« Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir » J. Heska ou quand mon homme me pique mes livres et squatte mon blog !

« La vie, c’est comme un paquet de M&M’s. On en voit de toutes les couleurs. » (p.101)

Bon voilà, j’arrive. Le temps de ranger un peu mes 0,2 m² estampillés ‘ultime espace privé du mâle’ habituellement réservés sur un coin du bar familial, et j’arrive.
Ne vous étonnez pas du ton nouveau de ce post dans la vie de George, c’est sa face cachée qui pour une rare fois sort du terrier. Rassurez-vous mesdames, c’est exceptionnel.
Pour ces messieurs, sachez que moi aussi je souffre en silence, abandonné comme tant d’autres dans ce monde virtuel trop peu matériel pour moi.
Habituellement, je zigouille quelques mauviettes avec un magnum 44, j’extermine la vermine à coup de hache gluante et me délecte de chevauchées infernales et justicières, les ongles secs du cambouis de la veille. Mon rare temps libre est savouré avec soin, alors je ne perds pas de temps à philosopher, faut que ça bouge, que ça pète à tout va, qu’à chaque page je trouve encore l’énergie d’enchainer sur la suivante avant de m’effondrer pour un repos du guerrier bien mérité. Je n’ai pas de temps à perdre à me questionner sur les auteurs que je n’aimerais pas lire. (il est mauvais cet homme-là, dixit George)
Mais samedi, j’avais fini le bien sympathique Du bois pour les cercueils de Claude Ragon vite enchainé avec délice par Le projet Bleiberg de David S. Khara, et, en attendant le débarquement familial, sans pouvoir prendre le temps de cambouiser un autre de mes ongles, j’ai pris le Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir de J. Heska fraîchement arrivé avec un mot dédicacé de l’auteur et dont la couverture me bottait bien.
J’attaque rarement les bouquins que je n’ai pas choisis personnellement. Faut pas me faire chier, j’aime pas qu’on me conseille, je suis un bon gros con de male indépendant et grincheux comme, parfois, mesdames vous n’osez les aimer. Enfin bon, Julien, Jérémy, Joachim, Jérôme ( !) qui se cache derrière ce J., faut pas non plus en profiter pour charmer ma douce George au teint halé par la bonne campagne du Cher. Heu du Loiret, enfin bon bref, de Nohant sur Bled. Alors donc, chose rare, ce soir après une journée bien remplie, je n’ai pas posé mon gros derrière sur le canapé pour mater un énième massacre à la tronçonneuse, (d’ailleurs comment fait-il pour toujours avoir de l’essence dans sa machine ? il va à la pompe du coin avec sa tronçonneuse en main, son masque tout ridicule et demande au gras boutonneux : le plein svp avec 2% d’additif pour moteur 2 temps sinon elle s’enraille ?). Mais je dérive, car ce soir je l’ai englouti, ce bouquin, alors qu’il me faut habituellement 2 semaines pour arriver au bout de mes polars. Bon, ok, J. m’avait donné envie avec son titre et vu que la couverture fun permet de ne pas se planquer dans les espaces publiques, ça ne cassait pas 3 pattes à un canard que de voir de quoi il en retournait. Mine de rien, c’est important la couv’. Lire un Mary Higgings Clark ou un Zevy dans le métro, ça vous catalogue un bonhomme au premier coup d’œil furtif. Et ne me dîtes pas que vous ne l’avez pas fait, juger un binoclard à travers ses lectures. Pouah.
Bon, ok, 215 pages ça se lit vite fait quand on l’a décidé et là, pas de regret. Tout s’enchaine, difficile de lâcher prise, on se retrouve dans notre Jérôme, c’est lui, c’est nous. On veut savoir ce qui va lui arriver à notre bonhomme, flingué à bout portant par un coca trop secoué ou par le mixeur de la fête foraine. Et puis, il n’est pas si couillon que ça, on sent que ça vient au fil des pages, que tout est calculé au plus fin, on se laisse mener, balader, envahir. Ce n’est pas du suspens, c’est plus simple et raffiné que ça. Ça s’enchaine naturellement pour nous amener seulement au bout à comprendre que-je-ne-vous-le-dirais-pas-car-il-faut-que-vous-alliez-voir-par-vous-même-ce-que-notre-Jérôme-va-nous-sortir.
Je me suis bien marré, et je suis pourtant mauvais public. Je râle, je critique, mais là, même pas besoin. Il y a parfois des livres qu’on ne veut pas finir, juste pour que ça continue encore, on se dit que c’est la chance du premier roman, ben même pas quand je découvre que c’est le 4ème, peut-être même plus encore.
C’est le roman que peut-être j’aurais voulu écrire si j’étais capable de gribouiller plus d’une page. De l’aventure, un héros normal comme tant d’autre, du rythme bien saccadé, de l’originalité, une histoire bien ficelée, de l’humour au juste ton, un brin de love story tout dans la suggestion… Bien vu J. !
Je me suis toujours demandé comment font les auteurs pour tenir d’un bout à l’autre sans se perdre dans le récit, sans lâcher le ton, sans se démoraliser et surtout nous faire trimballer leur œuvre d’un bout à l’autre dans notre cartable ou dans les toilettes sans dévoiler hâtivement la finalité qui nous fera lâcher prise entre 2 feuilles prédécoupées de triple-épaisseurs. Argh, damned, il reste encore 200 pages.
J’ai adoré les anecdotes vécues, la rupture de boxers potables à 2 doigts de finir de boucler sa valise, la horde terrifiante et sans pitié du métro, le dimanche 25 mai.
Mais pour faire ça, faut être un homme, faut penser comme un homme, faut avoir personnellement affronté la haute bourgeoisie Lyonnaise du bas de ses baskets fétiches du siècle dernier.
J., lui, il l’a vécu, ce n’est pas possible autrement.
Alors Mesdames, fuyez, achetez-le à votre homme, espionnez-le en douce, chronométrez ses séances dans le recoin fétiche des Marie-Claire idées, et ne me dîtes pas que vous aussi, vous ne voudrez pas savoir ce que recèle ce petit trésor !

L’homme.

PS : J., désolé de cette enclave dans la prose de George, peut-être est-ce un bon présage ?

(merci à J. Heska pour ce roman et les dédicaces. L’avis de George arrivera en son temps!)

Poster un commentaire

33 Commentaires

  1. Ma pauvre George, là je crois qu’il t’a volé la vedette, qu’en plus, il va se la raconter et que tu vas vite fait repasser derrière les fourneaux, le torchon à la main si tu ne reprends pas les commandes illico!!^^Mais c’est vrai qu’on y prend goût à ce ton… (dis-moi il te parle vraiment comme ça ??? 😉

    Réponse
  2. Bravo à l’Homme pour ce billet !! Je suis une fifille et j’ai adoré aussi ce livre ! de là à dire qu’il peut être lu par tous et toutes, je me permets ce raccourci ! Du pur bonheur (le billet et le livre :p)

    Réponse
  3. L'homme

     /  mai 4, 2011

    Merci à tous pour vos messages et encouragements. Peut-être que je retenterai ma chance un jour où le PC sera à nouveau disponible.

    Bonne lecture !

    Réponse
  4. Très en retard dans mes lectures de blogs, je découvre cette pépite ! Quel talent ! Et dans cette période où tout fout le camp, où les vraies valeurs sont bafouées, où plus personne ne s’y retrouve, voici enfin le retour aux traditions : un Homme, un vrai, qui utilise ses muscles plutôt que son cerveau ! Ah ! Ah !
    J’attends avec impatience la publication des aventures de la George jusque là inconnue :  » A la table de George », « Bien recevoir avec George », « George à la cuisine », « Les plus beaux tabliers de cuisine de George », …Et pour aller avec notre époque formidable, je suis sûre que ça ferait un max de fric !!!
    Merci en tous cas pour ce bon moment de rigolade, et cette présentation bien fine ma foi… pour un Homme !

    Réponse

à vous....

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :