« Emmeline » Alfred de MUSSET.

Musset emmelineLa collection Folio 2€ me donne l’occasion de découvrir deux nouvelles d’Alfred de Musset : Emmeline publié en 1837 et Croisilles de 1839. La première fut publiée la même année que Nuit d’octobre, poème faisant partie des Nuits, recueil indéniablement écrit en référence à George Sand. L’année d’avant, il publiait La Confession d’un enfant du siècle, roman sur sa relation avec George Sand. Or en lisant Emmeline, une petite voix me disait que cette héroïne avait quelques points communs avec cette dernière et certaines phrases semblent comme inspirées de leur relation.

Emmeline : L’histoire d’Emmeline débute par cette phrase : Vous vous souvenez sans doute, madame, du mariage de mademoiselle Duval (p.11). Le narrateur et la dame en question nous serons inconnus jusqu’à la fin de la nouvelle. Le lecteur ignore qui se cache derrière le je du narrateur et qui est cette dame à qui il raconte l’histoire d’Emmeline. On imagine un homme et une femme parlant doucement lors d’une soirée, mais on peut croire aussi, par ce procédé, que Musset (je) s’adresse à sa lectrice et cela donne à la confession un charme supplémentaire.

Emmeline est donc une jeune femme vive, passionnée, aimant les courses à cheval, les promenades sous la pluie : Toujours nu-tête, les cheveux en désordre, narguant le vent, le soleil, jamais plus contente que lorsqu’elle rentrait mouillée par la pluie (p.14). Sa rencontre hautement romanesque avec M. de Marsan, la décide à accepter le mariage. Une fois mariée, son tempérament semble se modifier, mais Emmeline est une héroïne romantique dont le cœur n’a pas encore connu les affres de l’amour, jusqu’à sa rencontre avec Gilbert. L’amour qui unit Emmeline et Gilbert vient alors se heurter à l’impossibilité pour Emmeline de tromper son mari. Il faut se séparer et pourtant tout en eux rejette cette solution : Ils recherchaient tous deux mille motifs de prolonger leur souffrance, ou du moins de se voir souffrir (p.73). Comme dans sa relation avec George Sand, Alfred de Musset décrit ici les élans du cœur sans cesse freiner par la raison, ou les codes sociaux.

Écrite en pleine période romantique, cette nouvelle en contient tous les codes : la nature, l’amour impossible, la souffrance du cœur entraînant la maladie du corps, des héros intègres, passionnés, jusqu’à l’évocation de l’Italie. Une lecture qui rend mélancolique, mais une mélancolie douce, car sans doute comme le laisse entendre le narrateur, mieux vaut-il avoir souffert en amour, que de n’avoir jamais aimé, et me reviennent alors en tête les mots que George Sand avait écrits à Alfred de Musset et que celui-ci a ensuite repris dans On ne badine pas avoir l’amour : j’ai souffert souvent, je me suis trompée quelques fois, mais j’ai aimé (12 mai 1834). Emmeline a fait ce choix également : En cherchant dans son coeur elle n’y trouva qu’un jour où elle eût vécu, celui où elle avait senti qu’elle aimait (p.36). Seul l’amour compte, qu’importe qu’il soit malheureux.

Croisilles : Cette nouvelle est très différente d’Emmeline. Autre époque et autre ton. Nous sommes au temps de Louis XV, Croisilles, après avoir bien conclu une affaire, rentre chez son père, orfèvre au Havre. Mais il découvre alors que celui-ci est parti en Amérique après avoir fait faillite. Croisilles est amoureux de Mlle Godeau, fille unique du très riche fermier général qui n’a aucune intension de le laisser épouser sa fille. Sans le sous, les chances d’épouser la belle Julie deviennent encore plus minces. Une nouvelle plaisante, mais qui s’oublie assez vite après l’avoir lue. Le ton est léger, le héros est naïf et M. Godeau sera bien abusé.

La lecture de ses deux nouvelles m’a permis de faire la connaissance d’Alfred de Musset nouvelliste. J’ai été plus touchée et intéressée par Emmeline que par Croisilles malgré la légèreté et l’humour de cette nouvelle. Mais mon âme romantique sera toujours plus sensible aux affres de l’amour.

Nouvelles lues dans le cadre du Challenge XIXème, du Challenge Classique, du Challenge Myself, du Challenge Amoureux saison 4 (cat. Les amours d’Astrée et Céladon) et bien sûr du Challenge Romantique, sans oublier le Plan Orsec 2014.

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12 Commentaires

  1. Je ne suis pas très tentée. Trop de livres m’attendent.

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  2. Les affres de l’amour me tentent toujours !

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  3. J’ai envie de connaître cette Emmeline…Je cours chez mon libraire.
    Après avoir visité Nohant, je me suis découvert une passion pour George SAND.

    Réponse
  4. J’ai pas mal lu Musset, mais je ne connais pas ces textes… lacune à combler !

    Réponse
  5. Je ne connais ni l’une ni l’autre de ces nouvelles, un jour peut-être!

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  6. Tu m’as convaincue 😉

    Réponse
  7. Ma PAL t’informe qu’elle va bientôt recevoir 4 livres d’Alfred d’ici peu, dont « Emmeline » 😀
    On clique plus vite quand ce sont des Folio à 2€ 😉

    Réponse

à vous....

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