La Rentrée Littéraire dans la presse, ça donne quoi ?

J’aime la Rentrée Littéraire et je lis régulièrement les mag. littéraires encore plus quand ils font une spécial Rentrée Littéraire. J’ai donc acheté récemment le dernier Lire (daté de septembre 2012) et le Télérama de la semaine en cours (n°3267 daté du 25 au 31 août 2012), histoire de me tenir au courant des parutions et de voir un peu les avis des journalistes-critiques professionnels de la profession.

Dans Lire, nous avons bien sûr une double page sur Amélie Nothomb, mais, soyons honnête, deux doubles pages aussi sur Amin Maalouf. Ce qui m’a beaucoup plus surprise est la présence de plusieurs articles négatifs sur certains romans, parfois nuancés par un subtil : « Pour » vs « Contre » (cf.54/55). Quoiqu’il en soit j’ai trouvé intéressant que les critiques pro. se mettent enfin à donner un avis autre que purement positif et donc vendeur.

En parcourant mon Télérama, j’ai eu une nouvelle surprise de taille. Parmi les plus de 650 romans paraissant cette année, il se trouve que Lire comme Télérama reprennent souvent les mêmes romans, mais là où Lire encense le dernier Zeler (La Jouissance (…) n’est certes pas le chef-d’oeuvre du siècle mais c’est un livre porté par une plume sans afféterie, « moderne », et  nourri de référence avisées, voire passionnates (p.32), Télérama le dézingue : Reste un roman banal et vaguement prétentieux, astucieux autant que superficiel (p.37). Là où Lire dézingue le dernier Djian (On attend mieux de la part de ce grand amoureux des séries TV que quelques épisodes du   (p.55), Télérama le trouve peu sexuellement et politiquement correct, sans doute. Mais littérairement et humainement remarquable (p.35). L’abîme entre les deux jugements sur le roman de Zeler et celui de Djian (ce sont des exemples), m’a beaucoup étonnée, car ils sont dans les deux extrêmes, ce qui, nous qui avons l’habitude de parler de nos lectures et de confronter nos avis peut apparaître comme un peu étrange. Car le critique professionnel comparativement à la blogueuse de base, est censé donner un avis purement objectif et littéraire dans lequel la subjectivité serait absente. Or l’avis littéraire et objectif de Delphine Peras pour Lire et celui de Na. C. dans Télérama s’oppose précisément sur le tangible, le style.

Ma confrontation des deux magazines m’a en fait un peu désabusée sur la critique professionnelle (j’avoue que j’étais déjà largement sur la pente descendante à leur sujet), car finalement le contenu de Lire reprend les grands noms bien connus, ceux avec lesquels on n’a pas fini de nous bassiner : les Zeler, les Angot, les Nothomb pour les plus médiatiques, mais aussi beaucoup de noms d’auteurs connus, pas de prise de risque dans le choix des romans présentés : Adam, Gaudé, Enard, Joncourt… Je ne dis pas que Télérama fasse tellement mieux, mais quand même, parler du dernier Toni Morrison ou de Richard Powers, semble un petit peu plus audacieux, et j’avoue que parmi les auteurs de roman présentés beaucoup d’entre eux m’étaient inconnus, ce qui n’est pas le cas pour le Lire. Et j’avoue que la présentation des romans par des dessins et non par des photos des auteurs m’a nettement plus convaincue dans le Télérama, que la revue de portraits du Lire, car finalement ce qui compte ce n’est pas la gueule de l’écrivain qui pose nonchalamment, ou dans une lumière entre chien et loup, mais bien le roman lui-même.

Enfin, et comme un écho bienvenu à ce billet, je suis tombée sur un article de Arrêt du images (trouvé grâce à FB) et qui… comment dire-je… aurait tendance à donner de l’eau à mon moulin. (ATTENTION vous avez encore quelques heures pour le lire gratuitement!!!)

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52 Commentaires

  1. Et bien voilà, c’est trop tard….
    Bon, je suis vos notes qui vont me guider. Merci.

    Réponse
  2. Je conseille Le Matricule des Anges ou (la cultissime) Quinzaine littéraire, tenue par Nadeau, plutôt que Lire ou Télérama. Moins pratiques à trouver certes, ce sont des revues de bien meilleure qualité.

    Réponse
  3. Soyons fous ! Ne lisons que de gros romans dont les auteurs sont déjà morts…

    Réponse
    • J’ai passé mes 30 premières années de lectrice à lire des romans d’auteurs morts, depuis la création de mon blog j’essaie de lire des auteurs vivants, j’ai beaucoup progressé 😉 ! Il ne faut pas non plus réduire la littérature aux auteurs morts même s’ils sont essentiels pour comprendre et savoir apprécier la littérature contemporaine, il n’en reste pas moins que bien souvent les auteurs contemporains n’ont pas toujours la puissance des auteurs morts 😉 !

      Réponse
  4. Rebonjour George, j’espère que tu ne passeras à côté de Home de Mme Toni Morrison: une splendeur de 150 pages.

    Réponse

à vous....

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