« Dickens, barbe à papa » Philippe DELERM

delerm barbe à papaDans la famille Delerm, je l’avoue, le fils est sans doute celui que je préfère, mais, le père est en bonne position surtout depuis une rencontre lors de mon premier salon du livre où j’avais eu la chance d’échanger quelques mots avec lui – et où j’avais glissé timidement et rougissante que j’avais un gros faible pour Vincent -. Bref, ce petit livre publié dans la collection Folio 2€, me fut offert par Liyah, il y a aura un an en février, et je l’en remercie car il m’a permis de me changer les idées après avoir lu trois pages du Docteur Sleep de Stephen King qui m’avaient plongé dans l’angoisse. Pour combattre l’angoisse, Philippe Delerm est parfait !

Ce recueil de textes courts est un hommage aux nourritures terrestres et littéraires. Dans une belle alternance, Philippe Delerm, comme à son habitude, nous livre des petits faits de la vie quotidienne, refléchit sur les phrases de tous les jours que l’on prononce sans même y faire attention comme le Où est-ce que tu vois ça ? quand on consulte une carte au restaurant, souvenirs communs d’enfance aussi comme celui de l’eau qui se colore quand on trempe, pour la première fois, son pinceau plein de peinture dans le pot de yaourt Danone rempli d’eau du robinet. Philippe Delerm sait faire revivre, à travers ses propres souvenirs, des émotions personnelles, tissant ainsi, à travers les générations et les gens, un lien commun, un souvenir collectif, comme il existe un imaginaire collectif. Même si nous ne sommes pas allés exactement aux mêmes endroits que lui, même si nous n’avons pas lu exactement les mêmes livres que lui, ce qu’il dit de ces endroits, de ces livres résonne en nous et ravive des sensations, des fragrances qui, tout à coup, semble réveiller notre inconscient et nous rappelle alors nos propres souvenirs enfouis.

Alors on pourra toujours dire que Delerm fait toujours du Delerm, mais comme il le fait tellement bien, pourquoi s’en priver. Certains textes m’ont plus touchée que d’autres, ont évoqué plus de souvenirs que d’autres, mais il y a toujours dans son écriture quelque chose de doux et de paisible qui fait du bien.

L’autre intérêt bien sûr de ce recueil est le rapprochement qui est fait entre nourriture et littérature, et j’aime particulièrement le texte d’ouverture : Il ne lit pas : il dévore. C’est d’un enfant qu’on dit cela. […] Bien sûr que l’on dévore encore. Comment se souvenir sinon d’avoir pu dévorer ? Mais j’ai aussi été intéressée par les textes sur Colette et son pendant sur Proust, intitulés respectivement,  La lecture et l’anorexie et L’écriture et l’anorexie. Où comment Philippe Delerm montre que la lecture comme l’écriture peuvent aussi nous dévorer au point de nous faire oublier de manger. Parlant de Marcel Proust qui ne s’alimente presque plus, il écrit : est-ce le fait de renoncer à la nourriture qui lui donne l’énergie littéraire, jusqu’à l’ascèse finale ? (p.52).

Une lecture qui mêle allégrement sourires, souvenirs, et réflexions et qui reste un bel hommage à la nourriture et à la littérature.

Recueil lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2013 (Cat. Nourriture).

challenge Petit Bac 2013

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22 Commentaires

  1. novelenn

     /  décembre 5, 2013

    J’aime beaucoup la douceur de l’écriture de Delerm et sa nostalgie particulière.
    Je note celui-ci.

    Réponse
  2. fattorius

     /  décembre 5, 2013

    Grosse déception pour moi…

    Réponse
  3. Vu le prix je ne vais pas m’en priver et ton billet me donne bien envie de lire ce recueil.

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  4. Déçue par son dernier, mais ton billet donne envie quand même vile tentatrice 🙂

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  5. Qu’est-ce que j’aime cet auteur et son art de faire naître le sublime des plus petites choses !

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  6. Je m’attendais à quelque chose de différent compte tenu du titre… Dickens, toujours Dickens ! 🙂 Ceci dit je n’ai pas encore lu Delerm et serais heureuse de le faire à l’occasion. Je vois que le dernier King a l’air efficace !

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  7. Je l’ai lu le mois dernier et j’ai adoré. J’adore Philippe Delerm et j’aime encore plus le fiston (dont le dernier album est vraiment une réussite)

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  8. C’est exactement la réflexion que je me fais… Pourquoi s’en passer ? C’est toujours agréable de le lire.

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  9. Un livre que j’avais beaucoup aimé… cet article me donne envie de le lire à nouveau. On verra s’il me fait la même impression que la première fois…

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  10. Et il y a un lien avec Dickens?

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  11. je l’ai lu et je l’ai adoré 🙂

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  12. Je n’ai lu de de Philippe Delerm que « La bulle de Tiepolo », un roman qui m’avait laissé sur ma faim. Ton billet me donne envie de lui laisser une autre chance 😉

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