« Aurélien Malte » Jean-François CHABAS

Chabas Aurélien MalteAurélien Malte, environ trente ans, est en prison depuis treize ans pour homicide. Ce roman épistolaire pour adolescent s’ouvre le 21 janvier 2001. Pendant cette dernière année d’emprisonnement, il va écrire dans un cahier des lettres à sa visiteuse de prison, Anne, des lettres qu’elle ne lit pas. Aurélien y raconte sa vie en prison, son passé, sa décadence et les circonstances du meurtre qu’il a commis. Mais surtout, ces lettres lui permettent d’entretenir une conversation quasi quotidienne avec Anne, cette femme douce et patiente à laquelle il s’attache de plus en plus.

Ce roman destiné à des adolescents à partir de 13/14 ans a de nombreux intérêts. Le premier est qu’il s’agit d’un roman épistolaire, genre romanesque que les jeunes connaissent assez mal.

Ce que j’ai trouvé aussi très intéressant est de prendre un homme d’une trentaine d’année comme personnage principal pour un roman ado. L’homme qui écrit a trente ans, mais il revient sur son enfance puis son adolescence. Après une enfance heureuse auprès de son grand-père, une vie en plein air, en montagne, sa vie bascule après la mort de son grand-père.

On suit alors sa déchéance : les violences familiales, la colère… Jean-François Chabas décrit parfaitement comment à cet âge fragile, un adolescent peut basculer dans la violence et être amené à commettre l’irréparable. Sans excuser le meurtre commis par Aurélien, l’auteur, à travers les lettres d’Aurélien, décrit un destin qui se perd dans la violence, et égrène les circonstances atténuantes.

Mais ce roman montre aussi l’univers carcéral et comment Aurélien, durant toutes ces années d’emprisonnement, et notamment la dernière année, grâce à Anne, va petit à petit retrouver en lui les traces de son enfance auprès de son grand-père, comment il va renaître. L’écriture bien sûr apparaît comme un exutoire. Ce cahier dans lequel il écrit à Anne, est à la fois un journal intime et une correspondance. La présence d’Anne entraîne cette introspection profonde qui fait apparaître un être renaissant. La visiteuse n’est perçue qu’à travers le regard d’Aurélien, elle peut apparaître un peu lointaine et le lecteur n’est pas toujours, comme Aurélien, sûr de ses sentiments.

Un petit bémol cependant, dans la première partie du roman, Aurélien s’intéresse à l’art et à la littérature, mais très vite les références se perdent ou n’apparaissent plus que sporadiquement, c’est un peu dommage.

Malgré ce bémol, ce roman vaut le détour pour tous les points que j’ai tenté d’expliquer ici.

Lecture conseillée en classe de 4e.

Roman lu grâce à la Bibliothèque Municipale :

Marilyn bibliothèque

Advertisements
Poster un commentaire

4 Commentaires

  1. Je ne connaissais pas du tout mais il a l’air en effet très intéressant et plutôt original

    Répondre
    • Il semble connu surtout dans le milieu éducatif des profs de de français en collège, je ne le connaissais pas non plus, il est sur la liste de l’éducation nationale 😉 !

      Répondre
  2. Je connais de nom, mais je ne l’ai jamais lu.

    Répondre

à vous....

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :