« Une collection de trésors minuscules » Caroline VERMALLE

vermalle trésor couvFrédéric Solis, avocat brillant, bel homme, passionné par la peinture impressionniste, se voit désigné comme l’héritier d’un certain Fabrice Nile, qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam. Espérant remporter une somme conséquente qui lui permettrait d’éponger ses dettes contractées après son dernier achat : un Sisley, il repart de chez le notaire avec des billets train, deux entrées pour l’un le jardin de Giverny et l’autre pour le Musée d’Orsay, ou encore un ticket pour une ballade en bateau, tout cela précisément daté.

Caroline VermaMonet la pielle nous emmène à la suite de Frédéric, mais aussi de Pétronille, son assistante bientôt congédiée et experte en choux à la crème. Dans un Paris sous la neige, elle distille les indices au compte goutte, nous fait redécouvrir les tableaux impressionnistes de Sisley ou de Monet, en privilégiant les paysages enneigés :

sisley neige

Ce roman de Caroline Vermalle c’est avant tout une ambiance, de neige et d’enfance. Une quête qui avance au fil des trésors laissés par ce mystérieux Fabrice Nile, c’est aussi, comme toute quête, un parcours initiatique mené, malgré lui, par Frédéric qui va, au fur et à mesure de sa quête, se dépouiller du superflu et du clinquant de sa vie, pour revenir à l’essentiel.

Sur son chemin, il va croiser, comme dans toute quête des êtres qui vont l’aider : Pétronille et sa sœur (deux personnages que j’ai beaucoup aimés) ou encore Jamel, personnage énigmatique et fabuleux qui est le lien essentiel entre le présent et le passé de Frédéric ; d’autres qui vont tenter de le maintenir dans sa vie présente : le très désagréable M. Witherspoon au nom évocateur !

Inexorablement, cette quête entraîne Frédéric vers ses souvenirs, et notamment vers un certain Noël où toute sa vie a basculé. Parce que pour être soi, il faut faire la paix avec son passé, Frédéric sera, malgré ses réticences, malgré la peur de la découverte, poussé à poursuivre sa chasse au trésor et finalement apprendra que le plus important n’est pas le trésor, mais la chasse elle-même.

Les romans de Caroline Vermalle ont souvent évoqué la vieillesse (L’ile des beaux lendemains), là encore elle a su peindre des êtres fatigués par le temps mais en qui demeurent toujours une petite étincelle, reste de ce qu’ils furent et de ce qu’ils ont vécu. Dans ce roman-ci, l’enfance vient se mêler. Pétronille et sa sœur, par ce lien précieux qui les unit, ont en encore le pétillant, Frédéric, par le drame qu’il a vécu à 7 ans, par l’incompréhension et le silence qui ont entouré ce drame, a fermé les yeux sur son enfance, préférant se recréer en faisant table rase du passé, pourtant la perspective d’une chasse au trésor semble réveiller en lui ses souvenirs enfouis.

On pourrait reprocher un tendance aux bons sentiments, mais jamais Caroline Vermalle ne tombe dans la guimauve, au contraire elle montre l’importance des liens : familiaux et amicaux ; elle révèle les bonheurs simples, les plus essentiels : manger des choux à la crème, inventer des jeux pour des enfants, se plonger dans la contemplation d’une œuvre d’art, etc.

La peinture impressionniste, que j’ai évoquée plus haut, n’est pas seulement une toile de fond pour faire bien. Caroline Vermalle nous réapprend à la regarder et c’est ainsi que j’ai découvert ses traces de pas que l’on distingue sur le tableau de Monet, La pie, que je n’avais jamais vraiment remarqués avant, même si cette toile semblait ne plus avoir de secret pour moi. Quel bonheur aussi de pénétrer dans le jardin de Giverny, jardin que je connais bien pour m’y être promenée quelques fois.

Un roman à lire et à découvrir donc, qui m’a fait verser quelques larmes à la fin, je l’avoue, mais nous laisse avec un goût sucré dans la bouche comme si on venait de déguster un chou à la crème de Pétronille.

Merci aux Éditions Belfond et à Caroline Vermalle qui est à l’image de ses romans.

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37 Commentaires

  1. J’ai gagné L’Ile des beaux lendemains l’année dernière, mais je ne l’ai pas encore lu… le sujet de son dernier roman me plait tout autant que celui du précédent. il faut que je me le dégote aussi !

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  2. Anne M

     /  mars 27, 2014

    Encore un élogieux commentaire sur cette « collection de trésors minuscules « .
    Très tentant.
    Bonne journée,
    Anne

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  3. valmleslivres

     /  mars 27, 2014

    Je viens tout de même lire ton billet, pour le plaisir (et parce que les commentaires sous le billet d’Aifelle m’ont permis de dépasser mon agacement dû à la saturation). Je n’irai pas jusqu’à dire que je suis tentée. 😉

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  4. Je l’ai reçu hier. Je ne connaissais pas Caroline Vermalle et je dois avouer que la quatrième de couverture ne m’emballait que moyennement… Mais là, ta chronique me donne envie de découvrir ce roman au plus vite ! 🙂

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  5. Tu as choisi le bon mot, ce roman c’est une ambiance .. et comme toi j’ai apprécié Giverny sous la neige, je m’y suis imaginée en compagnie des personnages, auxquels on s’attache. Les dernières pages accélèrent le tempo et j’attendais avec impatience la conclusion de cette quête.

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  6. Je n’ai lu que son premier roman, j’avais bien aimé mais pas assez pour me donner envie de découvrir le suivant. Celui ci me tente plus par contre !

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  7. Comme je le disais à Aifelle je commencerais d’abord par L’île des beaux lendemains, qui vient de sortir en poche. Je n’ai lu aucun de ses romans et ça me tente bien…

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  8. J’avais lu son précédent roman grâce à toi (livre voyageur) celui-ci me tente beaucoup!

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  9. Ce roman est très tentant. Il propose une ambiance qui me plait. Donc, à noter. Surtout que cela me permettrait de découvrir les auteurs français édités chez Belfond (une maison d’édition que j’aime beaucoup mais que je ne connais finalement que par ses auteurs étrangers).
    Merci pour ce joli avis, bien illustrée par ces peintures.

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  10. Je ne connais pas cette auteure, il faudrait que je regarde si ses romans sont à la mediatheque car tu semble beaucoup les apprécier, tu attises donc ma curiosité

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  11. Tu m’as donné encore une fois envie de lire celui-ci !!! Vers quoi le mènera sa quête ?
    Les impressionnistes, Giverny et l’ambiance de cet écrit que tu nous dévoiles ici, tout me fait écrire ce titre dans ma liste !!!

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  12. Petra Schröter

     /  mars 28, 2014

    Je viens de lire ce livre en allemand, étant Allemande. Je l’adore. J’aime la peinture impressionniste, le sujet, le style du livre et puis, l’ambiance que le livre dégage me fascine. Quand j’ai cherché le titre de l’original, je ne l’ai pas trouvé. Et voilà, je suis tombé sur ce site et maintenant je réfléchis de le commander en francais. .
    J’ai lu aussi les autres deux ouvrages, en allemand. Et ils me plaisent aussi.
    Enfin, le titre allemand traduit en francais, c’est: Et si c’est la chance de ta vie »
    Je reviens vontiers sur ton blog.

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  13. Je vais le commencer demain. Je n’ai lu que ta conclusion car je ne veux rien savoir. Mais les tableaux impressionnistes que tu as publié m’enchantent d’avance! C’est grâce à toi que j’ai découvert Caroline Vermalle avec L’île des beaux lendemains que tu m’avais fait parvenir en livre voyageur il y a un an. D’ailleurs il est revenu chez toi avec la carte?

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    • Tu as bien fait !
      Oui j’avais tout bien reçu, et j’ai gardé tous les petits mots précieusement, c’était une belle expérience qui nous avait rapprochées !

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  14. Je le vois passer en ce moment. Je le note. L’ambiance qui s’en dégage me séduit.
    Bon dimanche !

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  15. C’est drôle, j’ai passé ma dernière semaine de lecture à Giverny et dans le même style d’ambiance car je viens de terminer Nymphéas noirs de Michel Bussi.
    J’avais déjà noté ce livre et ton avis me conforte dans mon choix. Merci !

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  16. J’aime beaucoup le titre, on dirait presque du Bobin 🙂

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  17. J’aimerais bien la découvrir… car j’aime bien ces ambiances-là…

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  18. Ce livre à l’air super, je pense l’ajouter à ma longue PAL!!!
    http://dustofpastel.blogspot.fr/

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  19. pralineries

     /  avril 26, 2014

    Ce livre ne m’a pas plu. Je me sens un peu seule…

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à vous....

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