Retournons à notre repassage et à nos romans à l’eau de rose …

Depuis hier, nous sommes plusieurs à soutenir Cynthia dans une histoire symptomatique sur plusieurs points… Mais peut-être faut-il commencer par le début…

Cynthia reçoit un roman de Jean-Claude Derey intitulé Papoua. Comme cela nous arrive parfois, emportée par notre envie de participer à des opérations de lancement de livre, Cynthia se rend compte à la réception de ce roman, qu’il est bien loin de ses centres d’intérêt… cependant, elle joue le jeu et commence sa lecture… qu’elle finit par abandonner au bout de la 200ème page… sa critique, argumentée et illustrée d’exemples, explique pourquoi ce roman ne lui a pas plu. L’histoire pourrait s’arrêter là, mais l’auteur himself, vexé par ce billet négatif, lui envoie plusieurs mails insultants, faisant ronronner sa plume qu’il veut littéraire, utilisant à la fois un vocabulaire recherché et des plus vulgaires : traitant notamment Cynthia de pétasse, ayant un esprit d’oiseau, ne sachant ni vivre, ni lire, et encore moins écrire… et j’en passe… mais quand on décortique réellement les réponses de ce monsieur (qui n’en est pas un) que remarque-t-on ?

Le bon vieux machisme n’est pas mort !!!! et oui les filles, nous ne sommes toujours et résolument que des esprits de moineaux sans cervelle, sans capacité de réflexion, bonne uniquement à « minauder » de façon narcissique, prise dans notre « égotisme » (je vous en pris M. Derey laissait dormir Stendhal tranquillement, lui qui avait le mérite de reconnaître la valeur de ses lecteurs, même s’il les pensait peu  nombreux…), de pauvres femmes ayant besoin d’un mentor masculin pour connaître la vraie vie et la vraie littérature, des « créatures » (Ah les bons vieux mots tout droit sortis des limbes misogynes du temps de Charcot!!!), des enfants vagissantes et mangeant de la barbe à papa… mais sans doute le plus remarquable, et le clou du spectacle reste ces phrases hallucinantes : « une débile frustrée, qui ferait mieux de s’orienter vers le repassage » et cerise sur le gâteau : « Lisez donc la collection Harlequin, au dessus de vos moyens intellectuels mais qui devrait vous satisfaire »… oui, la femme rebelle reste toujours cette prude, cette mal baisée, cette bobonne ménagère seulement capable de lire des romans à l’eau de rose minables…

Quand on fait la somme de toutes ces références, de la part d’un homme qui se targue d’avoir fait des études de psychologie, on se dit que nous ne sommes pas au bout de nos peines, et que demeure encore et toujours le vieux spectre du paternalisme … non M. Derey, nous ne sommes plus au XIXème siècle, les femmes sont des lectrices comme les autres, capables de raisonnements, instruites (ne vous en déplaise)…

Mais si ce n’était que cela!  M. Derey, par ses réactions, prouve encore une fois, la nécessité de défendre la liberté d’expression, nous avons le droit de ne pas aimer un livre et de le dire… cela ne veut pas forcément dire que le livre est mauvais, cela veut simplement dire que nous ne l’avons pas aimé. La virulence de ces propos prouve seulement que cet homme, fort de sa position sociale, de ses amis journalistes (l’argument d’autorité !! que peut une pauvre blogueuse devant la confrérie des journalistes???), fort de sa virilité, cet aventurier baroudeur qui en a vu d’autres, devrait se pencher un peu plus sur lui-même, l’introspection peut aussi être un merveilleux voyage qui permet de retrouver un peu plus d’humilité….

S’acharner sur une jeune fille, à votre âge monsieur !, perdre du temps dans l’insulte, questionner vos amis pour une pauvre petite écervelée de blogueuse, n’avez-vous que cela à faire, vous le grand voyageur, l’immense écrivain, le fin psychologue et ethnologue ??? vous si au fait des hommes, peut-être avez-vous un peu oublié que l’on écrit pour être lu, et que, de ce fait, on doit accepter de n’être pas aimé…

Bien à vous !

EDIT : je viens de consulter le site de la maison d’éditions du monsieur et que lis-je en entête, en haut à gauche : « lire, c’est être libre »… une maxime que l’un de leurs auteurs n’a pas intégrée, visiblement !!!!

J’ai envoyé un mail à la maison d’édition, en voilà le texte :

« Bonjour,

Je me permets de vous écrire pour vous faire part d’une polémique qui a cours sur les blogs de lecture depuis 3 jours. Lors d’un partenariat, une blogueuse a reçu le roman de Jean-Claude Derey « Papoua », elle l’a lu et a rédigé un billet sur son blog dans lequel elle expliquait pourquoi elle n’avait pas aimé ce roman. Or l’auteur en question ne cesse de lui envoyer des mails insultants, la traitant de pétasse, et lui conseillant de retourner à son repassage et de se contenter de lire des romans à l’eau de rose (dixit).

Vous conviendrez avec moi que ce genre de procédé est intolérable et met en danger non seulement la liberté d’expression mais aussi l’intégrité de la blogueuse concernée, sans compter celle de tous les bogueurs-lecteurs qui répondent toujours avec enthousiasme aux partenariats proposés par les maisons d’édition. Si le but est d’envoyer des livres à des blogueurs et que ceux-ci ne sont pas libres (contrairement à la maxime écrite sur votre site) de donner leur avis, le jeu est pipé dès le départ.

Il faut que vous sachiez que la polémique prend de l’ampleur à la fois sur les blogs de lecture mais également sur Facebook, et il serait temps que l’auteur en question présente ses excuses à cette jeune fille qui n’a eu que le tort de ne pas aimer son livre…

Bien à vous

(signature) »

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51 Commentaires

  1. Je suis comme vous toutes, complètement scandalisée, voire plus !

    Réponse
  2. Je suis allée sur le blog de Cynthia est je suis attérée par l’attitude de cet homme.

    Réponse
    • leslivresdegeorgesandetmoi

       /  avril 6, 2010

      On s’est tous senti concerné par ces propos, parce qu’on se dit que la prochaine fois ça peut nous tomber dessus ! il y a eu un bel élan de solidarité, c’est sans doute le point positif que l’on peut retenir !

      Réponse
  3. Espérons que cette polémique ne lui fera quand même pas trop de pub ! Manquerait plus qu’une bande de curieux veuillent vérifier la médiocrité de son livre pour qu’il en vende !

    Réponse
  4. je n’en reviens toujours pas que l’on puisse reprocher à quelqu’un de ne pas aimer un livre. ton mail pour la maison d’édition est franchement super. je pense que cet écrivain aurait bien mieux fait de se taire et de respecter la liberté d’expression de chacun.

    Réponse
    • leslivresdegeorgesandetmoi

       /  avril 6, 2010

      merci ! oui ce fut une drôle d’affaire, mais nous avons tous réagi comme il le fallait, et je pense que les choses ne vont plus être tout à fait les mêmes à partir de maintenant !

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  5. il y a eu du neuf ?

    Réponse
    • leslivresdegeorgesandetmoi

       /  avril 7, 2010

      Non je n’ai eu aucune réponse à mon deuxième mail : c’est assez révélateur.

      Réponse
  6. Ta lettre est vraiment bien. J’attends de découvrir ton fer à repasser !

    Réponse

à vous....

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