« Nox : Ici-bas (1) » Yves GREVET

Grevet nox 1Il est étrange comme des livres d’à peine 150 pages peuvent prendre une éternité à être lus, et comme certains de plus de 400 pages peuvent se lire en à peine 4 jours. C’est bien l’expérience que j’ai vécue avec ce premier tome de Nox écrit par Yves Grevet, l’auteur également du célèbre Méto. Pour tout vous dire – puisque vous commencez à savoir que j’aime raconter la façon dont les livres sont parvenus jusque chez moi (n’en déplaise aux puristes) – j’ai reçu le tome 2, qui est sorti en librairie le 4 avril, grâce aux Éditions Syros. Difficile pour moi de donner mon avis sur une série en cours, j’avais donc réservé le tome 1 à la Bibliothèque Municipale, tome récupéré, enfin, mercredi. Je l’ai donc commencé jeudi lors d’un long trajet en RER et depuis j’ai eu bien du mal à le reposer avant de l’avoir terminé. Et là, au moment où je vous écris, je brûle de commencer le tome 2 tant je veux savoir ce qu’il va advenir des personnages !

Mais revenons au début.

L’intrigue se situe dans un futur imprécis. Le lecteur va suivre trois personnages principaux dont il va connaître le point de vue à tour de rôle : Lucen, son meilleur ami Gerges et une jeune fille, Ludmilla. Les deux garçons vivent sous le Nox, un brouillard épais de pollution qui plonge la ville du bas dans le noir. Les habitants produisent eux-mêmes leur énergie à l’aide de différents mécanismes. Les gens y ont une espérance de vie réduite. Il règne un climat de peur savamment orchestré par les hommes de la milice, menée par le père de Gerges. Lucen, le héros de l’histoire, est un jeune homme fidèle en amitié, droit et amoureux depuis l’enfance de Firmie, et cela malgré l’hostilité de leurs parents. Dans la ville du bas, le taux de richesse, ou plutôt de pauvreté, conditionne la position de son habitat : plus vous êtes pauvres et plus vous vivez dans une zone polluée. Ludmilla, quant à elle, est une habitante de la ville du haut, celle au-dessus du Nox. Sa ville ressemble à notre présent. Elle vit surprotégée par un père énigmatique qui la fait surveiller sans cesse. Le licenciement de sa gouvernante, Martha, mère de substitution de la jeune fille depuis la mort de sa propre mère, va entraîner une prise de conscience de Ludmilla. Martha est une ancienne habitante de la ville d’en bas. Avant de partir de chez Ludmilla, elle lui confie un cahier dans lequel elle lui parle de ce qui se passe sous le Nox. La jeune fille va donc tenter d’en savoir plus et de comprendre pourquoi soudain Martha est apparue suspecte à son père.

Ce roman dystopique situe son intrigue dans un monde où les ressources naturelles et où la pollution ont provoqué des modifications majeures. Le monde d’en bas, l’enfer avec ses différents niveaux, est un monde crépusculaire où règne la peur, le jugement arbitraire, la violence, la délation et la suspicion. Le vie est dure, et devant une espérance de vie réduite, les jeunes gens sont poussés très tôt à se mettre en couple pour assurer la survie de l’espèce. Société basée sur les castes sociales, les unions se font plus par intérêt que par amour. En cela, Lucen et Firmie sont un peu à part, et revendiquent leur amour contre l’avis de leurs parents. Vision sombre donc d’un futur où l’écologie est un lointain souvenir et où la survie est devenue le maître mot. Chacun est suspecté d’appartenir à un groupe terroriste cherchant à renverser le pouvoir de la milice qui organise des opérations punitives pour asseoir son autorité. Lucen et Gerges, amis d’enfance, mais ayant des conceptions opposées, vont également devoir lutter contre les adultes. Gerges va-t-il résister à l’emprise paternelle qui veut faire de lui un milicien ? Et Lucen va-t-il parvenir à échapper à la lourde suspicion qui pèse sur lui ?

Vous l’aurez compris, ce roman parle aussi de la fidélité en amour comme en amitié dans un monde où il faut prendre parti, se ranger dans un clan ou dans un autre et où la neutralité est associée à de la lâcheté. De son côté, Ludmilla, petite fille riche et protégée, s’éveille. Elle vit sa vie de lycéenne normale. Mais mue d’abord par la volonté de retrouver Martha, elle va découvrir la ville du bas et prendre conscience des conditions de vie de ces gens qui, dans son monde, sont assimilés à des sous-hommes, sales, vicieux et dangereux. Même si sa vie semble plus facile que celle de Lucen, elle subit également la suspicion et la surveillance de chacun de ses mouvements. Si Lucen est dans une prison sombre et insalubre, Ludmilla est elle aussi comme emprisonnée dans une cage dorée.

Par alternance, chaque chapitre donne le point de vue de ces trois personnages. Les évènements sont alors racontés à travers les yeux et la conscience des personnages. Si on peut regretter parfois quelques redites, il est cependant intéressant de voir comment les évènements s’éclairent selon qui raconte.

Dans ce premier tome, Yves Grevet installe son monde imaginaire sans toutefois ralentir le déroulement de l’histoire. Les deux se font simultanément si bien que l’on est plongé très vite dans l’action tout en découvrant les rouages de cette société futuriste. On est littéralement absorbé par ce roman, par les péripéties qui s’enchaînent, par le destin de ses personnages, auxquels on s’attache, et dont on veut connaître l’issue.

Un roman pour ado que je ne peux que vous conseiller à la fois pour la qualité de son intrigue que pour la qualité de l’écriture, qui, si elle est simple, n’en est pas moins efficace. Une dystopie qui nous interroge aussi, sur l’engagement, la défense de valeurs humaines dans une société totalitaire où la mort peut surgir au tournant d’une rue, sans raison, voire pire, pour simple amusement des tortionnaires.

La suite, bientôt.

Roman lu dans le cadre du Challenge Amoureux saison 3 (cat. Amours adolescentes) et Challenge Cartable et tableau noir.

Challenge Amoureux saison 3challenge cartable et tableau noir

Roman lu grâce à la Bibliothèque Municipale :

Marilyn bibliothèque

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22 Commentaires

  1. Marjolaine

     /  mai 27, 2013

    J’ai découvert Méto lorsque je bossais dans un CDI scolaire! Le livre plaisait beaucoup aux jeunes 🙂

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  2. Avec un avis comme celui ci, on ne peut que être tentée. Je commencerai peut être quand même par Meto justement.

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  3. Et bien tu sais donner envie c’est sur !

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  4. Comme je n’ai pas de bibliothèque proche et qu’il est hors de question que j’achète un livre avant…6 mois, je passe même si ton billet fait très envie !!! 😉

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  5. Ton billet donne très envie de découvrir cet auteur et cet écrit, mais j’ai un peu peur que l’histoire ne soit dans la même veine que la trilogie « Hunger Games »… Bien que les deux histoires semblent avoir un ancrage différent, ils surfent tous deux sur la vague « survivre en milieu hostile »… Mais je note quand même bien volontiers ce titre;-)

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    • Je n’ai pas lu « Hunger Games » j’ai juste vu le premier épisode du film mais c’est vraiment très différent, beaucoup moins malsain qu’Hunger Games, du moins de ce que j’en ai vu.

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  6. Je comprends que tu ai aimé Nox, ce fut un coup de coeur pour moi aussi.
    J’en ai fait une critique (pour un cours de critique) et un exposé (en cours de Dystopie).
    Je n’ai même pas osé en faire une critique de blog, comme s’il était « sacré » à mes yeux… Ma première dystopie, et quelle révélation !
    J’ai eu le 2 aussi récemment, et je me retiens de sauter dessus 🙂

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  7. C’est clair que c’est très tentant !

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  8. Dans ma PAL parce qu’il me rappelait un peu Le combat d’hiver de Mourlevat… Il devrait faire partie de ceux que je vais lire très prochainement :0) Bonne journée George

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    • J’ai « le combat d’hiver » dans ma PAL. J’espère que « Nox » te plaira, il va falloir que je coince le 2ème tome pendant le Mois Anglais !

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  9. Alors tu vas te régaler avec le combat d’hiver… Tu verras, c’est un très beau livre…

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  10. J’ai quand même le sentiment que beaucoup de livres pour ado ou « young adlut » sont vraiment bons 🙂 c’est une vraie bonne choses ça 😀

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  11. L’ayant également lu par l’intermédiaire des Editions Syros (j’ai pu récupéré un exemplaire d’une épreuve), j’ai adoré ! Il me tarde de retrouver Lucen, Ludmilla et Gerges dans le tome 2 !

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