« L’Exilée » de Pearl Buck

La lecture de ce roman a été faite dans le contexte du Blogoclub consacré, ce mois-ci, aux Prix Nobel. Cela m’a donné l’occasion de lire une auteure que je lisais beaucoup quand j’étais collégienne : Pearl Buck.

Je ne sais plus vraiment comment je suis venue à la lire, je crois que c’est une amie qui me l’avait conseillée. J’avais donc lu Vent d’Est vent d’Ouest, La Mère et Pavillon de femmes. Je me souviens du plaisir que ces lectures m’avaient apporté. J’ai donc décidé de renouer avec mes lectures d’avant, en lisant : L’Exilée, mais j’ai hésité avec Pivoine, si bien que je pense lire celui-ci aussi dans quelques temps !

Sait-on pourquoi on choisit tel roman d’un auteur plutôt qu’un autre ?

Le début de la lecture fut difficile notamment parce qu’il s’ouvre sur une longue description par le menu d’une maison, une maison qui sera comme un phare pour Carie, l’héroïne de ce roman. Puis, une fois que le contexte familial, et l’histoire de cette famille sont bien installés, Pearl Buck en vient à son héroïne. Le récit est mené par une narratrice (du moins je le crois) qui affirme avoir bien connu Carie, sans que l’on sache jamais s’il s’agit d’une amie ou d’une des filles de l’héroïne. C’est un récit qui, bien que chronologique, fonctionne sur le mode du « je me souviens » et cela rend extrêmement vivante cette confession ou plutôt ce portrait d’une femme exceptionnelle.

Carie, élevée dans une famille d’émigrés hollandais installés aux Etats Unis et profondément religieux (presbytériens) de tradition puritaine, se marie avec Andrew, missionnaire convaincu. Ils partent s’installer en Chine pour remplir leur mission. Dieu reste un mystère pour Carie qui chercha toute sa vie des signes de son existence, en vain.

La lecture de ce roman a totalement basculé pour moi vers la page 120. Ces pages ont totalement fini de me convaincre que je lisais là un roman bouleversant parce que, comme c’est parfois le cas, ce qui nous bouleverse dans un roman vient du fait qu’il touche à ce que nous avons de plus intime.

Le destin de cette femme qui eut 7 enfants et en vit mourir 4 est d’autant plus triste qu’il s’inspire directement de la vie de la mère de Pearl Buck. La douleur est présente mais vient se mêler, tant bien que mal, à la nature résolument gaie de Carie, à ses efforts incessants pour faire de ces multiples maisons, des lieux de vie et de joie. Elle tenta de préserver l’innocence de ses enfants, tout en venant en aide aux Chinois et notamment aux femmes et à leurs enfants. Son exil était d’autant plus douloureux que Carie ne cessa jamais de regretter l’Amérique. C’est aussi donc un vrai hymne à l’Amérique, à cette République saine et sécurisante qu’elle avait dû quitter.

Sur ce fait, il est bon de rappeler que le roman a été écrit dans les années 30, et que l’histoire se situe au début du siècle. Du même coup la vision de la Chine peut apparaître parfois teintée d’évangélisation, et ainsi que certains termes désuets comme « indigènes » ou « race » que l’on n’ose plus vraiment employer aujourd’hui ! La Chine décrite n’a rien d’exotique, elle est présentée sous un jour lugubre : insalubrité, ignorance, violence des hommes… pas de descriptions pittoresques qui ne sont réservées qu’aux souvenirs de l’Amérique.

Andrew, le mari de Carie, n’est guère épargné. Bien que souvent présenté comme un saint, le personnage, peu à peu se révèle austère, enfermé dans sa religion, comme indifférent à sa propre famille et au malheur, et profondément misogyne, il passa totalement à côté de la vie de sa femme et de ses enfants.

C’est un roman qui m’a vraiment ébranlée, et je dois avouer que je l’ai refermé en larmes, et cela faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. J’ai pris la douleur de cette mère et de cette femme de plein fouet, j’ai senti sa révolte devant le sort qui s’acharne, sa désespérance, mais aussi ses élans de joie et de gaieté. Un beau livre donc, qui par certains côtés a un peu vieilli, mais la douleur d’une mère perdant un enfant ne vieillit jamais.

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46 Commentaires

  1. Eh bien, à part « vent d’est, vent d’ouest », j’ai lu « Pivoine » pour plusieurs raisons. Trouvé le volume du Livre de Poche chez un bouquiniste à Arles, avant de reprendre le tgv pour rentrer à Bruxelles, je l’ai lu pendant le trajet. Parce que Pivoine est mon pseudo depuis que je blogue (depuis 2005). Et parce que Pivoine -est une petite esclave qui vit dans une famille où un Chinois a épousé une Juive. Les rites et repas des fêtes juives sont donc très bien décrits. Il y a une synagogue et un rabbin -qui joue un rôle important dans le livre. Qui est un véritable questionnement sur le devenir du judaïsme en Chine. C’est vraiment étonnant et a une valeur documentaire certaine. Cela devrait se trouver en bibliothèque, non ???

    Réponse
  2. robin

     /  avril 30, 2012

    hello!!!
    j’ai renoué avec plaisir la famille de wang lung,
    j’ai envie de relire les autres livres mais vivant sur une ile il me faudrait commander et je me sens déja impatiente, il n’y aurait pas moyen d’avoir en pdf pour le lire sur mon ipad???
    envie de rerplonger dans cet atmosphère atypique des autress livres et criants de vérité dans une autre pays 😉

    Réponse

à vous....

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