Dimanche Poétique #9

Je vis, je meurs : je me brûle et me noie,
J’ai chaud extrême en endurant froidure ;
La vie m’est et trop molle et trop dure,
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure,
Mon bien s’en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

Un sonnet de Louise Labé, que j’ai appris à aimer, qui traduit si parfaitement le désordre de l’amour. Une femme moderne dans une époque si peu faite pour l’expression de la femme et de son désir !

Ces dimanches poétiques sont organisés par Celsmoon !

Publicités
Poster un commentaire

3 Commentaires

  1. Très joli poème sur la complexité de l’amour et des sentiments…

    Réponse
  2. Magnifique poème!!!

    Sur le net, ils y sont tous.

    Réponse
  3. j’ai toujours adoré ce poème de Louise Labbé. Ex eaquo avec El Desdichado de Nerval pour decrire les tourments de l’amour ! (mais je crois que quand meme, rien n’arrive à la cheville d’el desdichado)

    Réponse

à vous....

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :