer à celui de femme.

Aurore Bègue choisit un récit rétrospectif. Alice, devenue adulte, raconte l’été de ses treize ans, un été qui a bouleversé sa vie à jamais. Dans un prologue, elle suggère le drame à venir et tout le roman raconte comment le drame arrive. C’est le récit d’un été brûlant, un été tendu, où petit à petit les fils se nouent, que l’on voit se nouer et qui nous amène irréductiblement vers un dénouement que l’on sait, d’entrée, terrible.

L’écriture est toujours juste, sensible. Elle mime parfaitement cette tension montante, elle suggère, annonce par petites touches. La voix d’Alice est double. A la fois elle nous plonge dans les pensées de ses treize ans, et analyse les faits et ce qu’elle était avec les yeux de l’adulte, de la femme devenue.

Aurore Bègue retranscrit avec beaucoup de justesse cette sortie de l’enfance, cet éveil à la sensualité et à la sexualité que l’été exacerbe. Treize n’est pas un roman d’été, ni de plage, c’est un roman sur ces étés où toutes les promesses sont déçues et qui changent à jamais votre vie. C’est aussi un roman sur la famille, sur les différentes entités qui doivent cohabiter : entre une mère dépressive, un père qui tente de palier et une sœur qui a d’autres préoccupations que sa petite sœur, Alice se trouve isolée, dans un rôle dont elle sent qu’il ne lui correspond plus.

Lu dans le cadre du Challenge Dames de Lettres Saison 2

dames de lettres

Merci aux Editions Fromentin.

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3 Commentaires

  1. Un roman qui doit être très sensible et touchant…

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  2. Il m’attend sur ma PAL !

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  3. Un beau coup de coeur pour moi, lu la semaine dernière! Bel été à toi, George!!!

    Répondre

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