« Bonne à (re)marier » Sylvie OHAYON (Rentrée Littéraire Janvier 2014).

ohayonBonne à (re)marier raconte l’histoire d’une femme d’une quarantaine d’années, mariée, deux enfants, ayant un poste important dans une agence de communication, une vie toute bien rangée, jusqu’au moment où, à l’ouverture du roman, son mari, Ben, la quitte après l’avoir trompée pendant des années. Et là c’est la dégringolade : le joli décor craquelle, et la jeune femme sombre dans une profonde dépression.

Attirée par un entretien avec l’auteur entendu sur Europe 1 et par un titre parfait pour mon challenge Marry me !, je me suis laissé tenter par ce roman, mais malheureusement la mayo n’a pas pris du tout.

Plusieurs raisons à cela : la toute première vient d’un style qui oscille entre une certaine vulgarité gratuite (je vous passe les couilles, les bites, les connasses, etc.) mêlée à des envolées lyriques proches du cliché et à des accumulations sans fin de métaphores en tout genre et autres comparaisons, trop de métaphores tue la métaphore. Un petit exemple ? Mon œil est noir comme mon cœur noyé de suie depuis que je me sais trahie. Tyler cesse de siffler. Inutile de parler, mes yeux sont un livre ouvert. Chaque petite contrariété me plonge dans un désespoir de cimetièreAccumuler les figures de style ne signifie pas forcément que l’on sache écrire !

Mais cela aurait pu être secondaire, si le récit en lui-même avait su m’intéresser. Or, pendant les trois quarts du roman, les lamentations répétitives de la narratrice m’ont assommée d’ennui. On tourne en rond entre atermoiements de quarantenaire centrée sur son nombril et complaisance dans cet état dépressif dont petit à petit on se désintéresse. Comme le lui dit son ami Rémi, elle nous apparaît comme une petite feignasse bourgeoise qui marche dans son caviar. Cette fois la métaphore n’est pas trop mauvaise.

Le milieu dans lequel évolue la narratrice est protégé : elle gagne de l’argent, a un boulot qui l’intéresse, voyage à New-York, a une belle maison, des amis, un soutien familial. Ses lamentations deviennent alors quelque peu déplacées, voire obscènes, car au final, ce qui semble surtout déprimée cette narratrice est de n’avoir plus d’hommes sous la main et donc plus de relations sexuelles. Le personnage de Penelope, femme refaite par la chirurgie et sans cesse en quête d’un homme à mettre dans son lit, est le summum de la vulgarité. On ne parvient pas à être sensible à ces personnages qui semblent évoluer dans un univers artificiel et par cette femme qui perçoit l’homme presque uniquement d’un point de vue sexuel. Et l’amour dans tout ça ?

Si la narratrice est si froide, si rétive aux sentiments c’est pour une raison qui est dévoilée petit à petit : l’absence d’amour paternel ! Et voilà, c’est tout bête (et tellement attendu !).

Inutile, sans doute, que je développe davantage. Ce roman fut pour moi une grosse déception, un fardeau à finir, j’en suis désolée, mais je vous avoue que les atermoiements des quarantenaires bobo germanopratines centrées sur leur corps, vivant leurs grossesses comme des déformations qui risquent de leur laisser des vergetures et qui ne peuvent exister que par la présence d’un homme ont fortement tendance à me taper sur les nerfs et me semblent des préoccupations bien secondaires. Je ne nie pas qu’une séparation soit une douleur, qu’être trompée par son mari soit une déchirure, ce que je regrette c’est le traitement qui en est fait dans ce roman.

Roman lu dans le cadre du Challenge Marry me !

Challenge marry me

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22 Commentaires

  1. Merci pour cet avis : je fuirai ce livre ! Déjà que la quatrième de couverture ne m’attirait pas.

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  2. Bon, voilà qui est dit… Je passe mon tour sans regrets ! 😉

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  3. Aie ! J’espère que ta prochaine lecture te plaira davantage. Tu te doutes que je ne note pas, vu ce que tu en dis (vulgarité, appitoiement, métaphore qui ne veulent rien dire. ..) je n’ai aucune envie de le lire

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  4. Oulala ! effectivement, je pense que je vais éviter ce livre également !

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  5. Ouille, je passe donc… merci de cet avis ^^

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  6. Vulgarité et pleureuse ? Je fuis !

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  7. Bon et bien je vais économiser des sous! J’espère que tu vas mieux, bises

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  8. Dommage ! mais je n’étais pas attirée par la 4ème de couv.

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  9. Bon, j’ai bien fait de ne pas le prendre !

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  10. On oublie donc mais bon, quand même, quel titre. Petite sentence qui déjà m’exaspère en temps normal…

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  11. Donc ce ne sera pas avec ce titre que je commencerais le challenge Marry me

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à vous....

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