Entretien avec un auteur : J. Heska

J. Heska vient de sortir son deuxième roman, On ne peut pas lutter contre le système, l’occasion de lui poser quelques questions sur sa vie/son œuvre.

***

Bonjour George ! Merci beaucoup de m’avoir accordé cette interview, c’est un vrai plaisir 🙂

1. Bien que vos deux romans aient un style différent, on retrouve dans les deux une certaine critique sociétale. Ecrire pour vous est-il forcément lié à une sorte d’engagement ou de dénonciation sociale ?

Loin de moi l’idée d’avoir la prétention de m’engager sur la voie de la dénonciation sociale
(on m’imagine tout de suite braillant dans une émission de variétés avec un beau costume à
paillettes « Non à la guerre » « Non à la mort » « Votez Untel et vos vies seront sauvées »). Pour moi, un artiste ne doit pas prendre parti, s’engager, ni déplorer quoi que ce soit : c’est avant tout un observateur. Je préfère soulever des questionnements, à partir d’une œuvre chargée avant tout de divertir, et laisser au lecteur le choix de trancher.
Par contre, je plaide coupable à 100% sur la thématique sociétale ! J’aime parler de la façon dont un groupe / une société / une civilisation peut basculer à un moment ou un autre, s’éteindre, ou évoluer. Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir exposait un changement philosophique de civilisation dans un roman généraliste. On ne peut pas lutter contre le système montre comment celle-ci peut s’écrouler dans un thriller. Et ce n’est pas prêt de finir, car mon petit troisième, en cours de maturation, penche du côté S.F., mais toujours avec cette thématique sociale en toile de fond.

2. Dans votre dernier roman, on sent une influence cinématographique par quelques références, mais aussi dans votre style très imagé et vivant, est-ce délibéré ?

Tout à fait ! J’ai grandi dans les années 90. J’ai été élevé à la B.D., au cinéma à grand spectacle (Indiana Jones, Retour vers le futur, Star Wars, etc.), à l’Internet naissant et aux romans d’action « tout en muscle », avec une prédilection pour le genre S.F. Je m’inscris donc dans cette époque sans complexe et n’hésite pas à piocher à droite à gauche des petits clins d’œil qui vont nourrir à la fois l’histoire, mais également la narration en elle-même. Mon style s’en ressent donc tout naturellement. En tant que lecteur, je ne supporte plus de m’ennuyer en lisant des descriptions alambiquées de quinze pages ou des déballages de sentiments narcissiques dans des phrases très stylées qui ne veulent rien dire. Alors en tant qu’auteur j’essaie d’aller droit au but, et de décrire une situation en quelques images puisées dans l’inconscient collectif que le lecteur pourra facilement se représenter. Mais attention, je ne pousse pas non plus la logique dans ses retranchements : hors de question de trop dépouiller le texte, ou de succomber à un style trop scénaristique. Je privilégie la voie moyenne ;-).

3. D’après ce que j’ai compris dans nos échanges, vos romans ne sont pas disponibles en librairie (du moins pas encore pour le dernier), pouvez-vous nous dire pourquoi et quel est votre parcours éditorial ?

J’ai publié mon premier roman, Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir, à vrai compte d’éditeur après avoir ramé plusieurs années (envoi de manuscrits, refus, rendez-vous, refus, etc.). J’ai eu un très grand distributeur (dont je tairais le nom), une belle attachée de presse, un éditeur très occupé, une correctrice, un maquettiste, etc.
Ce fut une expérience intéressante qui m’a ouvert les yeux sur ce monde qui ne me convenait guère, loin de l’image qu’on souhaite lui donner : mon éditeur n’a jamais pris le temps de lire mon livre, l’attachée de presse avalait des petits fours dans les dîners mondains sans même imaginer faire son travail, les journalistes ne souhaitaient recevoir un service de presse que pour pouvoir le refourguer sur e-bay plus cher (car dédicacé), les librairies ne s’intéressaient qu’à Marc Lévy, le diffuseur s’inscrivait aux abonnés absents.
J’ai pris très peur lorsque j’ai vu les commissions que tous ces intermédiaires avalaient goulûment.

Comme j’avais dépensé beaucoup de temps et d’énergie pour rien (car au final je n’ai jamais été payé par mon éditeur, une arnaque visiblement courante dans le milieu), je voulais me recentrer sur l’écriture. Quand j’ai décidé de publier On ne peut pas lutter contre le système, j’ai voulu le faire selon mes conditions.
Je me suis donc auto-édité. Dans ce domaine, il y a une volonté, des outils (impression à la demande, livre numérique, etc.) et une énergie qui stimulent ma démarche. Le tout à des coûts réduits.

Ce n’est pas simple tous les jours, je vends beaucoup moins, mais j’assume ce prix de la liberté !
J’espère juste que les lecteurs me soutiendront dans cette démarche (je suis content, ça a l’air d’être le cas pour le moment).

4. Comment l’écriture est-elle entrée dans votre vie ?

Comme tout « artiste », je pense que l’envie vient du besoin vital d’expulser des idées d’un esprit trop encombré, afin d’éviter la schizophrénie !
Pourtant, initialement, rien ne me prédestinait à écrire. Contrairement à beaucoup d’écrivains, je n’ai pas commencé dès ma plus tendre enfance à dévorer l’intégrale de Kant (je préfère m’arracher les deux bras avec les dents que de relire une ligne de David Copperfield ou de supporter une liste d’adjectifs sur un Tartarin de Tarascon). J’avais d’autres intérêts. La littérature, je trouvais ça trop lent, introspectif, compliqué, et peu inventif…
Et puis le déclic a eu lieu peu après mon adolescence. J’ai découvert des œuvres qui ont su
m’intéresser et, en parallèle, une certaine maturité d’esprit m’a amené à percevoir le pouvoir des mots. J’ai alors commencé à écrire de façon beaucoup plus sérieuse. J’ai cultivé ce goût. Et je ne me suis pas lassé depuis !

5. Vous m’avez dit que vous aviez travaillé votre style, comment concrètement travaillez-vous ?

L’écriture de mon premier roman Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir avait été plus
simple, car il est écrit à la première personne du singulier. Le « je » implique une personnification de l’écriture qui rattrape les faiblesses de l’auteur. Un mot mal employé, une répétition, un vocabulaire approximatif, une description trop sommaire, l’utilisation de gros-mots, et c’est le personnage qui porte le chapeau.
Pour On ne peut pas lutter contre le système, changement de format : troisième personne du singulier. Il a donc fallu muscler ma narration. Pour cela, c’est un exercice quasi-quotidien pour lequel  je procède en plusieurs temps.

Tout d’abord, je suis un éternel curieux toujours à l’affut : je lis tout ce qui me tombe sous la main (magazines, livres, B.D., etc.) et, dès qu’une formule, un mot de vocabulaire ou une façon de décrire me plaît, je note. De la même manière, cela me permet aussi de m’améliorer car je vois comment la « concurrence » règle certains problèmes qui se posent au moment de la rédaction de mes livres.
Ensuite, il y a le blog, qui est un véritable petit laboratoire. Je teste tout et n’importe quoi, aussi bien dans le fond que dans la forme. Je m’impose parfois des contraintes pour
m’exercer (nombre de caractères limité, obligation parler d’un sujet sous différents angles, etc.), et je vois ce que ça donne. La rédaction d’un contenu régulier est également très formateur. Bref, le blog a beaucoup nourri mon travail d’écrivain.
Enfin, le gros du travail se fait à la recorrection du manuscrit. Car si écrire reste assez aisé, le plus dur demeure d’y revenir une bonne centaine de fois afin d’arriver au résultat que l’on souhaite (en terme de fluidité, de pertinence ou de qualité). J’ai beaucoup souffert sur cette étape, mais elle est très gratifiante. C’est d’ailleurs avec ce livre que je me considère comme un vrai « écrivain » ;-).

6. Vous êtes très présent sur les réseaux sociaux (blogs + Facebook), les pensez-vous influents ? Que vous apportent-ils en tant d’écrivain ?

Plus j’avance, plus je me dis que ces médias n’ont pas toute l’influence qu’on veut bien leur accorder.
Un clic sur « j ‘aime » ou un commentaire ne déclenche pas forcément un téléchargement d’extrait, une lecture de quelques articles sur mon blog, ou mieux encore, un achat de livre. Et comme pour un écrivain, le plus important est d’être lu, l’impact reste limité…
Tout au plus, ces réseaux pourront permettre d’accompagner ou d’amplifier un « buzz » qui à mon avis, vient d’un faisceau de médias dans une logique de cercle vertueux.

Au final, je suis très présent sur le web social par simple envie et je l’utilise pour ce qu’il est : un moyen d’interagir avec mes amis, mon cercle proche de lecteurs, et surtout de partager des choses sans importance, comme des photos de mon chat, des panneaux revendicatifs de mon voisin, ou une info sur mon classement au top vente AMAZON. De la discussion peut naître aussi des idées qui me permettent d’orienter la ligne éditoriale de mon blog, même si cela reste toujours relatif (je fais ça avant tout pour m’amuser).

7. Beaucoup de blogueurs redoutent le fait de lire et de chroniquer des romans envoyés directement par les auteurs, ils craignent de ne pas être libres de leur critique, voire de blesser l’auteur, avez-vous eu des refus sur ce motif, et qu’en pensez-vous ?

Je n’ai eu (du moins explicitement) à déplorer aucun refus pour ce motif. En général, je reçois un mail de certains blogueurs qui n’acceptent de chroniquer qu’à la condition d’avoir une liberté totale de ton.
C’est la règle du jeu, et je l’accepte avec plaisir.
Si au final la chronique ne me convient pas, tant pis ! Du moment qu’elle reste argumentée et polie, on peut tout avaler. Et puis, une critique très négative peut parfois attirer la curiosité des lecteurs. Le pire dans notre métier, c’est l‘indifférence.

Ensuite, et pour avoir été confronté plusieurs fois à la situation en tant que spectateur, je ne peux que constater l’incompréhension. D’un côté un auteur qui envoie son bébé plein d’espoir et qui peut se vexer (voire piquer) quand la critique ne lui convient pas, et de l’autre côté un blogueur qui prône son impartialité et son indépendance, et qui parfois ne mâche pas ses mots. Et si on ajoute le fait qu’Internet est également un lieu à part où tous les sentiments sont exacerbés (un blogueur caché derrière son écran qui crache son venin uniquement dans le but de lyncher, un auteur touché dans son orgueil qui exige que tout le monde aime son chef-d’œuvre), on obtient la tambouille idéale pour la confrontation.

8. On suppose qu’un écrivain aime lire, donc dites-nous un peu quels sont vos grands auteurs, et quel roman vous êtes en train de lire.

Je n’ai pas à proprement parler d’auteurs de prédilection. Je suis un lecteur intraitable, très critique, et je n’ai jamais réussi à avoir un auteur qui tienne la distance. Ce sont plutôt des œuvres particulières qui me font vibrer.
Mon roman préféré est Dragon Déchu de Peter F. Hamilton, parce que je m’identifie énormément au héros. Si quelqu’un souhaite un jour connaître les rouages de ma psychologie, je lui conseille ce livre !
Sinon, les autres romans qui m’ont influencé sont La Guerre du feu, et la façon très brute de
Rosny Aîné de décrire les scènes de combat ; Le meilleur des mondes de Huxley, où j’ai
découvert la construction d’un univers crédible basé sur des principes sociétaux complètement différents ; Band of brothers de Stephen Ambrose (qui n’est pas un roman à proprement parler), qui prend d’autant plus de profondeur que les évènements racontés sont véridiques.
Et sinon, le dernier livre que je viens de finir est Un monde sans fin, la suite des piliers de la Terre de Ken Follett. Un second opus trépident, réellement immersif, mais avec toutefois des personnages moins attachants et une intrigue trop centrée en-dessous de la ceinture (je ne pensais pas pouvoir dire ça un jour 😉 ).

9. A part les contacts avec les blogueurs-lecteurs et les réseaux sociaux, comment procédez-vous pour promouvoir vos romans et vous faire connaître ?

Au début, je faisais beaucoup de rencontres lecteurs / auteur dans les médiathèques ou des
séances de dédicace dans les librairies. J’avoue avoir ralenti le rythme pour des raisons purement personnelles : il est très difficile de mobiliser le lectorat. J’en avais un peu marre de perdre mes samedis à alpaguer des chalands indifférents, comme un vendeur de poissons (pas frais 😉 ).
De la même manière, pour mon premier roman, j’ai harcelé les journalistes des plus grands quotidiens pour qu’ils acceptent de chroniquer mon livre. Dur de passer à travers le copinage latent du milieu.
Avec tout ce travail, je n’ai réussi à obtenir que des entrefilets approximatifs. Par contre, dès le lendemain, tous mes bouquins envoyés en SP était sur E-bay ! Plus jamais ça !

Pour le moment, je me concentre donc sur Internet. Je peux faire ça quand je veux et où je veux. La liberté ! Et surtout, cela n’empiète pas sur mon temps d’écriture. On verra si le bouche à oreille fonctionne…

10. Il arrive que des blogueurs soient pris à partie par des auteurs qui leur reprochent certains billets négatifs sur leur roman. Pensez-vous que les blogs de lecture ont changé le rapport entre les écrivains et leurs lecteurs ? Quels sont pour vous les avantages mais aussi les inconvénients d’une telle proximité ou du moins d’un accès direct aux avis de lecteurs pour un écrivain ?

La donne a changé, mais pas forcément comme on le pense.
Il y a un double mouvement. Tout d’abord, un glissement du triptyque originel auteur / journaliste /lecteur vers celui moins conventionnel de auteur / blogueur / lecteur.
Au final, les blogueurs, par leur indépendance, se sont substitués aux journalistes (accablés sous les reproches de copinage) qui ne répondaient pas forcément aux besoins des lecteurs.
Donc rien de bien nouveau, et il y a fort à parier que la fonction de blogueur va aller en se
professionnalisant, se galvaudant à son tour petit à petit (je ne dis pas ça pour vous, George 😉 ).

Le second mouvement est celui, comme vous le disiez, de la proximité plus grande permise grâce au web 2.0 et aux commentaires de lecteurs. Là encore, je ne suis pas sûr que la donne ait beaucoup changé. Si un auteur se moquait déjà des retours des lecteurs avant Internet, il s’en moquera tout autant à présent. Le curseur est donc facilement déplaçable.
Pour ma part, je lis toujours tous les avis et suis très heureux de pouvoir lancer la discussion avec les lecteurs. Certains commentaires constructifs me permettent également d’améliorer mon œuvre, voire d’influencer le cours de certaines histoires. Mais j’ai eu également tellement de fois à me dépêtrer dans des débats sans fin où se côtoient mauvaise foi, bêtise et méchanceté gratuite (voire insulte), que je me suis forgé une petite carapace. Au final, je ne sais pas si cette proximité apporte des avantages et des inconvénients, elle est juste… différente (vous voyez, je ne juge jamais 😉 ).

11. Une petite chose à rajouter ? Je vous laisse la parole !

Allez, je me permets un peu de promotion ! Vous voulez faire un vrai geste en faveur d’une édition indépendante ? Vous voulez accompagner un auteur vers les sommets de la gloire afin qu’il puisse, à son tour, sniffer de la cocaïne sur le capot d’une voiture de luxe au centre-ville de Paris ? Achetez mon livre papier ici ou au format électronique ici :
Plus sérieusement, et comme le dit très bien George dans sa chronique, c’est un thriller sympa avec beaucoup d’action, de l’humour, et même de l’amour. Il vaut vraiment le coup !

Merci à vous George pour cette interview fort sympathique (désolé, j’ai été un peu long, je suis très bavard !) 🙂

Merci à vous pour ces réponses qui nous en disent un peu plus sur vous, votre travail et votre lien avec les blogs, j’espère que votre roman aura le succès qu’il mérite, et j’attends le prochain avec impatience.

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38 Commentaires

  1. Cette interview est très sympathique ! 🙂

    Réponse
  2. jheska

     /  mai 21, 2012

    Qu’est-ce qu’il est beau (le chat 🙂 )
    Merci pour cette interview bien sympa, George !

    Réponse
  3. Une interview vraiment très intéressante et stimulante qui permet de découvrir (un peu) l’homme derrière l’auteur… Des questions pertinentes et des réponses sincères et développées : un vrai joli moment de partage!!!…

    Réponse
  4. Merci beaucoup pour cet entretien. C’est très intéressant d’avoir le point de vue d’un auteur.

    Réponse
  5. Si les livres de Mr Heska sont si sympathiques que ses réponses sont pertinentes, je vais le lire, en évitant e-bay où je ne vais jamais de toute façon !!! En espérant aussi que sa « prophétie » sur les blogs qui vont se « professionnaliser » n’arrive jamais !!! Nanmého !

    Réponse
    • jheska

       /  mai 21, 2012

      Hi, hi, j’aurais dû dire dans l’interview « je ne parle pas de tous les blogueurs qui liront ce message 😉 »

      Pour compléter mon propos, on commence déjà à voir les prémices de cette professionnalisation sur certains blogs / sites. C’est une logique imparable et parfaitement humaine : dès qu’on commence à être plus proche du milieu (avec l’attachée de presse de Robert Laffont qui vous appelle personnellement pour vous présenter les nouveaux bouquins, voire qui vous promet de glisser votre manuscrit à l’éditeur -parce que beaucoup de blogueurs écrivent aussi) ou, étape ultime, à dépendre financièrement du système (en revendant sur E-bay une grande quantité de SP), on perd forcément son objectivité, même inconsciemment. Le jour où les blogueurs commenceront à chroniquer des livres qu’ils n’auront pas lu, en se contentant de recopier le dossier de presse, la boucle sera bouclée 😉

      Mais heureusement dans l’ensemble, les blogs restent encore tenus par des passionnés qui conservent leur indépendance ! De toute manière, le jour où cela ne sera plus le cas, il y a aura de nouveaux médias « plus libres » pour prendre le relais 😉

      Réponse
      • Merci à vous de faire la distinction ! Franchement, vu qu’il n’y a aucun retour financier pour nous et vu le temps qu’on y passe (lecture ET billet), je ne vois vraiment pas l’intérêt d’être malhonnête ! Pour un livre « gratuit », on irait vendre son âme ? Non mais vraiment !! Je ne serai jamais riche mais je garde ma liberté de penser ! 😉

        Réponse
      • Le grand « combat » des blogueurs est de conserver cette indépendance qui fait sa richesse, c’est pour cela que je suis pour les critiques négatives et cela quelque soit l’ouvrage lu et quelque soit le moyen par lequel on a eu le roman entre les mains ! Il est évident que quand on tisse des liens avec les auteurs, l’objectivité peut être plus difficile mais si le rapport est intelligent, je pense que l’on peut y parvenir.

        Réponse
    • On retrouve en effet dans ses romans cet humour qui le caractérise !

      Réponse
  6. Une interview passionnante qui donne envie de découvrir les livres derrière l’Auteur ! 🙂 Je m’en vais de ce pas découvrir votre premier livre, peut-être en soudoyant un peu George !
    En tout cas les questions de George, tout autant que les réponses de Mr Heska sont très intéressantes car elles se font le reflet des évolutions actuelles non seulement de la blogosphère mais du monde du livre. Les réflexions sur la difficulté de se faire éditer, les comportements de certains journalistes / attachés me font peur …
    Quant à la professionnalisation des blogueurs, j’ai dû mal à comprendre que l’on attende des retours financiers, ou alors la littérature n’est plus un plaisir … De mon côté, les services de presse sont plutôt comme des cadeaux de Noël pour moi, et comme une preuve de confiance de la part de l’éditeur / auteur (ce qui est moins le cas quand l’éditeur l’envoie à 3000 blogueurs à chaque fois mais bon …).

    Bon ce message est déjà un peu long, je m’arrête là. Mais je ne continue pas moins d’y penser.

    Réponse
    • jheska

       /  mai 21, 2012

      C’est exactement ce qui m’a dégoûté du milieu de l’édition « professionnel » : je m’attendais à découvrir des gens passionnés par la littérature, heureux de faire des découvertes, motivés par un métier… J’ai vite déchanté, car, finalement, ce n’est qu’une industrie comme une autre. Sauf qu’au lieu de fourguer du papier toilette, on distribue des bouquins… Toute démarche artistique est complètement annihilée par le système…

      Alors effectivement pour le moment on a dû mal à croire que les blogueurs puissent « passer du côté obscur de la force », mais je pense que c’est une évolution possible du système. Tout comme les journalistes, qui ont perdu leur indépendance au fil du temps…
      Car tous les blogueurs n’ont pas votre volonté (ou celle de George) de passer des heures sans rien en retour. De même, pour un « critique » (pas le terme péjoratif, dans le sens « métier ») passionné de littérature, la démarche de dire « j’aimerais en vivre » n’est pas forcément malsaine non plus. Mais c’est justement dans la recherche de professionnalisation (et de monétisation) que l’objectivité peut disparaitre… 😉

      Réponse
      • Ha mais je pense que nous sommes beaucoup qui « aimeraient pouvoir en vivre » !!! Pas à ce prix en ce qui me concerne ! Et je ne tiens plus compte des avis de certains « professionnels » qu’il m’est arrivé de RELIRE après ma propre lecture car j’avais effectivement l’impression de ne pas avoir lu la même chose. Et cela est de plus en plus fréquent… Aussi la question qui peut se poser c’est « jusqu’où un blogueur indépendant et non sponsorisé est-il crédible ? »… Et comment les néophytes peuvent-ils faire le « tri » dans tout ça ?

        Réponse
      • Moi j’ai envie d’y croire et je pense que plus ça va et plus les gens ont envie d’avoir de vrais avis sur les livres ou les films, et que ce qui va démarquer le blogueur du critique pro c’est justement cette indépendance et cette liberté de jugement. Il y a de plus en plus d’articles, d’études qui démontrent que les journalistes culturels ne lisent plus les romans ou qu’ils sont pris dans le copinage, donc pour les blogueurs la seule solution est de résister aux sirènes !

        Réponse
    • C’est vrai qu’après certaines « affaires » qui ont secoué la blogo ces derniers temps, il est important de rappeler l’indépendance des blogueurs. Comme pour toi les services presse sont de belles occasions de découvrir des romans que nous n’aurons peut-être pas eu l’occasion de lire autrement. Ces derniers temps ils m’ont permis de faire de belles lectures !

      Réponse
  7. valmleslivres

     /  mai 21, 2012

    C’est très intéressant ce que dit l’auteur sur le monde de l’édition.

    Réponse
  8. Il est super sympa cet auteur ! En plus il a un chat 😉 Merci pour la découverte, George, et bonne semaine.

    Réponse
  9. Ayant lu son premier livre (merci George !), je n’hésiterai pas. J. Heska… je viens passer commande !
    Belle interview.

    Réponse
    • Si Mr. J. Heska passe par ici…
      Sur les livres que je recevrais… J’aimerais bien avoir une dédicace moi aussi !

      Réponse
    • jheska

       /  mai 21, 2012

      Hello Syl !

      On vient de me transmettre ta commande, merci beaucoup ! J’avais particulièrement apprécié ta chronique sur mon premier roman 🙂
      Hop, je prends la main, je m’occupe de tout, je te fais une belle dédicace personnalisée et je t’envoie le tout dès demain matin 🙂

      Réponse
    • Je suis heureuse d’avoir un peu contribué à cette commande 😉 !

      Réponse
  10. argali2

     /  mai 21, 2012

    Une interview bien sympathique qui m’a donné envie d’acheter le livre. Et hop, commandé !

    Réponse
  11. ça y est, entrevue lue !

    (j’ai fini de rattraper mes messages en retard !)

    Réponse

à vous....

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