« La Délicatesse » David Foenkinos

J’ai fini ce roman depuis lundi, et depuis lundi je me demande ce que je vais en dire  ! Je n’ai ni vraiment aimé, ni détesté, je suis dans cette zone  inconfortable, j’ai le c.. entre deux chaises, comme on dit !

Au commencement Nathalie est en couple avec François, l’amour pur, complémentaire, idéal, mais cet amour va être brutalement interrompu. Le roman prend alors un autre chemin : celui du deuil de Nathalie, sa reconstruction progressive. Enfin, 3ème partie, la reconquête.

Comment aimer à nouveau après la mort de celui que l’on pensait être l’homme de sa vie ? voilà le sujet essentiel du roman. Foenkinos le traite de façon assez originale, en évitant de tomber dans le pathos, il opte pour l’humour. Le récit est entre-coupé par de très brefs chapitres sur différents sujets plus ou moins en rapport avec le chapitre précédent. Ainsi peut-on trouver des intermèdes sur Exemples de dictons ridicules que les gens adorent répéter ; Définition du mot « Délicatesse » dans le Larousse ; Ingrédients nécessaires pour le risotto aux asperges ou encore Exemples de numéros de téléphone d’un autre siècle… Ces petits chapitres ont pour fonction de dédramatiser, de remettre un peu d’humour au cœur du roman, voire de palier des manques. On trouve également plusieurs références littéraires : Marguerite Duras ; Albert Cohen ; Dan Franck ; Thomas Hardy ; Butor ; Cioran ; Camus ; Sartre ; Strindberg ; Maupassant etc. Et je m’interroge sur ces références ! Certes il est dit au début du roman que Nathalie aime lire, et que le jour où François est parti faire son jogging, elle lisait un roman russe. Sauf que, par la suite, il semble qu’elle ne lise plus. Foenkinos insère par ci par là des références à d’autres romans (des romans très connus et à succès) :  En véritable concierge, sans la moindre élégance du hérisson, elle allait tenter d’extorquer quelques confidences (p.124).  Ce qui m’ennuie c’est que ces références, trop nombreuses à mon goût et surtout sans être toujours pertinentes, font un peu too much. Que l’on trouve tout un tas de références littéraires dans L’amour est à la lettre A, cela me paraît normal pour un roman dont le personnage principal est une libraire, mais ici, les personnages ne semblent pas plus fan de littérature que cela et ces références apparaissent plus comme celles de Foenkinos lui-même. Si ce n’est le plaisir de reconnaître un roman ou un auteur que l’on apprécie, ces références n’apportent rien au récit lui-même.

Plusieurs petits points m’ont également un peu agacée. Je sais d’avance que vous allez dire que je pinaille mais tant pis. Je pose la question : qu’est-ce que Foenkinos a contre la moquette ????? (p.76, 103, 107 ou encore 172). J’en ai fini par conclure que Foenkinos doit être allergique aux acariens nichés dans la moquette ! Je ne vois pas d’autres raisons !

Enfin, le roman s’intitule La Délicatesse, et on ne risque pas de l’oublier en lisant le roman. Les personnages semblent être répartis en deux clans : les délicats et les indélicats. Et au cas où on n’aurait pas repéré cette dichotomie, Foenkinos prend bien le soin de nous mettre les points sur le i. Markus : délicat (Nathalie se sentait bien avec la délicatesse de cet homme p.205) ; Charles : indélicat (Il était exclu de la délicatesse p.203). A-t-on réellement vraiment besoin de ces précisions ?

Toutes ces petites choses, et quelques autres dont je vous épargne l’énumération, ont fait que je suis passée à côté de ce roman. J’ai beaucoup aimé la première partie, mais par la suite Foenkinos semble avoir changé d’écriture et le roman prend alors une tournure qui m’a beaucoup moins convaincue. Si j’ai apprécié le personnage de Markus, sans doute le personnage le plus réussi du roman, celui de Charles m’a semblé incohérent. Quant à Nathalie, elle m’a touchée au début, puis dans la suite, elle semble perdre de sa profondeur et m’a moins intéressée.

Cependant, ce n’est pas une lecture désagréable, mais ce n’est pas le roman génial auquel je m’attendais et qui semble enthousiasmer une bonne part de ses lecteurs. Peut-être en attendais-je trop, peut-être suis-je trop pinailleuse, mais ce roman reste pour moi un roman bof bof.

J’ai lu ce roman dans le cadre d’une Lecture Commune avec Anne (Des mots et des notes) ; Asphodèle (Les livres du jardin d’Asphodèle) ; Estellecalim ; Delphine ; Mango ; Mélusine ; Plaisir des mots

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48 Commentaires

  1. Merci Georges !!! Je viens de le commencer et je ne trouve rien dans ce livre du génie auquel tout le monde crie (ce qui ne me surprend qu’à moitié). Certes ça se laisse lire mais sans plus. Je soulagée de voir que je ne suis pas la seule à ne pas déceler la perle rare là-dedans.

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  2. Je suis d’accord avec ton billet. Je ne comprend pas l’engouement avec les 10 prix littéraires.
    J’ai noté quelques jolies phrases, mais je suis ravie de ne l’avoir acheté et juste emprunté à la média. Il est très demandé. J’ai du attendre 2 mois pour l’avoir.
    Bravo pour ton billet 🙂

    Réponse
  3. Je vous suggère de lire Inversion de l’idiotie, à mon avis son meilleur livre!

    Réponse
  1. La Délicatesse | Madimado's Blog

à vous....

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