« Pétronille » Amélie NOTHOMB (Rentrée Littéraire 2014 #7)

Nothomb pétronilleAmélie Nothomb et moi, c’est une histoire d’attirance et de répulsion. Attirance, parce que, c’est bête, mais le prénom Amélie me fait toujours penser à une poupée que j’adorais quand j’étais enfant et à qui j’avais donné ce prénom qui était aussi celui d’une amie d’école. Répulsion parce qu’après deux romans lus pendant mes études (Les combustibles et Hygiène de l’assassin) j’avais tiré un trait que je croyais définitif. Récemment, en févier dernier, j’ai finalement retenté le coup avec la sortie en poche de Barbe-bleue. La réécriture du conte de Perrault était assez tentante, et cette lecture fut plus agréable que les précédentes. Un peu réconciliés donc, j’ai accepté de recevoir et de lire Pétronille. Les avis lus ici et là indiquaient qu’il s’agissait d’un bon cru, tant mieux, j’allais peut-être enfin être totalement réconciliée, je ne suis pas rancunière (enfin pas avec les auteurs). J’ai donc ouvert ce roman en repoussant tous mes méchants a priori et Dieu sait comme ils peuvent être tenaces chez moi, allant parfois jusqu’à la mauvaise foi. J’étais donc plutôt bien disposée, d’autant qu’on me promettait des allusions à des librairies et au métier d’écrivain.

Amélie Nothomb, narratrice et personnage, aime le champagne et en fait ici le fil rouge de son histoire. A la recherche d’un ou d’une compagne de beuverie champagnisée, elle rencontre Pétronille lors d’une dédicace. Personnage énigmatique, androgyne, avec un côté mauvais garçon, Pétronille, qui par la suite, publie plusieurs romans (il s’agit en fait de Stéphanie Hochet), devient l’amie parfaite puisque grande amatrice de champagne également. Le lecteur suit donc, au fil des pages, les soirées au champagne des deux auteures placées souvent dans des situations que l’on peut définir de cocasses. Amélie Nothomb fait défiler les grands crus et décrit assez justement la montée de l’ivresse et le goût de ces différents crus. Je suis également une grande amatrice de champagne, et serait capable aussi de fêter le moindre petit fait par une coupette, plusieurs amies peuvent en témoigner, sans parler de ma famille.

Roman sur le champagne donc, sur l’amitié aussi, puisque cette Pétronille va, par ses comportements excessifs de mauvais garçon, provoquer quelques situations épiques : la dégustation de champagne au Ritz, par exemple, où Pétronille, fille de communiste, insulte la bourgeoise. Face à l’exubérance de son amie, Amélie se tient, sait calmer le jeu tout en se grisant de ces situations.

Roman aussi sur, comme on me le promettait le métier d’écrivain et les librairies. Enfin, plus ou moins. Car les librairies sont juste citées, et si ces citations peuvent les faire découvrir, tant mieux, d’autant qu’Amélie nous donne même les adresses, il ne manque plus que les heures d’ouverture. Mais, pour ma part, je suis restée sur ma fin, même s’il est toujours important de faire de la pub aux librairies. Et finalement, la façon dont Amélie évoque ces librairies résume assez tout le reste. Les choses, les évènements sans racontés platement et le récit de cette amitié champagnisée sont autant de saynètes : Amélie en dédicace ; Amélie au Ritz ; Amélie à Londres ; Amélie au ski ; Amélie chez les communistes ; Amélie dans le RER ; Amélie dans un pub enfumé etc.

J’ai, je l’avoue et le reconnais sans difficultés, une préférence pour les écritures denses, même si une écriture plus simple comme celle de Duras ou même d’Annie Ernaux, sait aussi me séduire. Le style d’Amélie Nothomb pourtant ne me convainc et ne me convient pas. J’en veux plus, si ce n’est dans les détails, au moins des transitions moins brutales, un peu plus d’épaisseur et les références mythologiques ou les mots rares ne sont, pour moi, que des cache-misère. Indéniablement, Nothomb a un univers bien à elle, et une culture évidente. Elle est son propre personnage et sans doute le principal intérêt de ses romans, du moins pour moi. Car finalement tout tourne autour d’elle et le « je » incessant finit par me lasser, comme ces mises en scène d’elle-même tout au long du roman, détaillant ses tenues comme pour entretenir son propre mythe.

Ce roman me laisse donc perplexe car me plonge dans une incompréhension, incompréhension face aux avis dont je parlais plus haut et face auxquels je ne peux adhérer et dans lesquels je ne me reconnais pas. J’ai beau faire, les arguments, les remarques des uns et des autres tombent à plat pour moi : je ne suis pas d’accord ou alors je suis passée à côté, c’est, après tout, possible aussi. Mais la fin en queue de poisson, avec une mise en abyme qui surgit comme un cheveu sur la soupe, finit de me décevoir.

Sans rancune, Amélie !

Roman lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire 2014.

challenge 1% 2014

Merci aux Editions Albin Michel.

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54 Commentaires

  1. Je n’en ai lu que peu d’elle. J’avais bien aimé « stupeur et tremblement » (je pense que si on doit n’en lire qu’un d’elle c’est celui-ci) et « hygiène de l’assassin », un peu moins déjà « Cosmétique de l’ennemi », pas du tout aimé « acide sulfurique »et « antécrista » que je trouvais bâclés et avec toujours les mêmes thèmes abordés, et du coup j’en suis restée là. Je n’ai rien contre elle, le personnage me fait rire et me touche, mais personnellement je préfère largement les gros pavés, les livres univers ou tout est approfondi et décortiqué. Je pense tout de même que c’est une personne dotée d’une grande intelligence qui doit être à l’origine de ce décalage et non une astuce markéting.

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    • Je ne conteste pas du tout qu’elle ait une grande intelligence et ait beaucoup de culture, et justement je crois que j’en attends plus quand je lis ses romans et c’est sans doute pour cela que je suis déçue.

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  2. J’ai fini par abandonner, très rapidement, cet auteur

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  3. Amélie Nothomb il y a du bon et du moins bon. Je n’en ai pas lu depuis un moment mais je ne suis pas sur de lire celui là au vu des avis moyen.

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  4. La fin m’a paru étrange, mais globalement le roman m’a amusé. Je me contente parfois de peu tu me diras.
    Mais je ressens ce décalage avec les autres lecteurs sur certains romans aussi, comme le dernier Delacourt, qui est vraiment pas fameux à mes yeux, alors que d’autres crient au génie.

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  5. Amélie Nothomb c’est un peu ou on aime ou on déteste… Même si pour ma part je ne la lis pratiquement plus, j’ai beaucoup de sympathie pour le personnage et pour la femme… Elle est loufoque, complètement décalé et doit être une amie vraiment agréable… Et en plus elle ne se prend pas au sérieux (même si elle ne parle que d’elle ;0) Je ne me sens pas trop attirée par celui ci, par contre j’attends avec impatience la sortie poche de celui de l’année dernière ou elle retourne au Japon pour y retrouver ses souvenirs. Bises

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  6. Cela fait bien longtemps que je ne lis plus Amélie Nothomb et je n’avais pas l’intention de lire celui-ci non plus malgré les bonnes critiques ! En te lisant, je me dis que j’ai bien raison de persister dans mon refus !!!

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  7. La fin en queue de poisson, c’est la grande spécialité de Nothomb… dès que la page 100 est dépassée, on sent comme une envie chez elle de tout stopper rapidement, engendrant une fin qui laisse perplexe. Très fan pendant longtemps, j’avais plus ou moins déserté ses livres depuis « Antéchrista »… je suis revenue cette année pour « Pétronille » et malgré mon attachement pour Amélie, bah je retrouve tous ses travers… elle est loin l’auteure d' »Hygiène de l’assassin ».

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