Ma Liseuse et moi : 6 mois plus tard.

Ma liseuse koboVal du blog, Val aime les livres, m’a proposé de me joindre à elle, à Noukette, à Saxaoul et à Jérôme, pour revenir l’espace d’un billet sur ma pratique de la liseuse. J’avais fait un long billet comparatif en octobre dernier entre la liseuse Cybook et la Kobo Aura : leurs fonctionnalités, leurs avantages, leurs défauts. Je ne reviendrai donc pas sur ces aspects techniques, mais ai eu envie de faire le point sur la façon dont je m’en sers.

En octobre, j’ai donc eu la chance de me voir offrir deux liseuses : la Cybook Odyssée et la Kobo Aura. J’ai offert la première à mon fils Antoine, 10 ans, car je la trouvais plus adaptée pour lui, et j’ai gardé la Kobo pour moi.

Les premiers temps, lui et moi étions portés par la nouveauté. Nous avons donc chargé plusieurs classiques tombés dans le domaine public, donc gratuits. Antoine a lu Alice au pays des merveilles, quant à moi, j’ai lu Le chat noir d’Edgar Poe.  Les semaines et les mois passant, nous avons, petit à petit, délaissé nos liseuses. J’avoue même que je l’avais presque totalement mise de côté.

Mon expérience de lecture du Chat Noir n’avait pas été désagréable, mais je me suis assez vite rendu compte que je n’avais pas envie de lire de longs textes sur ce support.

Pour moi, lire reste incontestablement lié au livre papier. J’aime retrouver mon livre le soir, retrouver l’image de la couverture, en sortir mon marque-page – qui change à chaque nouveau livre -, voir le nombre de pages qu’il me reste à lire, et le tenir à deux mains. Pour moi, la liseuse reste un objet électronique, un peu froid,  que j’apparente à un téléphone portable ou une tablette tactile, elle est un support et la dématérialisation du livre me gêne énormément.

Pour ceux qui suivent ce blog, vous savez à quel point être entourée – voire submergée – de livres est important pour moi, j’ai besoin de leur présence, de les voir bien alignés sur mes étagères, ou empilés dans mon escalier, j’aime justement leur matérialité, je suis attachée à certaines éditions, je suis attentive aussi parfois – notamment pour les classiques – à l’appareil critique que l’on ne trouve pas dans les e-books. Ce qui me gêne avec les e-books c’est précisément souvent le manque d’informations que l’on a sur l’édition – là encore concernant les classiques -, cela vient sans doute de vieux restes d’étudiante de lettres, mais j’aime savoir à quelle version j’ai affaire. Enfin, et toujours dans cette même idée de dématérialisation du livre, je reviens sur ma quasi incapacité à acheter un e-book. A la limite j’accepte de payer entre 1 et 5€ – et encore -, mais acheter un roman qui vient de paraître ou même une version e-book d’un livre de poche : IMPOSSIBLE ! Je préfère toujours aller acheter le livre, sinon j’ai un peu l’impression d’avoir payé pour du vent.

Alors, me direz-vous, qu’en fais-tu de ta liseuse ?

Grâce à une amie blogueuse, Nathalie pour ne pas la nommer, j’ai découvert que l’on pouvait télécharger des ouvrages sur Gallica, des ouvrages très difficiles à trouver en librairie. Quel bonheur alors de télécharger des livres de George Sand (Constance Verrier, ou la correspondance de George Sand et Musset, par exemple) ou des ouvrages sur George Sand que l’on ne peut consulter qu’en bibliothèque, comme George Sand : mes souvenirs de Henri Amic. J’ai également chargé des ouvrages critiques et bien sûr les classiques. Tout cela pour vous dire, que finalement je me sers de ma liseuse d’un point de vue quasi « professionnel » ou pour avoir accès à des textes auxquels je n’aurais pas accès autrement. Quand je dis « professionnel », je veux dire que je charge des livres qui peuvent me servir pour faire mes cours ou pour m’aider dans des projets d’écriture qui murissent lentement en moi.

En bref, la liseuse reste pour moi un support de lecture qui reste assez éloigné de ce que je considère comme La Lecture. Un peu comme quand on recherche sur internet des documents et qu’on les enregistre sur son disque dur pour éventuellement les potasser plus tard. Je reste trop attachée aux livres, aux librairies et j’ai beaucoup de mal à passer le pas, je ne suis même pas sûre d’avoir envie de passer le pas, et cela même si oui les livres prennent beaucoup de place, sont lourds dans un sac, même ces inconvénients, je les aime.

tolstoï annaLes livres et moi, nous nous côtoyons depuis tellement longtemps ! Le problème entre la liseuse et moi tient résolument dans cette dématérialisation du livre dont je parlais plus haut. La liseuse privilégie le texte comme texte à lire, dans sa plus simple expression, elle est donc faite pour des lecteurs qui lisent quelque soit le support, les lecteurs pour qui seule la lecture prime. Je n’y vois aucun inconvénient. Mais, en ce qui me concerne, l’objet livre, sa couverture, son édition comptent énormément pour moi. J’ai beaucoup de mal à lire un roman dont je trouve la couverture hideuse, par exemple. Longtemps je n’ai pas acheté de romans édités chez 10/18 parce que je trouvais le papier trop épais, la couverture trop rigide et j’ai été ravie quand enfin ils se sont décidés à changer tout cela. De même, si j’achète un classique qui existe en plusieurs éditions poche, je ne prends pas n’importe lequel sous prétexte que le texte est le même, non, je choisis la couverture qui me plait le plus, c’est pourquoi j’ai racheté la version Folio d’Anna Karénine, parce que j’adore le portrait de cette femme brune en couverture. De même, quand un roman a été adapté au cinéma, j’évite d’acheter les éditions poche qui reproduisent l’affiche du film en couverture. J’ai même acheté une vieille édition poche d’Un certain sourire de Françoise Sagan tant j’aimais l’illustration sur la couverture.

sagan un certain sourire

J’aime les livres pour l’objet en lui-même, j’aime les vieux livres, j’ai un côté bibliophile en moi qui m’a fait rechercher des éditions originales de George Sand, par exemple. Avoir en main un livre qui date du vivant d’un auteur est un bonheur indicible pour moi. Ainsi je couve mes éditions Hetzel de l’œuvre de George Sand, les textes qu’elles renferment en deviennent d’autant plus précieux.

Grâce à ce billet – et j’en remercie Valérie – je crois avoir enfin compris pourquoi je ne parviens pas à lire sur ma liseuse, je n’aurais peut-être pas pris le temps d’y réfléchir si profondément sans cette sollicitation.

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45 Commentaires

  1. Ca aurait été intéressant que tu développes le point de vue d’Antoine, qui n’a pas autant d’années de cohabitation que toi avec les livres et qui doit cotoyer bien plus de gadgets électroniques que nous à son âge. Tu sembles dire que lui aussi délaisse la liseuse?

    Répondre
    • J’avais noté quelques unes de ses remarques mais ce qui ressort de ce qu’il m’a dit est qu’il préfère les livres. Cela l’a amusé au début parce que comme tu le dis le côté gadget électronique était tentant, mais il en a finalement vite fait le tour.

      Répondre
  2. chaplum2

     /  mars 13, 2014

    Je préfère aussi les livres. Mais je trouve aussi quelques avantages à la liseuse même si je continue à ne presque pas l’utiliser.

    Répondre

à vous....

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