« Quatre soeurs » de Malika FERDJOUKH

Quatre soeurs dormait dans ma PAL depuis septembre 2010. Mes livres savent très bien (je les préviens quand je les emmène chez moi et les dispose dans mes étagères) qu’il faut être patients avec moi, mais que tôt ou tard leur tour viendra. Il était un peu caché derrière une autre rangée de livres achetés depuis et, je dois l’avouer, désespérait que son tour vienne. L’arrivée prochaine du Salon du Livre Jeunesse de Montreuil pointant son nez (plus que deux jours), et la perceptive d’une rencontre avec Malika Ferdjoukh se présentant, j’ai eu un besoin soudain de le sortir de l’ombre.

Ce roman jeunesse m’a fait le même effet qu’un autre pavé jeunesse lu il y a quelques années : Miss Charity de Marie-Aude Murail. La même gaité mêlée à des sujets sérieux, le même sourire sur mes lèvres durant la lecture.

D’abord parue en quatre tomes distincts (en 2003) portant chacun le titre d’une des quatre sœurs (qui sont en fait cinq), la série a été éditée en version intégrale par la célèbre maison d’édition L’École des Loisirs en 2010.

Dans l’ordre chronologique, les cinq sœurs Verdelaine se prénomment : Charlie, 23 ans, Geneviève, 16 ans, Bettina, 14 ans, Hortense, 11 ans et Enid, 9 ans. Leurs parents sont morts dans un accident de voiture un peu plus d’un an auparavant quand débute le roman. Elles vivent toutes les cinq dans leur grande demeure au bord de la mer, la Vill’Hervé, avec deux chats, Ingrid et Roberto. Charlie, l’aînée qui a endossé le rôle de tutrice, est le lien, le fil rouge entre ces quatre sœurs qui ont chacune une personnalité bien à elle : Enid, petite fille rêveuse et amoureuse des animaux, Hortense, artiste et diariste, Bettina, un peu rebelle et enfin Geneviève, serviable et secrète. Nous les suivons le temps d’une année, une saison pour chacune, sans pour autant que soient négligés les autres occupants de la maison.

Malika Ferdjoukh parvient à rendre vivantes ces cinq jeunes filles d’âge différent, à leur donner les préoccupations de leur âge, à décrire comment chacune se débrouille avec la mort de leurs parents, Fred et Lucie. Au fur et à mesure, d’autres personnages viennent se greffer : des amis, des amours, des cousins, mais aussi un rat, un autre chat, un écureuil, une chauve-souris, etc. La Vill’Hervé devient une vraie auberge espagnole.

Il règne dans cette maison et donc dans ce roman, une douce folie : les patronymes sonnent étrangement, il y a un gnome dans la chasse d’eau, leur tante insupportable apparaît dès que l’une des sœurs prononce son nom, les parents surgissent des limbes accoutrés de tenues les plus improbables… Réel et imaginaire se mêlent. Car la réalité est cependant bien présente et les cinq sœurs vivent et font des rencontres que toutes jeunes filles peuvent faire dans leur vie. Malika Ferdjoukh ne passe pas sous silence les heurts de la vie : la mort, la maladie, les ruptures amoureuses, les accidents, les mauvaises fréquentations, les problèmes d’argent font partie de la vie et sont présents ici, tout comme sont présents les joies essentielles : être ensemble, un bon couscous, le réconfort de l’amitié, etc.

La Vill’Hervé est le point d’ancrage de cette drôle de famille, elle est un personnage à part entière, qui vit, qui grince, que l’on retape. Elle est l’identité des quatre sœurs, le souvenir de leur vie d’avant, leur point de repère. C’est une maison comme on en rêve tous, en haut du falaise surplombant la mer et pouvant accueillir tous les amis. Dans le dernier chapitre, une partie des enfants sont en vacances à Paris. L’auteure y décrit les passages, la Comédie Française et le Palais Royal, évoque le Louvre ou la rue des Martyrs (que je connais bien), mais, comme Hortense et Enid, je me suis sentie un peu perdue loin de la Vill’Hervé.

Quatre soeurs est un roman doudou, comme ces films que l’on regarde à chaque Noël depuis son enfance. Je me suis identifiée à chacune d’elles, étant, vu mon grand âge, déjà passée par tous ces stades que nous conte Malika Ferdjoukh. Je me suis retrouvée en Enid à 9 ans, en Hortense quand je gribouillais mes premiers journaux intimes et prenais des cours de théâtre, etc. Il y a de nous dans chacune d’elles, et retrouver un peu de son enfance et de son adolescence ne fait jamais de mal.

Mais il y a aussi, entremêlées dans ces pages, des références littéraires et cinématographiques qui viennent donner un petit plus et que l’on saisira ou pas, notamment des références à d’autres romans de la littérature jeunesse : Coup de gigot de Roald Dhal, ou Mary Poppins, pour ne citer que ces deux-là.

Malika Ferdjoukh crée donc un monde dans lequel on se sent bien et que l’on a bien du mal à quitter une fois le roman achevé.

Ce roman est destiné aux jeunes lecteurs entre 9 et 14 ans, mais, vous l’aurez compris, peut se lire même à 40 ans.

Livre lu dans le cadre du Challenge Cartable et Tableau noir (quelques scènes se passent en classe) et du Challenge Paris co-organisé avec Sharon et L’ogresse de Paris.

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39 Commentaires

  1. Caro

     /  mai 21, 2013

    Je suis sûr que cet après-midi j’aurai ce livre ! Très intéressant et vu que j’ai 5 sœurs je voudrais voir l’histoire B-)

    Réponse
  2. moi aussi j’ai adoré le livre ! j’ai 47 ans et à la fin des 4 tomes , cet univers si loufoque et chaleureux me manquait .Certes , le livre aborde des questions adolescentes mais il y a aussi une leçon de vie et surtout on se sent si bien quand on le lit … je vais peut être craquer pour la BD .

    Réponse

à vous....

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