« A défaut d’Amérique » Carole ZALBERG

zalberg à défaut d'AmériqueTout commence par l’enterrement d’Adèle, dite la Française, et auquel assiste Suzan. Dans ce roman composé de deux récits parallèles, Carole Zalberg dresse le portrait d’Adèle issue d’une famille juive qui s’était installée à Paris après la Première Guerre Mondiale. Paris plutôt que l’Amérique, un peu par hasard, mais un hasard qui va peser lourd sur son destin. Deux récits donc, deux voix : l’une de Suzan, américaine, fille de Stanley, et l’autre de Fleur, arrière petite-fille d’Adèle. L’une et l’autre vont, à leur façon et selon leur vie, raconter ce qu’elles savent d’Adèle.

A défaut d’Amérique est le troisième tome d’une série intitulée Trilogie des tombeaux, et on peut regretter qu’Actes Sud ne le stipule pas dans la quatrième de couv., même si, il est vrai, il est tout à fait possible de lire ce roman indépendamment des deux précédents (La mère horizontale et Et qu’on m’emporte). A travers la voix de Fleur, le destin d’Adèle se dessine avec en toile de fond les évènements historiques : la guerre, l’exode et la menace de la déportation… et dessine le portrait d’une aïeule charismatique, d’une beauté et d’une force de caractère exceptionnelles. La voix de Suzan, jeune femme ayant grandi en Amérique, révèle une Adèle veuve, vieillissante mais toujours aussi charmante, venue rendre visite à Stanley, père de Suzan et ancien amoureux d’Adèle. Stanley et Adèle s’étaient rencontrés à la libération de Paris, mais trop tard, Adèle mariée, refusant de suivre l’Américain libérateur et entièrement dévouée à son mari et à ses enfants. Plusieurs décennies plus tard, quand tous les deux sont à présent veufs, ces retrouvailles ont un goût de rendez-vous manqué et Suzan accepte mal cette femme restée belle, vivante alors que sa mère, stéréotype de l’épouse américaine, est morte. Rendez-vous manqué donc puisque Adèle refuse la demande en mariage de Stanley, repart en France et plonge le vieil homme dans une dépression qui le mènera à la mort.

De ces deux récits émergent aussi les destins des deux jeunes femmes, leurs interrogations sur leur propre vie. Suzan en fouillant le passé de son père, va également être amenée à découvrir sa propre mère, son renoncement, son enfermement dans une vie exclusivement familiale, va renouer avec sa tante, femme engagée en Afrique du Sud pour la cause des Noirs. Cette tante, dans sa réserve et en même temps grâce aux lettres qu’elle échangeait avec la mère de Suzan, va permettre à celle-ci de trouver sa voie et, finalement de se libérer de ce ressentiment envers Adèle.

La France donc à défaut de l’Amérique, la France où il a fallu vivre et survivre, faire sa vie, assumer le choix par hasard, le choix à la dernière minute de ces exilés polonais à cause d’un rien, d’une connaissance rencontrée ou comment le destin d’une famille aurait pu être différent. Pourtant le choix d’Adèle, à la fin de sa vie, son refus d’épouser Stanley à l’hiver de sa vie apparaît comme une fidélité à son père et à son mari, et à la fois une volonté de laisser l’Amérique dans ce mirage de la terre promise qui devient accessible mais trop tard.

Un roman qui est loin d’être inintéressant, mais qui, au final, m’a laissé peu d’empreintes. Le personnage de Fleur m’est apparu insaisissable, flou si bien que, quelques semaines après ma lecture, il m’est très difficile d’en parler tant elle semble transparente. Mon avis mitigé est sans doute dû également au fait que je n’ai pu m’empêcher de comparer ce roman à Suite Française, lu peu de temps auparavant. Toutefois, Carole Zalberg ne m’a pas laissé totalement insensible, mais le traitement en ce double récit ne m’a pas réellement convaincue et sans doute une seule voix aurait été suffisante.

Roman lu dans le cadre du Prix des Lectrices 2013, du Challenge US et du Challenge A tous prix (Prix du roman Métis des lycéens).

logo prix des lectricesChallenge USchallenge à tous prix

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12 Commentaires

  1. mouais, j’arrive presque à m’embrouiller en lisant le résumé de l’histoire, et le fait que ce soit une trilogie m’éloigne encore plus du roman…je passe !

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  2. Il ne me tente pas plus que cela, je pense que nous n’avons pas fini d’avoir des livres sur la Guerre 14 avec le centenaire l’an prochain, je sature déjà ! 😀 Même s’il ne faut pas oublier… Je n’ai pas l’année du Prix Métis, si tu l’as sous le coude, que je le rajoute ? Merci !

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  3. Comme Valou, je passe aussi mon tour sur ce roman qui te laisse une impression mitigée 🙂

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  4. Je passe aussi, le sujet ne me tente pas

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  5. Un avis un peu mitigée alors… Il attendra encore un peu dans ma LAL alors ;0) J’aimerais bien commencer néamoins par ses deux premiers romans qui me semblent bien plus intéressants… Mais ils ne sont pas parus en poche j’ai l’impression.

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  6. Je pense que je vais passer. C’est dommage qu’Actes Sud n’ait pas indiqué qu’il s’agissait d’une trilogie!

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  7. Ton billet m’intriguait car je l’ai dans ma PAL et envisageais de le lire prochainement… voyons si la double narration me plaît davantage. Je ne savais pas qu’il s’agissait d’une trilogie (d’autant plus que tous les romans n’ont pas été édités par Actes Sud).

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  8. Idem pour moi, je passe …

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  9. Cela fait un moment qu’il est dans ma LAL et que je ne réussis pas à franchir le pas (il faut dire que mes biblis ne le connaissent pas)… je crois que je vais carrément passer, après t’avoir lu !

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    • Cela m’ennuie toujours un peu quand on me dit qu’on va passer sur un livre sur lequel j’ai eu un avis mitigé (sur ceux que je n’ai vraiment pas aimé, je comprends mieux 😉 !) parce qu’il y a quand même de belles choses dans ce roman !

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à vous....

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