« Mariages de saison » Jean-Philippe BLONDEL

Blondel mariagesCorentin est vidéaste de mariage durant les beaux jours de printemps et d’été. Il aide son oncle, Yvan, en attendant de trouver mieux. Corentin, au temps du lycée, avait déjà tenu une caméra et avait le projet de filmer des portraits de ses camarades, mais ce projet n’a jamais vu le jour. Le roman court du 8 juin au 10 novembre 2013 : six mois durant lesquels, le jeune homme va murir et donner un sens à sa vie.

Dans ce nouveau roman, Jean-Philippe Blondel opte pour une narration mixte : le récit de plusieurs journées de mariage alternant, vers le milieu du roman, avec des confessions de différents personnages repérables par l’italique.

A travers le regard distancié de Corentin, le lecteur suit les préparatifs des mariages, qui, sempiternellement reviennent de façon immuable : la maquillage et la coiffure de la mariée ; la sortie de l’église ou de la mairie, la soirée. Corentin filme, il a l’œil, il parvient à saisir les moments clefs. Le montage final aura soin d’effacer les aléas d’un mariage un peu raté, les coups de colère, les hommes un peu trop saoules. Etrange d’assister à des mariages alors même que sa vie amoureuse est un naufrage.

Mariages de saison est donc le septième roman de Blondel que je lis. J’ai retrouvé la petit musique que j’aime dans ses romans, pourtant il m’a manqué quelque chose même si j’aime le regard jamais complaisant qu’il pose sur ses personnages. Le problème vient peut-être des récits successifs des mariages. Ceux-ci m’ont plus ou moins intéressée et m’ont paru même un peu caricaturaux. On peut y lire certes un certain regard satirique sur cette institution, mais cette satire s’appuie à mon sens trop sur le cliché et j’ai trouvé cela dommage.

Les confessions (écrites en italique) m’ont au contraire plus intéressée parce qu’elles permettent de mieux cerner Corentin. Celle de son ami Alexandre ou celle de sa mère, sont plus proches du Blondel que j’aime. Car à travers elle, Blondel reprend ses thèmes de prédilection : comment l’autre nous perçoit ? et surtout comment sortir de l’adolescence pour devenir adulte ? Et c’est bien là le problème de Corentin. En cela le mariage peut être vu comme un rite de passage obligé, mais Corentin en connaît trop les travers pour être tenté, il lui faut donc trouver un autre rite qui lui soit propre pour passer de son rôle d’observateur à celui d’acteur de sa vie.

Sans être véritablement une déception, car on n’est jamais vraiment déçu par un roman de Blondel, Mariages de saison n’a pas su m’emporter totalement.

Roman lu dans le cadre du Plan Orsec 2016 (3/3 avril)

photo libre plan orsec (2)

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4 Commentaires

  1. Toujours pas lu Blondel mais je ne lirai pas celui-ci, pas tentée du tout

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  2. Je ne suis pas super attirée et ton avis me conforte dans mon ldée de départ. Bonne journée ! 🙂

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  3. Je partage assez ton point de vue.

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  4. C’est peut-être le seul titre de l’auteur que je n’ai pas envie de lire, du coup ton billet me conforte dans cette non-envie.

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