Etude de texte…. soutien à Cynthia !

J’ai eu l’idée d’étudier précisément le mail envoyé par l’éditeur Jean-Paul B. à Cynthia. J’avoue que ce genre d’exercice me ravit énormément parce qu’en étant au plus près du texte on se rend mieux compte des choses.

La lettre du fameux Jean-Paul B., qui vous le remarquez ne donne pas son nom de famille, apparaît donc en noir, mes commentaires en bleu. Je précise que j’effectue ce petit travail le plus objectivement possible en me basant sur le vocabulaire employé et les référents implicites…. on ne sait jamais je pourrais moi aussi être traitée de pétasse !!! autant se préserver ! Il s’agira donc d’une bonne vieille étude linéaire !

Chère Cynthia,si vous permettez que je vous appelle ainsi (on ne voit pas bien comment il pourrait l’appeler autrement dans la mesure où seul le prénom ou le pseudo apparaît sur le blog de Cynthia). En tant qu’éditeur du livre de jean-Claude DEREY (présentation de l’expéditeur du mail), je souhaite vous présenter mes excuses pour cette réaction épidermique (qui relève donc de l’instinct, mon bon vieux Robert me donne comme synonyme : superficiel, est-ce à dire que cette réaction est jugée superficielle ?) et malencontreuse (c’est le moins que l’on puisse dire). Le fait d’être l’auteur n’explique pas tout (non en effet, être auteur ne donne pas tous les droits) et nous devons autant que faire se peut raison garder (ce qui signifie qu’il nous faut analyser le problème raisonnablement alors allons-y).
Toutefois et sans vouloir entrer dans une polémique stérile (c’est-à-dire improductive, vaine donc indigne d’intérêt, donc pourquoi ce mail?) je souhaiterais attirer votre attention sur le livre et sur l’auteur(nous passons au vif du sujet) .
D’abord l’auteur (petit 1); Jean-Claude DEREY est un véritable écrivain (véritable ? c’est-à-dire?, comment définissons-nous un véritable auteur et un faux auteur? un faux auteur est celui qui se revendique auteur alors même qu’il n’a rien écrit, donc tout auteur de roman est un véritable auteur, ou sinon cela signifierait-il que le faux auteur est celui qui n’a pas été publié? mais alors quand Proust a été refusé par Gallimard, il n’était pas un véritable auteur ???) qui a publié plusieurs dizaines de livres (ah! alors un véritable auteur est celui qui a publié plusieurs romans, donc tous les auteurs qui ont publiés plusieurs livres sont de vrais auteurs ??? j’en doute!), tous orientés sur un genre que vous n’aimez pas si j’ai bien compris. Et bien sûr c’est votre droit (c’est ce qui s’appelle de la concession en langage argumentatif!). Mais d’une façon générale l’auteur est un être sensible (mais tous les hommes et femmes ne le sont-ils pas également, et ne devions-nous pas raison garder?) qui essaye de tout donner à travers sa plume, il se met à chaque fois en danger et se faire éditer c’est chercher implicitement une reconnaissance (l’écrivain est donc un être en manque de reconnaissance, et tout écrivain, notons le « d’une façon générale » n’écrirait que dans un but narcissique, moi bêtement je pensais que c’était pour exprimer une idée, une sensibilité). Alors JC Derey mauvais ? (qui a dit qu’il était mauvais? Cette métonymie est étrange! d’une part Cynthia n’a jamais dit que LE ROMAN de JC Derey était mauvais, elle a juste dit qu’elle ne l’avait pas aimé, et pourquoi donc cette métonymie qui fait un étrange amalgame entre l’auteur, dont on était en train de nous parler, cf. le petit 1, et le roman! lapsus quand tu nous tiens!) J’attire votre attention sur le fait que le jury du prix RENAUDOT a sélectionné le dernier ouvrage que j’ai publié « LE QUART D’HEURE COLONIAL » dans sa sélection l’année passée (nous passons là à l’argument d’autorité, reconnaissance par les pairs, donc peu attaquable).  Ce sont eux des critiques littéraires et des spécialistes (sous entendu, vous ne l’êtes pas!) . Cela n’excuse pas l’emportement et l’agressivité de Jean-Claude (Ah tiens le patronyme en majuscules a disparu, ce qui témoigne d’une empathie entre l’expéditeur de la lettre et son écrivain, l’étau se resserre) mais un auteur et encore plus un écrivain ( alors il faudrait peut-être que l’on m’exlique la différence entre un écrivain et un auteur : que dit Robert : écrivain : personne qui compose des ouvrages littéraires ; auteur : personne qui a fait un ou plusieurs ouvrages littéraires…. vous voyez une différence vous ?) joue sa peau à chaque nouvelle parution (je ne savais pas que nous vivions dans une dictature qui mettait encore les écrivains en prison et les menaçait d’exécution en place publique). Si vous relisez les critiques d’une certaine époque (laquelle? l’expéditeur s’adressant à une jeune fille, indirectement fait référence ici à son manque de connaissance) votre échange semblerait un peu fade (eh oui) (donc se faire traiter de pétasse, c’est de la gnognotte à côté de ce que l’on se disait un siècle auparavant, est-ce une excuse ?) par rapport à ces critiques et écrivains du début du XXéme siècle . (je pense en particulier au journal de Léautaud ou plus récemment à celui de Marc-Edouard Nabe)(attention références littéraires, et pas des moindres, des auteurs en marge, peu connus du grand public et absolument pas commerciaux).
Quant au livre « PAPOUA » (nous passons donc au petit 2) je suis assez consterné que vous le « descendiez » de cette façon.(vous le « descendiez » entre guillemets, terme donc à prendre dans son sens figuré, mais pourquoi être consterné puisque ce n’est que de la gnognotte à côté de Léautaud et de Nabe???) et qui a « descendu » qui? exactement?) Mais  le thème religieux (à l’envers) (parenthèse énigmatique, le thème religieux à l’envers serait-ce le théme diabolique?) vous a peut-être gêné ?(lisez, vous ne l’avez peut-être pas bien compris, jeune fille!) Bien sûr, c’est votre droit de ne pas aimer voire détester un livre (concession le retour!). Mais dans la mesure où aujourd’hui le fait de communiquer aux autres, par cette voie merveilleuse d’internet (l’adjectif prend ici toute son ampleur, le mode de communication n’est pas ici dénigré mais c’est l’usage qu’on en fait),  votre critique personnelle, vous donne aussi une responsabilité qui n’est pas seulement gratuite (mais de quelle responsabilité s’agit-il réellement, et en quoi précisément la critique du roman a manqué à cette soi-disant responsabilité? on ne nous le dit pas). Je ne sais si vous avez rencontré plusieurs écrivains confirmés (sous-entendu si vous fréquentez la même sphère que moi expéditeur-éditeur). Pour ma part, j’ai publié plus de quatre mille textes d’auteurs(l’expéditeur fait maintenant appel à sa propre expérience mise en comparaison avec celle de Cynthia qui bien sûr, de façon sous-entendue serait bien moindre) . Je puis vous assurer que tous, oui tous, (répétition qui crée une insistance et assoie davantage les dires qui vont suivre) sont d’une très grande fragilité par rapport à leur oeuvre (ah, nous voilà à nouveau sur le sujet de l’auteur et de sa fragilité, plus haut on nous parlait de sensibilité). Ce sont des êtres hyper sensibles (superlatif « hyper » qui accentue davantage + généralité étendue à tous les auteurs) qui mettent tellement dans leurs écrits  une part d’eux-même, une  partie de leur vie (critiquer un roman c’est donc indirectement critiquer l’homme). J’ajouterai que pour ce livre des producteurs de cinéma ont été particulièrement touchés et nous discutons de projets également audiovisuels (aïe, nouvel argument béton, le cinéma, média d’autorité, qui, c’est bien connu n’adapte que des chefs-d’oeuvres). Le livre est-il si mauvais que cela ? (ici la métonymie a disparu, mais une fois encore il n’était pas question de cela dans la critique de Cynthia) Pourquoi aurions nous publié un texte qui en littérature aujourd’hui ne rapporte pas de l’argent (oups une faute de syntaxe!) mais au contraire pénalise souvent financièrement l’éditeur ? (ainsi en critiquant un roman édité par monsieur B. c’est l’éditeur lui-même que l’on critique, parce que c’est bien connu on n’édite que des chefs-d’oeuvres!) J’ai heureusement les témoignages de nombreux lecteurs qui ont été enthousiasmés par ce livre. (sous-entendu l’erreur vient peut-être de Cynthia!)
Encore une fois je regrette profondément ce « dérapage » (la mise de guillemets sous-entend que le terme est employé dans un sens faible, il ne s’agirait donc pas, de la part de Derey d’un réel dérapage) et je vous demande de nous en excuser(avec tout ce qui a été sous-entendu précédemment on peut douter de la véracité de ces excuses) . Editer devient de plus en plus difficile pour des éditeurs indépendants qui sont écrasés par des grands groupes financés par des moyens industriels qui nous rendent  très  fragiles. ( phrase encore énigmatique qui survient un peu là de façon étrange, en quoi la critique de Cynthia serait un danger si l’on considère tout ce qui a été dit plus haut : l’expérience de l’éditeur, l’adaptation cinématographique, les nombreux lecteurs ? et tiens voilà t’y pas que l’éditeur aussi est fragile, décidément c’est une épidémie !!!) Notre devise « LA PASSION D’ÉDITER » est le seul argument que je souhaiterais avancer. (voilà une devise digne!)
De plus, arrive à grande vitesse le livre numérique qui va bouleverser notre profession et surtout celle des écrivains qui deviennent anxieux et fébriles( décidément ces pauvres auteurs sont des êtres bien délicats, après avoir été définis comme sensibles et fragiles, les voilà à présent anxieux et fébriles, encore un coup de la grippe A1N1 ; mais, sans rire, JC Derey trop sensible, fragile, anxieux et fébrile se serait laissé aller, c’est donc sa sensibilité exacerbée qui aurait parlé, pourtant ces propos témoignent peu d’un être sensible et fragile!). J’ose espérer avoir été compris par vous et vos amis qui vous lisent (je m’applique à rendre ce mail le plus compréhensif possible!). Pour  terminer sur une note positive, car au delà de la polémique légitime (ah bon légitime? pourtant au début du mail elle était qualifiée de stérile!!) que vous avez constatée, c’est avant tout l’écrit et la lecture qui sont le ciment de ce qui nous relient (on sent venir le « sans rancune » et l’union dans une grande fraternité). Et c’est bien ainsi.(certes!, mais c’est un peu court jeune homme, on aurait pu dire bien des choses en somme… oui j’ai quelques lettres moi aussi!)
Bonnes lectures à venir (note optimiste, qui reconnait par là même l’état de lectrice de Cynthia)
Bien cordialement
Jean-Paul B.

Voilà, l’exercice est fini….

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56 Commentaires

  1. Bravo pour cette analyse George,
    je me suis bien amusée en la lisant. C’est un plaisir de voir tout ce que l’on peut mettre à jour en s’arrêtant un tant soit peu sur la construction d’une lettre.
    Hier en découvrant les mails de l’auteur sur le blog de Cynthia (et mon Jules était témoin de mes commentaires), j’ ai été non seulement outré mais aussi et surtout affligé. Comment une personne (qui se dit) « auteur » peut-elle écrire et envoyer de tels messages ? Quand à la réponse de l’éditeur elle montre du peu de cas qu’il fait de l’intelligence de ces lecteurs potentiels.
    Pour ma part, j’ai suffisamment de bon livre à lire pour me passer de ceux éditer cette maison. Je me prive peut-être de pépite mais je risque d’y gagner en sérénité.

    Bonne semaine et surtout bonne lecture

    Réponse
    • leslivresdegeorgesandetmoi

       /  avril 7, 2010

      Cette petite analyse permet de décortiquer le vocabulaire employé et on fait des découvertes intéressantes !

      Nous avons été nombreux à être outrés par les propos de ces deux hommes !!!

      Réponse
  2. 19/20… Juste un point car j’aurais opté pour un style d’étude littéraire plus serré et plus dans le goût de la lettre étudiée… Pleine de condescendance donc. On devrais peut-être lancer des badges à la façon « Je lis la princesse… »!

    Réponse
  3. Ca me rappelle un passage dans le volume 1 de Fondation d’Isaac Asimov ; quand à la suite de la visite d’un général, les scientifiques essayent de décrypter tout ce qu’il a dit pendant une semaine, pour savoir ce qu’il fera pour eux, et à la fin ils trouvent qu’en fait il n’a dit « rien … ».
    C’est à peu près ce que veut dire cette lettre d’ailleurs ^^

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    • leslivresdegeorgesandetmoi

       /  avril 7, 2010

      Oui effectivement … ou du moins, « je fais une lettre pour m’excuser mais en fait je ne m’excuse pas »!!!

      Réponse
  4. Gus

     /  avril 7, 2010

    Entièrement d’accord avec l’analyse. Mais… car il y a toujours un mais…

    Je vais me faire un peu l’avocat du diable (en tout amitié bien sur… me frappez pas hein…), car il faut quand même se méfier de ses éruptions idéologiques de masse, surtout sur Internet.

    1ère chose, je trouve que le ton sarcastique retire un peu de la force au propos que vous essayez d’étayer. C’est drôle certes, mais on sent également du mépris, c’est dommage.

    Ensuite, il me semble que le vrai problème, c’est l’auteur qui a pété les plombs. L’éditeur doit faire face à une situation qu’il ne connait ni ne maitrise: la propagation par le web.

    Effectivement, il y a beaucoup de maladresse dans ses propos, mais il a quand même pris la peine de le faire alors que rien ne l’y obligeait. On le sent quand même un peu sincère vous ne trouvez pas?

    Perso, à sa place et dans sa situation, je suis incapable de dire si j’aurais fait mieux.

    Et vous?

    Réponse
    • leslivresdegeorgesandetmoi

       /  avril 7, 2010

      J’aime bien les avocats du diable, et je ne suis du genre à taper… rassuré ???

      Il ne me semble pas avoir été méprisante, mais parfois on ne maîtrise pas tout… à quel endroit le trouvez-vous ?

      Pour ce qui est de la façon dont j’aurais réagi, difficile de le savoir. Il est vrai qu’en tant qu’éditeur de l’auteur en question, M. B est un peu obligé de le défendre, un minimum, mais pour ma part, je pense que j’aurais davantage insisté sur les désagréments personnels que ce genre d’insultes a pu occasionner à la blogueuse au lieu de faire passer cela pour une bagatelle.

      voilà, vous voyez je en suis pas méchante 😉

      Réponse
  5. Je viens de prendre connaissance de l’Affaire chez Cynthia… je tombe des nues! Ce comportement primaire, méprisant et insultant est incroyable!

    J’aime d’autant plus le contrepoint apporté par ton mail à l’éditeur et surtout cette belle analyse de texte! Une pure merveille tant tu as su décrypter derrière les mots le mâle solidaire de son compère derrière cet éditeur soit-disant compréhensif et présentant ses excuses!

    Réponse
    • leslivresdegeorgesandetmoi

       /  avril 7, 2010

      Merci Sabbio… un petit exercice auquel j’aime bien me plier !

      Réponse
  6. Je viens un peu après la bataille…C’est vraiment consternant cette histoire. J’aime beaucoup l’analyse littéraire que tu nous présentes. Comme si on avait pas le droit d’aimer « une oeuvre littéraire » qui -soi-disant- n’a recueilli que compliments et félicitations… Très réac comme façon de penser !

    Réponse
    • leslivresdegeorgesandetmoi

       /  avril 8, 2010

      oui, tout cela a au moins l’avantage de faire bouger les choses…

      Réponse
  7. J’ai bcp aimé lire ton billet, bravo Md’ame ! J’ai apprécié tes arguments sur la définition d’un auteur, entres autres ! Je comprend que Gus joue les avocats du diable, sur 50 commentaires, il en faut au moins un, c’est un minimum mais… et oui sur ce point il a raison, il y a toujours un mais, je ne suis pas d’accord avec lui.

    J’ai été très surprise par la réaction de l’éditeur et même si l’on peut comprendre qu’il se soit senti dépassé par l’ampleur de l’affaire, la réponse est non seulement maladroite mais assurément non professionnelle. Il aurait pu avouer être dépassé, faire ses excuses tout ce serait très vite tassé au lieu de partir dans une étrange argumentation pour défendre l’être fragile qu’est M. Derey car n’oublions pas… Monsieur écrit.

    Réponse
    • leslivresdegeorgesandetmoi

       /  avril 8, 2010

      Oui c’est un drôle ce Gus, mais je le trouve quand même courageux même s’il a quand même eu un peu peur de s’en prendre une… et puis c’est bien la discussion, la fameuse question : « et vous, comment auriez-vous réagi »… 😉

      (Gus si tu repasses par là, ne le prends pas mal, je plaisante… quoique… et un petit lien pour te trouver aurait été élégant)

      sinon oui, ce monsieur B. fut bien décevant, mais en même temps que pouvions-nous en attendre de plus ?

      Réponse
  8. Superbe l’analyse, je suis sans voix, faire tout ce ‘ramdam’ pour
    une petite blogueuse, je me sent très valorisée si notre avis compte à ce point. J’ai posté chez moi pour le fer à repasser,
    merci et bises.

    Réponse
    • leslivresdegeorgesandetmoi

       /  avril 12, 2010

      tout en disant que Cynthia n’est rien, sa démarche dit tout le contraire… paradoxe paradoxe !!!

      Réponse

à vous....

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