« Vertiges » Lionel DUROY – Rentrée Littéraire 2013.

duroy vertigesLionel Duroy est un auteur dont j’avais bien sûr entendu parler, sans pourtant l’avoir jamais lu, la parution de son nouveau roman s’offrait donc comme une invitation à la découverte. Avant de l’ouvrir, et une fois n’est pas coutume, j’ai eu l’occasion de l’entendre parler de ce roman, Vertiges, lors d’une émission de La Grande Librairie. J’ai donc appris que ses romans s’inspiraient beaucoup de sa vie, voire étaient des auto-fictions ; j’ai également appris qu’il était question, dans ce roman, de ses amours ou plus exactement de ses ruptures amoureuses.

Augustin (je ne dirai rien, hein), est écrivain et vit avec Cécile et ses deux enfants. Mais Cécile a pris pour amant le (ancien) meilleur ami de son écrivain de mari et celui-ci est au courant, il a lui-même d’ailleurs eu plusieurs aventures extra conjugales, mais Cécile est bien évidemment la femme de sa vie. Devant cette situation invivable et qui entraîne une grande détresse d’Augustin, celui-ci cependant se laisse séduire par Esther qui a lu tous ses romans. Bien que toujours amoureux de Cécile, mais sentant que celle-ci s’échappe, Augustin commence une nouvelle histoire avec Esther sans pourtant beaucoup de conviction. Il vivra cependant pendant vingt ans avec elle et aura deux enfants. Ce livre est né de cette rupture avec Esther.

Pour tout vous dire, j’ai mis presque deux semaines à lire à peine une petite centaine de pages et il m’est vite apparu que je serais bien incapable d’en lire davantage et certainement pas les 350 pages restantes. Plusieurs raisons à cela.

La première est le personnage en lui-même qui m’a très vite porté sur les nerfs : j’ai un gros problème avec les hommes mous et larmoyants et j’ai un gros problème aussi avec les hommes qui trompent leur femme mais surtout qui ne supportent pas que celle-ci les trompe. Il faut savoir recevoir la monnaie de sa pièce. Donc, les lamentations d’Augustin m’ont très vite lassée et pire m’ont laissé de glace. Pour tout dire, ses histoires d’amour proches d’un vaudeville ne m’ont pas du tout intéressée. Je m’en fous. Et si je m’en fous c’est précisément que ce personnage m’est très antipathique, qu’en réponse à sa souffrance j’avais envie de dire : Bien fait ! D’autant plus, quand ce pauvre homme trompé embarque vite fait bien fait une petite jeunette dans son lit. Bref, j’avais envie de lui donner des coups de pied aux fesses, de le remuer et de lui dire : Mon cher Augustin, allez donc vous allonger sur le divan d’un psy !

L’autre raison tient à la forme. Augustin/Lionel, dans ses romans, prend comme matière sa propre vie, il écrit tout, tout le temps, sur tout ce qu’il vit ce qui donne des pages compactes, des phrases longues, une foule de détails, de circonvolutions, de réflexions qui s’enchaînent sans fin. C’est un roman qui aurait sans doute été parfait sur 150 pages, mais sur 470, impossible !

Enfin la dernière raison, qui tient un peu à la première est un côté mièvre insupportable. J’avais parfois l’impression de lire un journal d’adolescent. Certes l’amour est un sentiment noble et merveilleux, mais dans ce roman il a un aspect sirupeux qui, là encore, m’a passablement énervée, sans compter que ce cher Augustin a un besoin énorme de reconnaissance et d’admiration et qu’il perçoit les femmes comme des consolatrices capables de tout accepter.

Donc j’ai dit : STOP ! Certes il peut être intéressant d’écrire pour mieux se comprendre encore faut-il avoir un peu de recul sur soi et peut-être, comme le soulignait Arnaud Viviant dans l’émission Le Masque et la Plume que j’ai depuis écoutée en post-cast, avoir un peu d’humour sur soi. Là on sent notre Augustin englué dans ses méandres sentimentaux et pire, on a l’impression qu’il n’écrit que pour lui-même, ou comme s’il attendait des conseils. Si le personnage de Violetta est toujours là pour l’entendre se confier et lui donner des conseils, je n’ai pas envie, en tant que lectrice, d’assumer ce rôle, je le laisse à d’autres. Dans la suite du roman, l’origine des échecs amoureux d’Augustin est analysé et viendrait donc de sa relation avec sa mère et bien qu’ayant lu le quart du roman, je vous avoue que je m’en doutais un peu, c’était tellement attendu.

Bien sûr on pourra arguer que mon jugement est faussé du fait que je n’ai pas fini ce roman, mais j’ai tenté d’expliquer, sur la base de ce que j’ai lu, pourquoi il m’était impossible d’aller plus loin dans cette lecture.

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2013.

challenge 1% littéraire 2013

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30 Commentaires

  1. Je te comprends parfaitement, car moi aussi, je n’aime pas les mous, même et surtout, dans les livres

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  2. J’avais beaucoup aimé son opus précédent, Le chagrin, qui raconte de son enfance jusqu’au début de celui-ci, donc je comptais passer outre le jugement assez sévère qui en a été fait dans Le Masque et la Plume ce dimanche soir, mais si tu confirmes, je crois que je vais plutôt m’abstenir… 😉 (y avait une voix discordante de la critique ambiante, une voix de femme, qu’on n’a pas laissée s’exprimer sur le sujet, donc je me disais que c’était peut-être un sujet qui plaît plus aux femmes qu’aux hommes, mais tu viens infirmer ma pensée, donc bon.)

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    • Je me suis rendue compte que j’avais un autre livre de lui dans ma bibliothèque qui m’avait été offert par mon homme sans doute en clin d’œil : « Il faut se méfier des écrivains », je tenterai donc de le lire pour avoir un deuxième avis.
      Je ne sais pas si le sujet peut plaire plus à un homme ou à une femme, ou je suis peut-être l’exception, je sais que d’autres ont aimé !

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  3. Ce qui nous fait aimer un livre dépend de tant de choses… Ce roman-ci reste pour moi un immense coup de cœur, je trouve l’écriture magistrale, et cette quête désespérée à laquelle Duroy associe son lecteur fascinante. On ne peut pas toujours être d’accord 😉

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    • J’avais lu ton billet et je partais donc confiante, mais non. Je crois surtout que je n’avais pas envie d’entendre son histoire parce que le personnage ne m’a pas intéressée. J’ai trouvé dans la façon qu’il avait de raconter les choses quelque chose d’un peu enfantin, et je ne parvenais pas à être en empathie avec lui. Tant pis pour moi.

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  4. Je ne suis pas du tout tentée par celui-ci, j’ai pourtant beaucoup aimé Le chagrin et le cahier du Turin était pas mal…

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  5. je vous conseils de lire aussi
    L’hiver des hommes

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  6. Moi j’ai beaucoup aimé, comme Sophie, mais je comprends ce qui t’a agacée… par contre, c’est Le Masque et la plume de quand ? J’ai dû louper car je ne me souviens pas du tout les avoir entendus parler de ce livre !

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  7. Suite au Masque, je n’avais déjà pas très envie de le lire mais là c’est sûr : je ne l’ouvrirai jamais !

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  8. Merci pour ma Pal elle s’est qu’elle ne prendra pas de poids superflu !^^

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  9. Je n’étais déjà pas tentée, je le suis encore moins.

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  10. J’avais beaucoup aimé le chagrin… mais celui-ci ne me tente guère!

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  11. Je ne suis pas séduite… tant mieux j’ai des livres à lire 😉

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  12. Je dirai que : Le masque est la plume de Duroy ! mais je suis mal placée pour me prononcer en réalité car je ne l’ai jamais lu mais son cas m’intéresse et je suis ravie de vos avis.
    Merci.
    Bien à vous.
    Or

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  13. Je n’ai jamais lu cet auteur non plus. J’avais hésité l’an dernier car son roman L’hiver des hommes a fait un peu parler de lui. Ta chronique me laisse à penser que ma découvte de l’auteur peut attendre.

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  14. novelenn

     /  novembre 30, 2013

    Les autofictions ne me tentent pas vraiment surtout cell-ci. Je serais plus tentée par « L’hiver des hommes » du même auteur.

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  15. Bon, il n’arrive pas alourdir ma PAL suffisamment lourde comme ça!

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  16. Maïté BERNARD

     /  décembre 3, 2013

    Bonjour, nous nous sommes croisées samedi au Salon de Montreuil et je suis donc venue visiter votre blog. Je n’ai jamais lu Lionel Duroy parce que je n’aime pas l’autofiction qui fait du mal aux autres. Robert Laffont avait quand même été condamnée à verser à son fils 10.000 euros de dommages et intérêts pour atteinte à sa vie privée, suite à la parution de « Colères ». Moi je dis qu’en termes d’autofiction, rien ne vaut un bon Annie Ernaux!

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    • Bien sûr que je me souviens de vous 😀 !
      Je suis entièrement d’accord, Annie Ernaux parvient à rendre l’auto-fiction vraiment littéraire et non le récit d’une séance chez le psy !
      Un grand merci pour votre passage ici !

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  17. ouh la la ! ce genre d’histoire très auto-centrée ne me branche pas du tout, et alors les mecs qui chouinent, c’est insupportable !!! 😀

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  18. Je dois dire que les livres de Duroy ne m’ont jamais attirée (les auteurs qui parlent d’eux…) mais l’année dernière j’ai pu lire Chagrin d’hiver qui est bien plus intéressant : il effectue un voyage en ex-Yougoslavie, et plus particulièrement en Serbie auprès des proches des criminels de guerre. C’est une autre façon de s’intéresser à la famille et à la paternité qui est bien plus intéressante. Le reste de son oeuvre : je laisse tomber !

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  19. gasser

     /  décembre 11, 2013

    Que ceux qui ne savent pas ce que c’est d’avoir une mère hystérique, se taisent une fois pour toute, au moins par respect envers ceux qui ont connu cet enfer !

    Répondre

à vous....

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