Entretien Littéraire avec Juliette #2 : La Littérature contemporaine.

entretien juliette avec moi 2Suite de l‘entretien littéraire que la chanteuse Juliette m’avait accordé le 26 septembre.

Episode 2 : La Littérature contemporaine

la littérature française contemporaine, j’en ai été un petit peu dégoûtée à la fac

Et la littérature française contemporaine ?

Alors la littérature française contemporaine, ça a été moins glorieux en ce qui me concerne, parce que j’en ai été un petit peu dégoûtée à la fac. J’ai fait une demie année de Lettres, je n’ai pas été bien loin et je ne me suis pas beaucoup plu à ça. Donc ça m’en a un peu dégoûtée du coup je n’ai pas été vers des auteurs contemporains à la suite de ça. Ce qui est complètement crétin parce que ce n’est pas parce qu’on n’aime pas Duras qu’on ne va pas lire Virginie Despentes. On est bien d’accord, c’est complétement crétin ce que je viens de dire, mais c’est un peu ce qu’il s’est passé, en fait.  Mais je vais lire Virginie Despentes, il faut absolument que je lise King Kong théorie. Je ne l’ai pas fait encore. Chaque fois que je lis des articles qu’elle fait, c’est d’une intelligence remarquable, elle a un style littéraire assez particulier. J’ai lu des trucs genre Darrieusecq, ça ne m’intéresse pas.

La littérature contemporaine à la fac s’arrête à Sartre ou Duras.

Nous avons eu droit à Butor. C’est au secours. Butor, ça va bien cinq minutes ! ça se lit, on n’en parle plus.

Le Nouveau Roman !

Oui, le Nouveau Roman, donc oui ce n’est pas trop contemporain non plus à notre époque, c’est un peu ringard. Du temps où je vous parle Marguerite Duras était toujours vivante et très active.

Et donc la Rentrée Littéraire ne vous parle pas plus que ça.

entretien juliette5Assez peu. De temps en temps, je tombe sur des romans qui me bouleversent. J’avais adoré La Bataille de Rambaud, par exemple. Quand il a eu le Goncourt, j’ai lu ça par hasard, et depuis je suis ce qu’il fait car je trouve que c’est un écrivain remarquable. J’ai adoré ses Chroniques du règne de Nicolas 1er, c’était remarquablement brillant. Comme exercice littéraire, c’est formidable. Il y a eu Saint-Simon, il y a Rambaud. C’était une super idée et qui rendait hommage en plus à la chronique royale, écrit dans une langue châtiée qui contrastée évidemment avec les propos rapportés de Nicolas Sarkozy, toujours très triviaux, c’était très très drôle. Ce roman fait partie de ceux qui m’ont beaucoup amusée aujourd’hui dans la littérature.

Et, à une exception près, j’ai pris une claque mais alors monumentale, avec  – ce n’est pas un roman, c’est un récit – Sylvain Tesson Dans les forêts de Sybérie. Oh ! que j’ai aimé ce livre. C’est un hommage à la littérature et à la vodka. C’est un voyage. J’aime bien quand le livre te prend et t’emmène.

je crois qu’on a le droit de faire ce que l’on veut avec un livre. On est tout seul avec, c’est intime

A cause de l’actualité, je me replonge aussi dans des choses comme, par exemple, j’ai lu Le Seigneur des Anneaux de Tolkein, il y a peu, à la suite des films, que j’ai adorés. Il se trouve que j’avais lu Bilbo, il y a très longtemps quand j’étais jeune, à l’âge où on doit lire Bilbo à peu près, je devais avoir 15/16 ans, et j’avais adoré ça. Je me disais chouette, il y a tout le Seigneur des Anneaux derrière et ça m’est tombé des mains. Parce que je n’arrivais pas à retenir les noms des personnages, c’était super compliqué, ce n’était peut-être pas très bien traduit – je ne sais pas quelle traduction j’avais – , mais je l’ai relu avec beaucoup de plaisir parce que je connaissais mieux les personnages après avoir vu le film, je visualisais plus, etc. Et je me suis permise, je dois dire, de sauter quelques pages, on a le droit ! Oui, je crois qu’on a le droit de faire ce que l’on veut avec un livre. On est tout seul avec, c’est intime, c’est personnel, on respecte l’auteur s’il nous respecte aussi en tant que lecteur. Et puis, tous les goûts sont dans la nature, on a le droit de ne pas aimer, c’est la base de l’art de lire.

on a le droit de ne pas aimer, c’est la base de l’art de lire.

Et parallèlement et pour d’autres raisons, parce que j’ai rencontré des gens qui m’en ont parlé, j’ai une partie de littérature très contemporaine et très anglo-saxonne qui me plait beaucoup et qui porte un nom, c’est Terry Pratchett, Les Annales du disque monde, que j’ai dévoré. Le mec a fait une espèce d’œuvre colossale. Les premiers sont très pseudo heroic fantasy, il a décidé de raconter une saga avec des mages, qui reste drôle, très Monty Python, mais qui est basé sur des conventions d’heroic fantasy. A partir du moment où il a posé ses conventions dans son monde : les mages, c’est fait, maintenant je vais aller voir les sorcières. Et les sorcières lui évoquent forcément, puisqu’il est Anglais, la pièce écossaise dont on n’a pas le droit de dire le nom dans les théâtre anglais, c’est-à-dire Macbeth – nous on a le droit -. Donc il réécrit le début de Macbeth. 

Il y a une gratification du lecteur, quand on découvre ces références

entretien juliette 4Je tombe dessus et je trouve cela très drôle. Et comme il explore le monde des sorcières, il se dit qu’il va en faire d’autres. Il les emmène dans les bayous, donc il rejoint le vaudou tout en gardant la base de son histoire shakespearienne. C’est juste furieux. Ce sont mes contes de fée. Et il casse, il explose tous les mythes. Il va en Egypte, ensuite il va s’occuper des pyramides, il s’occupe de la Muraille de Chine : la Muraille de Chine n’est pas construite pour empêcher les gens de rentrer, mais pour empêcher les gens de sortir. Il fallait juste y penser, c’est le genre de truc qui me jette par terre de rire. Sauf qu’il ne les nomme pas en tant que Muraille de Chine ou en tant que pyramides égyptiennes, c’est transposé dans son univers. Et on s’aperçoit qu’il y a des références littéraires. Il y a une gratification du lecteur, quand on découvre ces références, j’adore ça !

Par exemple, un livre qui s’appelle Nobliaux et sorcières, au fur et à mesure de ma lecture, ça me faisait penser à quelque chose : il est train de se servir allègrement  du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare. Il se trouve que c’est une pièce que j’adore et à chaque fois que je trouve quelque chose, je me dis « je sais ! moi, je sais ! », c’est hyper gratifiant pour le lecteur. Évidemment on peut se sentir mis à l’écart, sauf que – et c’est pour cela que je dis qu’il construit une œuvre incroyable – sauf qu’il aborde beaucoup de sujets, notamment il a écrit un livre sur le rock, très musical, il a exploré le monde moderne aussi : il a inventé un ordinateur avec des fourmis, c’est un désastre, c’est très très drôle. Il explore toutes les choses contemporaines en les plongeant dans un monde fantaisiste  où la sorcellerie fait marcher tout ça. Ce n’est pas le courant électrique, c’est la magie.

Vous ne connaissez pas les romans de Jasper Fforde qui crée aussi un monde fou mais autour de la littérature anglaise, mêlant les personnages de Jane Austen, Dickens, Shakespeare ou Brontë avec ses propres personnages ?

C’est marrant la littérature qui parle d’elle-même. Et le bouquin de Sylvain Tesson est magnifique sur cela justement. Parce qu’il part en Sybérie, il va aller passer une année dans le grand froid avec des bouquins et de la vodka, surtout de la vodka.

Fin de la deuxième partie ! La suite très vite !

Les photos ne sont pas libres de droit, elles ont été prises par Kate.

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5 Commentaires

  1. Un rendez-vous décidément très riche dis-moi… j’ai vécu la même expérience avec le seigneur des anneaux…il m’a fallu voir le film pour suivre le roman…la première fois que j’ai tenté le coup, le livre m’a plombé en une trentaine de pages !

    Réponse
  2. J’ai préféré les livres aux films (le seigneur des anneaux) mais bon j’étais très jeune …

    Réponse
  3. Oui, je fais l’entretien 3 et ensuite le 2… ce n’est pas comme le seigneur des anneaux, on peut mélanger ! Moi aussi il m’a fallu les films pour que je me penche sur cette oeuvre, j’ai adoré les films et aussi les livres, plus riches, parfois trop riche…

    Juliette pourra se vanter de m’avoir donné envie de découvrir Pratchett et ses annales du disque-monde… ça n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd que cette oeuvre, c’est plus que conseillé ! 😉

    Merci à elle de cet entretien qui se lit avec plaisir et à toi pour les questions pertinentes.

    Réponse

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