« Oscar et la dame rose » E.E SCHMITT

schmitt oscarOscar a 10 ans, Oscar a une leucémie et vit à l’hôpital dans le pavillon des enfants malades. Ses traitements n’ont pas donné les résultats espérés, et Oscar va mourir dans douze jours. Pendant ces derniers jours, sur ce chemin vers la mort, une femme, bénévole des hôpitaux, la dame rose, va l’accompagner et lui proposer d’écrire à Dieu. Oscar et la dame rose est donc un roman épistolaire entre un petit garçon et Dieu.

Ce roman est le troisième du Cycle de l’Invisible, série de romans qui met en scène des enfants en rapport avec la spiritualité. E.E Schmitt reprend donc des thèmes qui lui sont chers : réflexions à la fois philosophiques et spirituelles sur la vie, ou plutôt ici, sur la mort. Certes le sujet tel que je vous l’ai exposé est pesant et peut rebuter, on peut même s’étonner que ce roman soit conseillé en classe de collège, mais c’est parce que Schmitt parvient, dans son traitement, à éviter le pathos dans lequel il aurait été bien facile de tomber.

Les lettres d’Oscar à Dieu sont les lettres d’un petit garçon à peu près comme les autres. Il raconte sa vie à l’hôpital, ses rapports avec les autres enfants, mais aussi témoigne d’une conscience et d’une maturité qui en font un petit garçon un peu différent. Il a compris les regards des médecins, les non-dits, en veut à ses parents qui ne le regardent plus et ne lui parlent plus comme avant la maladie… Heureusement la dame rose, qu’il surnomme Mamie Rose est là. Elle est la seule qui reste normale avec lui, qui, dès qu’il la voit, lui sourit, qui lui parle sans mentir, qui le conseille, et s’invente un passé de catcheuse pour le distraire par ses aventures rocambolesques, mais aussi pour illustrer sa façon de concevoir la vie.

Car si la présence de Dieu ou de la spiritualité (car Dieu est parfois confondu avec Jésus, mais ce qui importe est de croire et d’avoir confiance) est présente dans les lettres, elle l’est aussi de façon originale et assez drôle dans les récits de Mamie Rose en catcheuse. Ces récits sont en effet autant de paraboles, telles qu’on en trouve dans la Bible et telles que Jésus les utilisa également. Mais ils servent aussi un ton qui se veut léger dans un roman au sujet douloureux.

La légèreté se perçoit également dans l’écriture d’Oscar, une écriture de petit garçon qui, au départ, n’aime pas écrire, mais qui petit à petit va y prendre plaisir. Il écrit avec ses mots et ses expressions de petit garçon, avec ses gros mots aussi, car Dieu n’est pas perçu comme une personne intouchable, vénérable à l’excès, il s’adresse à lui simplement, honnêtement. Bien sûr, parler ou écrire parce que sinon, comme dit Mamie Rose, tu vas devenir une décharge de vieilles pensées si tu ne parles pas (p.19), c’est aussi une forme de psychanalyse, un autre thème fréquent chez Schmitt.

Le deuxième personnage clef de ce roman est bien évidemment la dame rose. Elle se consacre entièrement à Oscar, le fait réfléchir sur la vie, l’amour, la souffrance, Dieu pour, progressivement, lui faire accepter cette mort prochaine. C’est une maturation lente, parfois difficile, mais, au travers des lettres, on sent qu’Oscar évolue, qu’il devient finalement plus adulte que les adultes car la mort ne lui fait plus peur.

Je n’ai pas une passion débordante pour l’œuvre d’E.E Schmitt, mais je dois avouer que ce court roman m’a heureusement plu, car il parvient, sur un sujet aussi douloureux que la maladie et la mort d’un enfant, à nous faire réfléchir sans que l’on soit submergé par le pathos. Bien sûr, les dernières lettres sont poignantes mais plus parce qu’elles laissent sous-entendre que par ce qu’elles disent réellement. Il y a de la pudeur dans ce roman et celle-ci est souvent bien plus émouvante. Oscar et la dame rose est incontestablement un roman à lire.

Roman lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014 (cat. couleur jeunesse) et Challenge A tous prix (prix Chronos 2004).

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Plan Orsec 2014

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47 Commentaires

  1. J’ai également beaucoup aimé Concerto à la mémoire d’un ange….

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  2. J’ai été très émue par ce roman, tout en pudeur comme tu le dis si bien

    Réponse
  3. chaplum2

     /  mars 3, 2014

    Comme toi, je ne suis pas fan de cet auteur, mais j’avais été très touchée par ce texte.

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  4. C’est un superbe roman.

    Réponse
  5. alexmotamots

     /  mars 4, 2014

    Qu’est-ce que j’ai pleuré en lisant ce livre…..

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  6. J’ai adoré ce petit livre, absolument magnifique !

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  7. J’aime beaucoup la plume d’EE Schmitt, pour son efficacité. c’est un homme de théâtre et cela se sent. Il lui faut peu de mots pour décrire ses idées, et certaines ne sont dites qu’à demi-mot afin de mieux faire écho en nous.
    cela fait un bail que j’ai lu ce titre, il sera à relire.
    Si tu ne l’as pas lu, je te conseille Le sumo qui ne pouvait pas grossir, qui fait parti du cycle de l’invisible, et qui pour moi est un de ses plus beaux textes.

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    • C’est vrai ce que tu dis du style de Schmitt, même si je trouve que parfois il tend à la facilité et à une vulgarisation un peu démagogique, quoiqu’il en soit ce roman-ci m’a beaucoup plus et je suivrai ton conseil pour le Sumo !

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  8. On me l’a beaucoup conseillé ! Mais je ne l’ai toujours pas lu !

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  9. J’adore ce roman et j’aime beaucoup Schmitt.
    Bonne journée

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  10. Ravie que ce roman te plaise, l’as tu proposé aux élèves finalement ?

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à vous....

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