« Le Chat qui lisait à l’envers » de Lilian Jackson Braun

Quand nous décidons de créer un blog, au commencement, nous souhaitons avant tout partager nos lectures. Puis nous découvrons d’autres blogs qui parlent des mêmes livres que les nôtres. Après, de fil en aiguille, nous commençons à mettre notre nez dans des livres suggérés par d’autres, et nous découvrons alors des auteurs que nous ne connaissions pas, ou nous nous lançons enfin dans des romans que nous hésitions à lire. Depuis très longtemps la série du Chat de Lilian Jackson Braun accrochait mon regard en librairie, mais ne sachant pas trop ce que ces romans renfermaient, je n’avais jamais osé en lire un. Une fois encore, grâce à Sharon et à son Challenge dédié à cette auteure, j’ai fait une rencontre bien sympathique.

Jim Qwilleran, ancien chroniqueur criminel, fait son retour dans le monde de la presse. Pour reprendre pied, il accepte d’être chroniqueur artistique au Daily Fluxion, et cela, même s’il n’y connait absolument rien au monde de l’art.Chargé de rédiger des articles sur différents artistes, il est amené à rencontrer le critique d’art honni par tous : George Bonifield Mountclemens III. Ces articles font et défont des réputations, mais Jim finit par bien s’entendre avec lui, et loue un petit appartement jouxté à la vaste demeure de Mountclemens, demeure qui regorge d’œuvres d’art. Jim fait alors la connaissance de Kao K’O Kung, dit Koko, le siamois de Mountclemens. Un chat étrange, intelligent, gracieux, qui sait se faire comprendre. Les choses vont commencer à devenir intéressantes quand le responsable d’une galerie d’art, Earl Lambreth est retrouvé assassiné.

Le Chat qui lisait à l’envers est le premier roman de cette série qui en comporte pas moins de 30. Sous les conseils de Sharon, j’ai décidé de la lire dans l’ordre, même si je ne sais pas encore si je lirai les 30.

Plusieurs éléments m’ont vraiment plu dans ce premier roman. Tout d’abord l’univers de la presse. On y côtoie les photographes, le Club de la presse où les journalistes se retrouvent pour déjeuner, les machine à écrire couleur vert fluo (ce roman date de 1966), sont dévoilées les petites ruses pour faire parler les personnes interrogées, les répercutions qu’un article assassin entraînent sur la vente du journal etc. J’ai beaucoup aimé cela. Parallèlement, la description du monde de l’art contemporain est assez croustillante, et le regard naïf de Jim permet d’avoir une vision un peu distanciée et donc assez ironique sur ces artistes, mais aussi sur ce qu’est vraiment l’Art. Durant tout le roman, Jim tente de comprendre ce qui relève de l’art et ce qui ne serait qu’une croute. Mountclemens apparaît comme celui qui sait faire cette distinction, alors que la plupart des artistes que Jim fréquente dans les divers évènements mondains sont, pour le critique d’art, des imposteurs barbouilleurs.

L’autre principal intérêt tient bien évidemment au personnage principal qu’est Jim Qwilleran. Homme entre deux âges, son passé comme chroniqueur criminel reste un peu obscur dans ce premier tome, ce qui lui donne une certaine épaisseur, et pousse à lire les romans suivants en espérant découvrir comment il en est arrivé à accepter ce poste de chroniqueur artistique qui relève finalement plus du chroniqueur mondain.

Mais Qwilleran est-il réellement le personnage principal de cette série ? Les titres nous poussent bien sûr à répondre non. Car Koko, très vite, vole la vedette à Jim. Et l’originalité de Braun est de créer un couple d’enquêteurs mixtes : homme et bête, sorte de Tintin et Milou revisité. Mais Koko impose rapidement le respect et n’est pas l’élément comique du duo comme peut l’être Milou. Son intelligence (il lit les titres des journaux à l’envers, d’où le titre) et son indépendance de chat, en font un être à part. Braun, qui semble très bien connaître les chats, le décrit avec précision, distillant des détails, des attitudes que tout maître de chat reconnaîtra.

Même si l’intrigue n’est pas en soi un puzzle trop difficile à reconstruire, j’ai suivi avec intérêt cette première enquête. Le rythme est rapide, entraîné par plusieurs rebondissements qui ravivent l’intérêt, et tout cela fait que le roman s’avale très vite. J’ai donc hâte de retrouver ce couple improbable.

Roman lu dans le cadre du Challenge Lilian Jackson Braun, du Challenge Petit Bac catégorie Loisirs, du Challenge Le Nez dans les livres et du Challenge Polars et Thrillers.

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38 Commentaires

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