« A.B.C contre Poirot » Agatha CHRISTIE

Christie ABCHastings rentre en Angleterre après une longue absence et retrouve son ami Poirot. Celui-ci vient de recevoir un lettre étrange le mettant au défi de résoudre une énigme et lui donnant rendez-vous à Andover le 21 du mois. La lettre est mystérieusement signée A.B.C. Le jour J, une femme, Mme Ascher est retrouvée assassinée dans son magasin, à côté d’elle a été déposé  un guide des horaires de train, communément appelé :  A.B.C. C’est le début d’une série de meurtres et d’une intrigue pour le moins mystérieuse.

Dans ce roman, raconté en grande partie par Hastings, Hercule Poirot se trouve confronté à ce que l’on appellerait aujourd’hui un serial killer. Le meurtrier, par le biais des lettres, informe toujours au préalable Poirot de la date et du lieu d’un crime, mais malgré cela, et malgré une mobilisation de la police anglaise, le meurtrier semble insaisissable : des modes opérationnels différents, aucun indice, de potentiels suspects sitôt innocentés…

Parallèlement, le récit d’Hastings est parfois interrompu par un second récit mettant en scène un dénommé Alexander Bonaparte Cust, au comportement étrange et qui semble dans une situation financière assez difficile.

Dans ce roman Hercule Poirot va avoir bien du mal à résoudre l’énigme et surtout à stopper les meurtres. Pris sans cesse en défaut, le célèbre détective semble avoir trouvé plus fort que lui et le corbeau assassin n’hésite pas à se moquer de notre Hercule en le surnommant Monsieur-je-sais-tout. Inutile de vous dire que si Hercule est perdu, le lecteur l’est encore plus et on ne cesse de se demander comment tout cela va finir et vers quelle résolution Agatha Christie nous amène.

Ce douzième roman, paru en 1936, montre une fois de plus l’imagination criminelle d’Agatha Christie qui fut la première à créer un personnage de Serial killer dans la littérature policière. Au début du roman, Hastings et Poirot ont une conversation portant sur les romans policiers et on ne peut s’empêcher d’y lire les propres réflexions de l’auteur sur son art : Poirot reproche à Hastings de trop aimer les mélodrames et lui dit : Ce n’est pas un meurtre qu’il vous faut, c’est le diable et son train ! (p.21). Mais Hastings se défend en répondant : J’avoue que dans un roman, un second crime vient souvent à propos pour remettre un peu d’ambiance. Si le meurtre a lieu au premier chapitre et que vous deviez subir les alibis des uns et des autres jusqu’à l’avant-dernière page, ça finit par être lassant (p.21), c’est pourtant ce qui se passe souvent dans les romans d’Agatha Christie. Pointe ironique donc de l’auteure sur son œuvre, qui a quelque chose de réjouissant et qui montre son regard critique et distancié sur ses romans.

A.B.C contre Poirot est pour moi un roman un peu à part, par rapport aux romans lus jusqu’ici, on y voit un Hercule Poirot décontenancé par son adversaire, un peu comme Sherlock Holmes peut l’être par Moriarty, il semble que Poirot ait trouvé plus fort que lui, mais Agatha Christie, grâce à des interventions extérieures, mettra enfin son détective sur la piste du criminel.

Un roman donc passionnant et différent que j’ai eu la chance de lire dans une édition du Masque, fac simile de la première édition française datant de 1938.

Roman lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie, du Challenge Polars et Thrillers sans oublier le Plan Orsec 2014.

challenge Agatha Christiechallenge thrillers et polars 2013PAL Orsec 2014

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18 Commentaires

  1. Il faut absolument que je me rachète des Agathe Christie, tes billets me donnent à chaque fois très envie d’en lire !

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  2. Il dort sur ma PAL avec d’autres romans d’Agatha Christie mais comme je suis fan d’Hercule Poirot, je ne devrais pas tarder à le lire

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  3. Je me rappelle de cet épisode ! Dès que je mets à jour mes lectures, je reprends les Poirot !

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  4. Flo

     /  avril 1, 2014

    C’est le tout premier Agatha Christie que j’ai lu, c’était donc un plaisir (une fois de plus) de lire ta chronique.

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  5. Je l’aime bien celui-là, il est particulièrement retors !

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  6. Je le lis en VO, mais avec les SP, je n’avance guère en ce moment sur les autres lectures.

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  7. chaplum2

     /  avril 3, 2014

    Je garde un bon souvenir de ce roman là, il m’avait marqué (bon ok j’adore tous les Agatha Christie 😉 )

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  8. J’ai lu beaucoup de ses romans durant mon adolescence. Il faut que je m’y remette. Celui qui m’a le plus marqué est « Dix petits nègres » et j’avais aussi beaucoup aimé celui-ci.

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    • Etrangement je n’ai pas encore lu les plus connus, mais c’est une constante chez moi je commence toujours par lire les romans les moins connus des auteurs, aussi pour Balzac, j’ai commencé par « Beatrix », c’est mon côté rebelle 😉 !

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à vous....

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