« Je vous écris tous les jours… » Madame de Sévigné (« Un Jeudi, Un Livre » #5)

Un Jeudi, Un Livre en demi teinte cette après-midi pour deux raisons : l’une physiologique (j’avoue je me suis endormie pendant une heure!), l’autre liée au livre lui-même. J’ai donc peiné à venir à bout de la lecture de ce petit recueil de lettres de Madame de Sévigné à sa fille.

La première difficulté vient, pour moi, de la composition du recueil lui-même ! Certes l’idée est belle et bonne, mais le problème est que l’on est plongé dans une correspondance comme poussé dans le grand bain sans savoir nager ! Les noms se succèdent et on passe son temps à regarder dans l’appendice pour tenter de savoir qui est qui ! Ce qui s’accepte sur une correspondance au long court est beaucoup moins évidente pour un recueil d’une centaine de pages. On a envie de le lire sans être interrompue. Quand on lit une correspondance qui s’étale sur plusieurs  centaine de pages, les débuts sont difficiles mais on prend le temps de s’installer, de connaître les correspondants, les personnes citées, et petit à petit la lecture devient plus aisée. Pour un recueil court, on a à peine le temps de s’y retrouver que c’est fini ! n’en reste donc que le laborieux travail de repérage. Voilà sans doute la principale difficulté que j’ai ressentie à la lecture de ces lettres.

Toutefois, et malgré ce petit souci, ce fut un plaisir de découvrir le style, le ton, l’ironie de Mme de Sévigné. Ce que j’aime dans les correspondances avant tout c’est d’être plongée dans l’intimité de l’épistolier, dans son quotidien, et le quotidien de Mme de Sévigné est lié à la cour et aux intrigues du roi et de ses maîtresses, Mme de Montespan et Mme de La Vallière, on croise, au cours de la lecture, des personnages célèbres : Mme de La Fayette, amie de la marquise, La Rochefoucauld, mais aussi Mme de Scudéry et tous ceux qui faisaient les hauts-faits de l’hôtel de Rambouillet. C’est une plongée formidable dans le XVIIème siècle littéraire.

A travers ses lettres la mère donne des nouvelles à la fille, résidant à Grignan, dans le midi. Par ses lettres, elle lui permet de se tenir au courant des intrigues, de ce qui se dit, se fait, mais surtout elle lui témoigne un amour maternel, voire même une adoration maternelle. Elle semble s’inquiéter perpétuellement de la santé de sa fille, de ses voyages, de sa vie en province. C’est donc aussi, et avant tout, un très beau témoignage de ce lien exceptionnel entre une mère et sa fille.

J’ai aimé retrouver le subjonctif, découvrir des expressions que je ferais bien miennes, comme : Je me fais des dragons pour je me fais des soucis, expression tellement imaginée et tellement vraie ! j’ai aimé vivre, l’espace d’une après-midi au XVIIème, suivre le long voyage de Mme de Grignan de Paris à Grignan par route mais aussi par fleuve sur le Rhône tant redouté.

L’avantage de ce recueil est qu’il m’a donné envie de lire la correspondance plus vaste de Mme de Sévigné, d’approfondir son style et de retrouver son humour, et son regard ironique sur le monde qui l’entoure.

Livre lu dans le cadre du Challenge Dame de Lettres, du Défi Mia et du S.T.A.R 3 de Liyah.

Un Jeudi, Un Livre

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11 Commentaires

  1. Ah ! e te comprends ! J’aime énormément Sévigné (dans le même style mais hyperbolique, il y a saint Simon !!! ). si tu as aimé les lettres à sa fille, tu vas encore plus aimer le reste de la correspondance qui est vraiment piquante et enlevée.

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  2. Diabazo

     /  novembre 10, 2011

    Merci pour ce billet, ça donne envie 🙂 !! Ah espionner la cour par le trou de la serrure … toujours un régal pour moi !

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  3. Je l’ai au fin fond de ma PAL pyramidal !! Ce petit livre va vite rejoindre le dessus après ton superbe billet ! Tu m’as donné envie de m’y plonger ! moi qui adore cette époque ! Merci 😉

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  4. J’aime beaucoup ton billet parce qu’il semble que ta lecture ait été aussi ardue que délicieuse, un peu comme si le plaisir devait se mériter finalement… Il faudrait quand même que je m’informe un peu plus sur Mme de Sévigné et sa fille en tant que « voisine » des lieux! ;-)…
    Et puis, heureusement que tu as des rendez-vous bien définis dans la semaine parce que sinon je ne saurais plus du tout quel jour on est moi!… Quand je vois ton billet « Un Jeudi, Un Livre », je m’exclame : « Déjà!? On est déjà Jeudi???… ». Pareil pour le Samedi d’ailleurs!… Je ne touche plus terre depuis 10 jours, à jouer l’infirmière pour mon fils à la maison… Bref! Tout ça pour dire que ton billet m’a donné bien envie de « regarder par la lorgnette » cette correspondance, témoignage d’une époque que j’apprécie énormément…

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    • Ce n’est en effet pas une lecture facile, mais au final on est récompensé ! Je suis allée une fois à Grignan, il y a une grande statue de Mme de Sévigné sur une très jolie place ! je rêve d’y aller pendant le festival de la correspondance !!!
      Je suis heureuse de te servir de calendrier 😉 !
      Bon courage pour ta bronchite, j’espère que ton fils va mieux, soigne-toi !

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  5. je le redis mais j’aurais pu participer à ce jeudi et en plus ça rentre aussi dans ton challenge « Le nez dans les livres » ! Pas grave, ce sera pour jeudi prochain, j’espère ! J' »adore Madame de Sévigné, j’ai lu et relu ces correspondances mais ..arrrgh…je ne les ai plus dans mes étagères ! Je vais encore racheter (tant mieux pour mon libraire !). Elle était déjà très « pipole » avant l’heure, si tu regardes bien ! Pas besoin de Voilou pour savoir ce qui se passait à la Cour avec des épistolaires pareilles ! ;).

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    • ma mère m’avait acheté le tome 1 de la Pléiade pour mes 16 ans, il faudra que je m’y replonge 😉 !
      On se donne rendez-vous jeudi prochain pour le petit fascicule de l’école des loisirs !

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  6. J’ai lu des extraits de sa correspondance dans la collection Le livre de poche. Ce n’était peut-être pas les mêmes lettres sélectionnées, mais je me souviens que j’avais beaucoup aimé. J’ai vite renoncer à comprendre les histoires de cours, me laissant juste bercer par les ragots. En revanche, j’ai été très touchée par cette histoire d’amour tourmenté entre une mère et sa fille.
    Que leurs relations devaient être difficiles ! Et ne pouvoir se voir qu’une fois toutes les quelques années …

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à vous....

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