« Le Cycliste de Tchernobyl » Javier Sebastian : Rentrée Littéraire 2013.

Sebastian le cyclisteLe Cycliste de Tchernobyl est un roman que j’ai lu en juin dans le cadre du Prix du Roman de la Fnac. En lisant la quatrième de couverture, j’ai eu un peu peur, je dois l’avouer et il est presque évident que je n’aurais pas lu ce roman si je ne l’avais reçu dans le cadre de ce Prix. Parmi les livres reçus, celui-ci étaient celui qui me tentait le moins… et pourtant.

L’intrigue est double et agit en miroir. Un vieil homme déboussolé est recueilli par le narrateur dans un serf-service. En parallèle, l’auteur nous emmène à Priapiat, une petite ville à trois kilomètres de Tchernobyl, aujourd’hui ville fantôme depuis la catastrophe nucléaire du 26 avril 1986. Dans cette ville désertique pourtant certains habitants sont revenus y vivre, incapables de quitter leur maison.

Javier Sebastian nous livre ici un roman terrible et révèle ce que, je pense, nous sommes peu à connaître. En effet, la ville de Priapat ne sera évacuée que 30 heures après l’explosion. Les habitants ont tout abandonné en partant, faisant de Priapat la Pompéi russe. Tout est resté en l’état comme en témoignent, sur la place centrale, les autos-tamponneuses :

pripiat autotompon

Autos-tamponneuses qui joueront leur rôle dans le roman. La vie à Pripiat et notamment le destin hors du commun de Vassia, inspiré par le vie du physicien Vassili Nesterenko, témoignent des méfaits affreux de la radioactivité et accusent finalement la façon dont les Russes ont géré la catastrophe de Tchernobyl pour la population. Sebastian, en quelque sorte, reprend le combat de Vassili : dénoncer la désinformation orchestrée par le gouvernement russe.

Ce qui m’a surtout plu dans ce roman est son aspect historique et cette dénonciation d’un comportement gouvernemental qui nie et assassine sa population. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans le roman et j’avoue que les parties mettant en scène le narrateur m’ont moins intéressée, voire m’ont un peu perdue en route. Les conditions de vie des habitants de Pripiat, leurs drames personnels est parfois assez difficiles à lire, notamment quand l’auteur aborde ce que les enfants ont subi. Pourtant l’auteur n’est jamais dans le pathos. Le style est souvent plus proche de l’absurde avec des personnages originaux, souvent un peu fous, ce qui donne une impression un peu surréaliste à l’ensemble.

Un roman intéressant plus pour son aspect historique que romanesque, mais un roman dont il faut sans doute parler à l’heure où la Syrie nie l’utilisation de gaz mortel à l’encontre de sa population.

Roman lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire 2013.

challenge 1% littéraire 2013

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21 Commentaires

  1. Je serais vraiment très curieuse de lire ce livre. D’habitude, ce n’est pas trop ma tasse de thé, mais là, il m’interpelle. Ton avis y est aussi pour beaucoup !

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  2. je ne sais pourquoi, mais je ne suis pas parvenu à « entrer » dans ce roman

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  3. le thème en effet demande réflexion et le livre vaut au moins pour cela

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  4. il m’interpelle également… surtout en ce moment, c’est vrai, malheureusement…

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  5. Un roman qui fait froid dans le dos, effectivement, surtout à l’heure actuelle.

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  6. Un livre à offrir à mon ami historien! Merci!

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  7. Comme tu le dis en conclusion un thème malheureusement d’actualité…

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  8. Je l’ai noté car il m’intéresse après avoir lu « la nuit tombée » d’Antoine Choplin

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  9. INtéressant !

    Réponse
  10. Grousselas

     /  septembre 19, 2013

    Désolé de ne pas être de votre avis.
    Ce roman est une insulte envers les personnages tels que, pour ne citer que lui, vassili Nesterenko, décédé en 2008.
    http://www.dissident-media.org/infonucleaire/nesterenko.html
    http://www.darksite.ch/alachaine/spip/spip.php?page=imprimer&id_article=41
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Nesterenko

    L’auteur confond allègrement et galvaude la vérité au profit de la caricature, sur les faits et conséquences réels de la catastrophe de Tchernobyl.
    Gaulois.

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    • Vous n’avez pas être désolé, on peut ne pas avoir le même avis. Je serais bien incapable de juger d’un point de vue historique ce roman, je n’ai fait qu’en parler d’un point de vue littéraire. En suivant les liens que vous m’avez donnés, je trouve que cela est assez proche de ce qui est dit dans le roman.

      Réponse
      • Grousselas

         /  septembre 19, 2013

        Tout-à-fait d’accord avec vous. A défaut d’être d’accord, il est toujours possible d’échanger des informations qui peuvent recaler la réalité.
        En fait je m’adressais à l’ensemble des commentateurs qui, naïvement et sans doute par manque d’informations, font l’éloge de ce roman.
        Mauvais roman qui met en scène sans respect des personnages ayant existé et qui ont tout fait pour que la vérité éclate sur les mensonges liés à la catastrophe de Tchernobyl. Ce livre est du pain bénit pour les promoteurs du nucléaire.
        Pour le moins, l’auteur aurait pu se donner la peine de prendre des noms d’emprunt au lieu de salir la mémoire de Nesterenko, entre autres.
        J’ai rencontré Vassili Nesterenko à Genève au printemps 2008, donc peu de temps avant sa disparition. Je peux vous assurer qu’il ne mérite absolument pas cette caricature qu’en a fait le  » Cycliste de Tchernobyl « . Son fils Alexei Nesterenko continue la lutte pour venir en aide aux millions de victimes de cette catastrophe.
        Ce n’est pas en décalage de préciser que le nombre de victimes de tchernobyl décédées atteint le million de personnes ( Académie des sciences de New-York : http://www.chernobyl-day.org/article/tchernobyl-consequences-de-la )
        Tchernobyl, Fukushima, le sujet est bien trop sérieux pour être caricaturé.

        Réponse

à vous....

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